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samedi 29 août 2009

Jane Eyre

La jeune Jane est recueillie dès son plus âge par son oncle fortuné. Sa tante et ses cousins ne la considéreront jamais autrement que comme une pauvresse à leur service, elle ne tendra qu'à s'en libérer.
Ce changement de vie vécu avec humilité et son caractère soumis et conciliant font de Jane une femme douce, cultivée mais aussi craintive destinée au professorat.
Sa rencontre avec Mr. Rochester, son premier employeur particulier, sera un retour en prison, sous une forme pourtant différente après une liberté à peine savourée.
Jane devra choisir entre sa nature et ses désirs, son éducation et son coeur...
Jane Eyre pourrait être notre petite Cosette. Sa jeunesse est une succession de malheurs, d'humiliations, d'injustices et de contraintes qu'elle tente pourtant d'affronter de front.
On s'attache vraiment à cette jeune femme qui malgré tout reste naïve et vertueuse, ses pensées plus intimes nous démontrant toutefois un fort caractère et une rébellion intérieure.

L'écriture de Charlotte Brontë est lisse et sait se faire oublier pour se livrer uniquement à son intrigue. Inspirée d'une histoire vraie, celle-ci sait mettre en oeuvre tous les procédés de suspens, de rebondissements et principalement d'apitoiement du lecteur pour donner du relief à sa prose.
On sent tout de même que la valeur dramatique du fait divers est décuplée par l'auteure qui semble prendre plaisir à faire de la vie de Jane un enfer où à peine s'approche le bonheur qu'un évènement vient lui briser.

L'ensemble est prenant et émouvant. Le personnage de Jane est un personnage féminin marquant, symbole de droiture et de moralité, mais aussi femme libre et insoumise.
Un seul regret peut-être au niveau de la fin qui manque un peu de subtilité dans son déroulement et laisse deviner au lecteur nombres d'éléments bien des pages auparavant !
Un sacré coup de coeur tout de même :)



Charlotte Brontë, Jane Eyre




5/5
COMPLETED !!!




2/14


Brontë

mercredi 8 juillet 2009

Les Hauts de Hurle-Vent

Cette propriété balayée par les vents du haut de la lande enferme une sinistre histoire.
Lockwood, nouveau locataire du voisinage va, suite à sa visite aux Hauts et à la vision d'un spectre errant, se prendre de curiosité pour le drame.
Mrs Dean, une vieille femme de chambre autrefois au service de la famille Earnshaw va lui narrer cette histoire d'amour et de déception, de vengeance et de violence.
Je dois avouer que le premier chapitre m'a vraiment troublé. Plus habituée à Jane Austen, j'ai été très surprise par la vulgarité, la violence et l'ambiance malsaine des Hauts. Une modernité étonnante pour l'époque.
J'ai donc été une lectrice réservée de prime abord, jusqu'à ce que cette main fantomatique m'accroche littéralement aux pages.
Ce passage est profondément marquant, il faut vraiment le lire pour comprendre l'effet. Je n'oublierai jamais ce roman, en grande partie pour ce moment.
Pour la suite, le lecteur est suspendu aux lèvres de la vieille bonne qui bien souvent ne raconte pas assez vite (impatiente que je suis).
Une histoire d'amour tragique (et non je ne vous dirai rien) dont on se sait si le héros mérite haine ou compassion.

À lire et à relire...



Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent

: 3 / 4

Brontë

lundi 8 juin 2009

Le Cercle Littéraire des Amateurs d'Epluchures de Patates

De son vrai nom le "Cercle littéraire des amateurs de tourte aux épluchures de patate", ce club formé par les insulaires de Guernesey n'était originellement qu'une ruse visant à détourner l'attention des occupants allemands.
Grâce à une lettre anodine, Juliet Ashton, romancière londonienne en manque d'inspiration, va découvrir le petit monde insulaire et les histoires touchantes et/ou amusantes de leurs vécus de la seconde guerre mondiale qui vient de prendre fin.
La petite communauté littéraire passionne l'écrivain qui décide de leur consacrer son prochain roman.

Mon attirance affirmée pour l'épistolaire ne pouvait que trouver son plaisir avec ce roman. Le genre est particulièrement bien exploité ici, et c'est un vrai régal que de découvrir cette multitude de personnages plus attachants les uns que les autres à travers ces lettres écrites ou adressées (pour la plus grande partie) à Juliet ; une jeune femme vivante et cultivée, écrivain talentueuse avide de liberté, humaine et entêtée.

Délice également que ce ton typiquement anglais qui sait manier l'humour tout en finesse aussi bien que la retenue pourtant sincère de certaines anecdotes.


Mary Ann Shaffer signe ici un roman fin et léger qui aborde sous un jour nouveau un thème pourtant bien grave, celui de l'occupation allemande et des bombardements. Une vision fraîche et intimiste d'un sujet déjà bien rodé ; un pari risqué remporté haut la main.


Grand coup de coeur donc pour ce roman qui vous fera passer un très bon moment et vous attristera en fin de lecture en quittant les habitants de Guernesey.


"Lire de bons livres vous empêche d'en lire des mauvais"

J'espère que celui là ne portera pas trop préjudice aux suivants !




Mary Ann Shaffer & Annie Barrows, Le Cercle Littéraire des Amateurs d'Epluchures de Patates

: 2 / 4

vendredi 20 février 2009

Raison et Sentiments

Pour quelques temps, je retourne à mes classiques, envie d'une période de relecture pour redécouvrir avec mes yeux d'adultes tout simplement.
Je vous ferais donc part, en supplément, des différences que j'ai pu ressentir entre mon souvenir de première lecture et la récente.


Les deux ainées miss Dashwood, Elinor et Marianne, bien que très liées, surprennent par leurs différences. Quand l'ainée Elinor est sage, mesurée, réservée et maîtresse d'elle-même en toute circonstance, sa cadette est naturelle, expressive, rêveuse et émotive. Ce duo fonctionne très bien en société et un formidable équilibre s'est établi entre les deux soeurs, ce qui leur vaut toutes les affections.
Leur chemin va croiser celui de trois hommes eux aussi très différents : le réservé Edward Ferrars, le soupirant colonel Brandon et le beau Willoughby. Ces rencontres vont changer leurs avenirs et leurs façons d'envisager la vie ; apprenant à l'une la raison et à l'autre les sentiments.
Jane Austen est juste redoutable. Elle manie les mots avec une précision de chirurgien, et le vocabulaire de l'époque (bien moins cru que celui d'aujourd'hui) est loin de la desservir. Les sous-entendus fusent, et les dialogues sont de vraies perles (principalement ceux entre Elinor et Lucy sa rivale).
Sous-jacent à une certes banale histoire à l'eau-de-rose, une ironie critique, adoucie par le style mais néanmoins sensible, contre les préjugés, l'importance de l'argent et de la réputation face auxquels l'amour sincère de deux jeunes gens fait peu de poids.

Je me suis trop empressée lors de ma première lecture, impatiente de connaître le dénouement et aveuglée par l'aspect romantique ; grand nombre de détails m'avaient alors échappé (je ne m'étais que peu intéressée aux personnages secondaires pour me concentrer sur les deux jeunes filles et leurs prétendants notamment).
Torts réparés puisque j'ai pu à loisir savourer cette redécouverte et profiter pleinement des psychologies fines des personnages, des caractères tranchés et représentatifs des uns et des autres, saisir toute la portée des mots contre une société alors très égoïste et souvent cruelle pour des jeunes filles romantiques et pleines d'espoirs.

Raison et sentiments est le premier long roman de Jane Austen, il est d'autant plus remarquable qu'elle l'a écrit assez jeune. Suivront 5 autres romans longs déjà précédés par beaucoup de courts récits de jeunesse, son dernier roman restant inachevé au moment de sa mort prématurée . Une oeuvre conséquente pour une si courte vie.


Jane Austen, Raison et Sentiments