Perdre une Plume

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samedi 13 novembre 2010

Une belle histoire d'amour qui finit bien

Paul, Achille et Zoé sont amis depuis le lycée.
Le trio se passionne pour le XVIIIe siècle, et principalement pour ces mises en scène de la séduction, ces jeux de l'amour.
Mais leur amitié est mis à mal quand Zoé, étudiante en lettres et qui pose nue pour arrondir ses fins de mois épouse un photographe amateur. Très vite l'homme s'avère possessif, jaloux et suspicieux à la limite de la cruauté.

On navigue entre jeux libertins et bonne humeur avec ce roman sur fond d'amitié.
Cependant, pour la première partie du roman et jusqu'à ce que le trio prenne sa place autour de la situation alarmante de Zoé, on se demande un peu où l'on nage.

Pour être honnête, je suis assez mitigée sur ce roman. À la fois la première partie m'a assez ennuyée, je n'ai vraiment pas accroché, autant ensuite j'ai lu avec avidité et sourire !
Quand le trio se met en branle pour la libération de Zoé avec un plan à la fois comique et original, je me suis de nouveau impliquée dans ma lecture et j'ai raccroché les wagons.
J'ai même savouré la fin, cette fin qui finit bien dans tous les sens du terme !

Je ne sais donc pas trop vous conseiller pour cette lecture, elle est à la fois rapide, déroutante et légère, étrange, lourde et comique. Un drôle de cocktail !



Xavier Deutsch, Une belle histoire d'amour qui finit bien


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lundi 1 novembre 2010

L'homme qui voulait vivre sa vie



J'ai eu la chance d'assister à l'avant-première la semaine dernière, en présence du réalisateur Eric Lartigo, de Marina Foïs ainsi que du producteur. La projection a donc été suivi d'un échange question/réponse assez sympa ; petit compte-rendu !

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mercredi 19 mai 2010

Perdu dans un supermarché

Un recueil de nouvelles serbes loufoques et déroutantes, où le personnage central, un narrateur écrivain, va et vient sur le globe et passe de nouvelle en nouvelle.
Les situations sont toutes plus cocasses les unes que les autres, d'errements en Chine aux pensées d'une homme tombant de la Tour Eiffel, jusqu'à ce supermarché final et cet égarement angoissant.

À la lecture des premières nouvelles, j'ai pensé à Breton. Je ne saurai pas développer très avant le parallèle, n'étant pas une grande connaisseuse du surréalisme et du non-sens, mais cette façon de se jouer de la chronologie, l'insertion de détails à première vue sans rapport avec l'intrigue (souvent sous la forme de prétéritions d'ailleurs) et surtout l'utilisation de visuels (photographies, images..) dans le texte m'ont fait faire ce rapprochement (grossier nous sommes d'accord mais je n'ai pas vraiment la culture de ce genre).
Je vous donne donc un sentiment plus qu'une analyse avec ce point de vue.

Finalement, même si Basara m'a arraché quelques sourires ; le coup de fil de Dieu mais surtout tous ses jeux sur l'écriture qui reste bien présente (il parle du numéro de la page de la nouvelle que le lecteur est entrain de parcourir, ou encore qu'il approche de sa conclusion etc...) ; c'est une lecture difficile.
Car bien que la plupart des nouvelles débutent dans un cadre réaliste, on sombre très vite dans l'absurde et s'y retrouver est parfois fatiguant. Plus qu'une lecture de compréhension, il faut laisser couler le récit et ne pas s'accrocher au sens ; exercice difficile pour moi.


Bien que je sois ravie de cette découverte, le style du non-sens allié à la forme de la nouvelle que je n'apprécie que difficilement font que finalement je n'ai pas eu de coup de coeur pour ce recueil.
L'écriture est intéressante, l'auteur est vraiment particulier et mérite amplement d'être découvert et reconnu.

C'est pourquoi je vous propose de vous le faire parvenir.
Si vous êtes intéressé, faites le savoir dans les commentaires. En échange de l'envoi une simple critique sur votre blog (il faut donc en avoir un obligatoirement cette fois !).



Svetislav Basara, Perdu dans un supermarché

Merci à Ulike pour l'envoi de cette lecture en partenariat avec le Globe-Lecteur, dans le cadre du Challenge "La Serbie à l'honneur"

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mercredi 31 mars 2010

L'immortel

Charly, ex chef de file de la mafia marseillaise, vient de se retirer des affaires pour prendre sa retraite lorsqu'il tombe dans un get-apens dans un parking. 8 hommes cagoulés, au cours d'une exécution sanglante, le crible de balles.
Contre toute attente, et avec 22 balles dans le corps, Charly survit ce qui lui vaut le surnom de l'Immortel. Sur le chemin de la guérison et de la rééducation seules deux questions l'obsèdent : celle du qui ? et celle de la vengeance...

Un thriller étonnant et efficace qui maintient le suspens jusqu'à son dénouement. Un roman chantant l'accent marseillais et les expressions provençales au point qu'on en entendrait presque chanter les cigales et qui pourtant est éminemment sombre et violent.
Une enquête sur fond de règlement de compte qui nous emmène dans les bas fonds de Marseille, mais aussi au sein de sa police qui lutte au quotidien autant contre le crime organisé que contre la corruption de leur haute hiérarchie. Le tout avec pour toile de fond un pays ensoleillé où la fierté, la famille, l'amitié et l'honneur ont une valeur toute singulière.

L'ensemble offre un roman policier atypique à l'intrigue riche et complexe. Dans cet entrelacs, on sent l'amour bien particulier des marseillais pour leur région et cette ville hétéroclite, le déclin aussi des derniers gangsters respectueux d'un certain code d'honneur et de morale.

Après Malavita et Malavita encore, c'est avec plaisir que je me suis de nouveau plongée dans le monde de la mafia. Même si un certain humour est bien présent là aussi (qui prête plus à sourire qu'à rire tout de même) la différence est tout de même de taille. L'immortel est un vrai thriller, avec toute la violence que le genre suppose, et qui ferait passer le héros de Benacquista pour un gentil garçon de ferme.
Une seule réserve, s'il en fallait une, concernant le dénouement : une des dernières clés de l'intrigue m'a quelque peu déçu, comme le petit quelque chose de trop dont on aurait pu se passer.

Merci à Ulike.net qui m'a permis de faire cette belle découverte avec cette lecture en partenariat.
Grâce à qui je peux également vous parler de l'adaptation de Richard Berry, actuellement en salle, puisqu'ils ont eu la charmante idée de joindre des invitations au livre lors de l'envoi ;) (oui, oui je suis gâtée !).

Le film :

Après cette lecture, j'avais une certaine appréhension à aller voir cette adaptation. J'y ai trainé Toi plus sereine : un film d'action un peu violent çà ne pouvait que lui plaire.
Pour ma part, je redoutais l'"américanisation" que subit fréquemment le genre français dès qu'il s'agit de films d'action. On connait le résultat, à part quelques réussites (je pense notamment à Nikita, Léon, Mesrine...), on frôle plus souvent le ridicule et l'imitation que les chefs-d'oeuvre.

Et bien Richard Berry m'a épaté (oui c'est le mot).
En conservant le ton du roman et la quasi-intégralité de l'intrigue, il a su, en s'entourant qui plus est de très bons acteurs, en faire un film sombre, violent mais typiquement français.
En ne cherchant à n'imiter rien d'autre que l'ambiance du roman il a remporté son pari. Je ne me souviens pas avoir déjà vu un film français aussi violent et émouvant à la fois. Je suis restée scotchée à mon siège du début à la fin alors même que je connaissais les tenants et aboutissants. Chapeau !

Quelques déceptions tout de même avec la suppression de certains passages (mais c'est toujours comme çà avec les adaptations hein !), le choix de Joey Starr pour le rôle du pistachier (je l'aime bien Joey Starr mais le rôle n'était pas du tout pour lui d'après les descriptions de son personnage, mais bon on ne le voit pas beaucoup non plus donc passe encore), et la diminution des interventions de Aurélio (qui en plus était joué par Richard Berry, merde alors !).

A l'inverse, grande surprise avec Marina Foïs que j'ai découvert ici sous un autre jour et qu'est-ce que çà lui va bien ! J'espère qu'elle aura plus d'occasions de jouer des rôles dramatiques parce qu'elle joue vraiment très bien. Grand plaisir également à retrouver Kad Merad (je l'aime d'amour depuis Je vais bien ne t'en fais pas) qui une fois encore est parfait.

Un avertissement tout de même, le film est interdit au moins de 12 ans et je trouve çà un peu juste. Sans même parler des nombreuses exécutions et des quelques scènes de baston, au moins une scène de torture / passage à tabac mériterait un moins de 16 selon moi (je suis adulte mais j'ai tourné la tête tout de même).



Franz-Olivier Giesbert, L'immortel
L'immortel, adaptation de Richard Berry avec Jean Reno, Kad Merad et Marina Foïs

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