Perdre une Plume

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mercredi 7 septembre 2016

Les 100, tome 2 : 21ème jour

Cela fait vingt et un jours que les 100 ont posé le pied sur la Terre. Ils sont les premiers humains à fouler le sol depuis des siècles... C'est tout du moins ce qu'ils croient. Face à un ennemi invisible, Wells fait de son mieux pour garder le groupe soudé. Clarke part en expédition sur le mont Weather à la recherche d'autres Colons, tandis que Bellamy est déterminé à sauver sa soeur, quel que soit le prix à payer. Restée à bord du vaisseau en orbite, Glass se trouve confrontée au pire des choix imaginables entre l'amour de sa vie et la vie elle-même.
Dans cette suite haletante du premier tome de la série Les 100 de Kass Morgan, des secrets vont être révélés, des certitudes bousculées et des relations mises à rude épreuve. Et les 100 vont devoir lutter pour survivre de la seule manière qui soit possible : ensemble.

Même si j'ai pris plaisir à lire ce second tome c'est tout de même un bilan mitigé au final.

Commençons par les points positifs : c'est toujours aussi bien écrit et malgré quelques longueurs ça se lit bien, les flash-back apportent beaucoup à l'intrigue et certains personnages y gagnent en épaisseur (on s'éloigne un peu des clichés ados en leur donnant un vrai background et c'est tant mieux !), on a plus d'actions que dans le premier tome, le rebondissement final est juste grrrr et on est plus qu'impatient de lire le tome 3 !
On alterne toujours entre les divers points de vue des personnages et ce tome m'a permis de m'attacher à l'intrigue "spatiale" alors que pour le premier tome j'étais plus en attente des points de vue "terrestres", ce tome est donc à mon avis plus équilibré entre les deux parties.

Ce qui l'est moins : on est vraiment dans un tome de transition et ça se sent... Jusqu'au fameux rebondissement final on a peu de surprise, l'action est là mais c'est attendu pour ne pas dire un peu réchauffé par moment et c'est dommage.

J'attends toutefois le final avec une certaine impatience, j'espère qu'il sera à la hauteur et surtout à la fois original et surprenant. Kass Morgan a amorcé une trilogie sur un super concept, elle a de la matière et une bonne qualité d'écriture, on n'en attend donc pas moins !

Merci aux éditions Robert Laffont et tout particulièrement à l'équipe de la Collection R pour cette lecture.



Kass Morgan, Les 100 - Livre 2 : 21ème jour

***Du même auteur***
Les 100, tome 1

mercredi 3 décembre 2014

Nexus

L'an 2040. Nexus est une nouvelle nano-molécule capable de relier les cerveaux entre eux. Alors que certains veulent l'exploiter, d'autres cherchent à l'anéantir. Kade, un jeune étudiant biologiste, voit dans cette drogue de nouvelles possibilités de communication et un immense progrès pour la société. À l'aide d'une poignée d'amis, il parvient à l'améliorer afin qu'il ne soit plus nécessaire de la consommer régulièrement pour en ressentir les effets. Mais les agences gouvernementales sont à leurs trousses… Sam, une espionne travaillant pour le compte de l'ERD (Emerging Risks Directory), les contraint à coopérer : Kade doit servir d'appât en intégrant l'équipe de Su-Yong Shu, une célèbre et géniale scientifique chinoise soupçonnée par l'ERD de travailler sur une technique lui permettant d'asservir les gens contre leur volonté. Dans un monde où se mêlent scientifiques chinois, moines bouddhistes et agents de la CIA, le jeune homme ne tardera pas à s'apercevoir que les enjeux sont bien plus importants qu'un simple trafic de stupéfiants…

Roman choisi lors de la dernière édition Fantastique / SF de Masse Critique, le quatrième de couverture m'avait alléché mais n'a finalement pas tenu ses promesses.

Malgré le fond original et prometteur l'intrigue et l'action n'ont pas su me convaincre et je me suis noyée sous tout le reste jusqu'à décrocher complètement..
Je n'ai pourtant pas de réels reproches à faire à ce roman ; c'est bien écrit, au final assez fluide, les personnages réussis bien que parfois peu originaux (entre le déjà-vu et le stéréotype pour certains)... C'est juste que le déroulement de l'intrigue passe souvent en second plan face à des réflexions et débats noyés sous un jargon informatico-scientifique souvent bien inutile ce qui entraîne immanquablement lourdeur et temps morts bien trop longs.


Bref l'ennui guette et a fini par ravir mon intérêt. Je suis pourtant lectrice de SF, peut-être pas une des plus férue mais je suis déjà rodée au genre, ce n'est donc pas uniquement une question de genre à mon sens.

Le roman a pourtant trouvé son public, et c'est tant mieux parce que je maintiens que l'idée de base est intéressante, certainement des lecteurs plus acharnés et patients que moi !

Merci à Babelio et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture.



Ramez Naam, Nexus

tous les livres sur Babelio.com

mardi 24 décembre 2013

Mission Nouvelle Terre, Tome 2 : Spark

Piégés sur une Terre en fin de vie, les derniers survivants de l’humanité n’ont qu’une issue : envoyer des vaisseaux à la recherche d’une nouvelle Terre pour assurer la survie de l’espèce. Le voyage durera plusieurs siècles. Waverly et Kieran sont nés à bord d’un des vaisseaux, et ont toujours vécu la tête dans les étoiles. Jusqu’au jour où tout bascule. Comment s’enfuir, comment survivre, quand on habite au beau milieu de l’espace ?
Avec Spark, Amy Ryan propose une suite éblouissante au roman Glow, qui a fait son succès, ménageant son suspense avec une précision diabolique. Les amateurs de thriller et d’aventures ne pourront que succomber à cette série qui emmène le lecteur au-delà de la voie lactée.

Après un premier tome en demi-teinte j'ai attaqué ce second volet avec à la fois crainte et curiosité...

Et une fois encore il y a du bon et du moins bon !
Globalement le bilan est positif ; ça se lit bien, on retrouve les personnages avec plaisir, c'est cohérent avec le premier tome etc...

Dans le détail et pour le "bon" : le retour des filles à bord de l'Empyré et ses conséquences, l'intrigue prend de l'épaisseur et la tension est plus que palpable tout au long du tome. Plusieurs points se mettent en place et le voile se lève sur les agissements des uns et des autres sans que l'on sache toujours le vrai du faux pour autant, ce qui laisse encore du suspens pour le prochain tome.
Waverly poursuit une évolution intéressante et gagne encore en indépendance, c'est une héroïne agréable et attachante. Ryan joue avec les sentiments ambivalents du lecteur pour les deux héros qui s'opposent, un moment on les adore, un autre on les déteste :p (Quoique Kieran a eu la palme du "je le déteste" pour moi dans ce tome).

Du côté du moins bon on garde cet aspect religion qui me pose problème, même si en un sens c'est justifié par l'intrigue, je n'arrive pas à m'y faire et tous les passages concernés ont été assez désagréables pour moi.
Pas mal de lenteurs également qui viennent casser le rythme et c'est dommage, vraiment. Surtout qu'il y a de quoi faire et qu'au final on avance assez peu sur la trame de fond dans ce tome.
A ce sujet d'ailleurs j'attendais plus d'avancées sur les relations diplomatiques entre les deux vaisseaux, Ryan nous donne peu de grain à moudre pour finir sur un cliffhanger qu'on a attendu tout le tome ! Alors certes ça donne envie de lire le suivant (mais en même temps après deux tomes ce serait triste de ne pas avoir envie de lire la fin) mais ça fait un peu rager aussi...

Mission Nouvelle Terre est une saga SF-YA qui sort des sentiers battus et qui surprend son lecteur. Ce second tome tout comme le précédent est prenant et se lit bien. Ryan ménage son suspens et avance peu sa trame de fond avec ce second volet qui à défaut offre une bonne intrigue de tome.
L'ensemble mériterait toutefois d'être un peu dégrossi, une fois encore c'est un bilan mitigé pour moi et c'est un peu frustrant !



Amy Kathleen Ryan, Mission nouvelle terre, Tome 2 : Spark

***Du même auteur***
Mission Nouvelle Terre, Tome 1 : Glow

mercredi 17 juillet 2013

Impresario du Troisième Type

Les Yherajks sont des extraterrestres pacifiques et ils aimeraient bien se présenter à nous. Mais les bonnes intentions ne suffisent pas. Car les Yherajks sont des blobs, des masses gélatineuses informes propres à susciter la répugnance. Pire, ils puent épouvantablement. Dans ces conditions, comment aborder l’humanité sans déclencher une déplorable réaction de rejet?

La solution s’appelle Tom Stein. Tom est un jeune, brillant et ambitieux agent d’artistes à Hollywood, fin négociateur et organisateur de plans de carrière. À lui de s’y coller, de préparer le terrain, d’imaginer par quel biais opérer la rencontre des deux espèces à leur profit mutuel. De concevoir le plan de com’ adéquat.

Un défi à la mesure de la verve de John Scalzi, l’auteur du Vieil Homme et la guerre.

Ce n'est pas un secret j'adore Scalzi ! C'est un vrai parcours du combattant pour trouver ses livres et c'est bien dommage ! Je ne vous raconte pas ma joie quand je suis tombée sur ce roman lors d'un vide-grenier :)

Encore une fois Scalzi prend son lecteur à contre-pied et l'emmène là où il ne l'attend pas, c'est innovant, imaginatif, bien écrit et très drôle !
Au-delà de l'aspect science-fiction qui se renforce au fur et à mesure de l'avancée (main dans la main avec le burlesque d'ailleurs), l'auteur nous plonge dans les coulisses d'Hollywood et le monde des agents, ces promoteurs de stars qui se livrent une guéguerre sans merci où toutes les bassesses sont permises.
Tom Stein est un bon agent, une sacrée verve et le sens de la répartie, un héros qu'on prend plaisir à suivre.

Entre situations improbables, enchainements burlesques, dialogues piquants et réparties cinglantes Scalzi nous mène sans que l'on s'en aperçoive jusqu'à la dernière page, c'est un roman qui défile à bon rythme et qui n'a pas vraiment d'équivalent (encore que dans un genre différent la série Garret détective privé de Cook est peut-être ce qui s'en approche le plus).
Une nouvelle fois je vous invite donc à partir à la découverte de cet auteur qui mérite vraiment le détour !



John Scalzi, Imprésario du Troisième Type

***Du même auteur***
Le vieil homme et la guerre
Les brigades fantômes

jeudi 2 août 2012

Les brigades fantômes

“J’ai fait deux choses le jour de mes soixante-quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme, puis je me suis engagé.” Ainsi commençait Le Vieil homme et la guerre, où John Perry racontait son histoire, de son engagement dans les “Forces coloniales de défense” d’une humanité essaimée dans les étoiles mais en guerre perpétuelle avec d’autres espèces tout aussi avides de coloniser les mondes habitables, jusqu’à sa découverte du corps d’élite mystérieux baptisé les “Brigades fantômes”. Les Brigades fantômes prolonge Le Vieil homme et la guerre. On y découvre les forces spéciales de l’intérieur, ainsi que le quotidien de ce projet de démiurge : créer un être humain adulte conscient dès sa naissance. Entraînement, éducation accélérée, syndrome de Frankenstein. Ces êtres qui n’ont pas grandi, n’ont même pas vécu, peuvent-ils se prétendre humains ? Meurent-ils pour leurs maîtres ou pour eux-mêmes, eux qui sont le fer de lance des Forces coloniales, leur botte secrète dans un conflit nauséabond où l’on ne perd la guerre qu’une seule fois ?

J'avais eu un véritable coup de cœur pour le premier roman prenant place dans cet univers space opera de Scalzi Le vieil homme et la guerre et j'ai attendu et guetté des mois la réédition de cet opus !

Finalement j'ai passé un très bon moment même si je n'ai pas autant aimé que le premier.
Déjà le protagoniste principal n'est pas le même même si on retrouve la "femme" de John et qu'on le mentionne à l'occasion, et puis l'univers et l'environnement sont connus alors que j'avais adoré le découvrir lors de ma première lecture.

L'intérêt ici est donc tout autre, la découverte des fameuses et mystérieuses sections d'élite évoquées dans le premier roman : les Forces spéciales.
Et là où l'on retrouve le talent de Scalzi c'est dans cette part SF mise au service d'une critique douce-amère des conflits armés, des gouvernements qui manipulent les masses et de la place de l'humain face à la technologie. C'est tout bonnement génial !

Ajoutons que ce tome livre lui aussi quelques bonnes batailles et bastons bien sanglantes (bien qu'un peu moins que dans Le vieil homme et la guerre) et vous voilà embarqué dans de la Sf qu'on l'on aime : bien menée, rythmée et qui fait sens.

En résumé après un gros coup de cœur lors de la découverte du premier tome, j'ai apprécié retrouver l'univers et la plume de Scalzi dans ce nouvel épisode de la guerre de colonisation spatiale. Il y a un bel équilibre entre fantastique et technologie, diplomatie et combat, émotion et humour, psychologie et philosophie dans cette saga, c'est ce qui en fait à mes yeux toute sa valeur ajoutée. Je poursuis donc avec plaisir et curiosité !



John Scalzi, Les Brigades fantômes

***Du même auteur***
Le vieil homme et la guerre

mercredi 28 septembre 2011

Le meilleur des mondes

Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d'œuvre de la littérature d'anticipation, a fait d'Aldous Huxley l'un des témoins les plus lucides de notre temps. Aujourd'hui, devait écrire l'auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s'abatte sur nous dans le délai d'un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d'ici là de nous faire sauter en miettes... Nous n'avons le choix qu'entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique.

Je m'attendais à beaucoup en lisant ce livre, un coup de cœur, une révélation, une lecture à la hauteur de 1984. De ce point de vue, quitte à faire le vilain petit canard je peux dire que je suis déçue.

C'est bien pourtant, inventif, bien écrit, précurseur et visionnaire mais je m'attendais à davantage. Passée la découverte initiale, dont la forme m'a d'ailleurs quelque peu gênée, je me suis même ennuyée jusqu'au passage de la Réserve.
Je garde en tête que ce roman date de 1932 et que c'est somme toute impressionnant, très impressionnant même. Pour autant çà manque de jugement à mon goût, ou tout du moins de "prévention" par la crainte / anticipation. Même chose pour la part romanesque. On n'accroche pas plus que çà avec les personnages et il y a au final peu d'enjeu. Cette société de contrôle est présentée comme idéale et rien ne semble pouvoir l'ébranler, ni les personnages, ni les évènements...

Ce n'est pas sombre non plus pour autant, juste dur à définir et à cerner vraiment. À lire sûr çà donne froid dans le dos mais le récit reste détaché, froid presque scientifique... Il m'a manqué quelque chose et j'ai du mal à mettre le doigt dessus !
Ajoutons à cela le fait que les dystopies depuis (et surtout grâce à) cette œuvre sont devenues plus courantes, pour ne pas dire habituelles, l'effet en est forcément diminué. Typiquement Bienvenue à Gattaca reprend un peu les même sujets et le même type de société ou la technologie gouverne l'homme et son destin (attention cependant chez Huxley il y a un aspect totalitaire plus prononcé tout de même) mais en présentant un point de vue plus engagé.

Au final c'est un bilan en demi-teinte de ce classique dont je reconnais pourtant la valeur, mes attentes ont malheureusement portées préjudice à ma lecture !

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Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes

C'était la lecture du mois de mai (honte sur moi )
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lundi 25 juillet 2011

Le vieil homme et la guerre

“J’ai fait deux choses le jour de mon soixante-quinzième anniversaire. Je suis allé sur la tombe de ma femme et je me suis engagé.” À soixante-quinze ans, l’âge minimum requis, John Perry n’est pas le seul à intégrer les Forces de défense coloniale, le seul ticket pour les étoiles, mais sans retour. Plus rien ne le retient sur Terre. Combien d’années de vie peut-il encore espérer? En revanche, s’engager, c’est défendre la Terre, protéger l’expansion de l’humanité dans les étoiles, retrouver une seconde jeunesse et, à l’issue du service, obtenir le statut de colon sur une planète nouvelle. Sur Terre, nul ne sait ce qu’il advient de ces recrues à part qu’on leur promet une guerre sans merci contre la myriade d’espèces intelligentes qui se partagent un “ espace vital” interstellaire beaucoup trop étroit. John Perry devient donc soldat. Avec son nouveau statut commencent les révélations, inimaginables.

J'avais entendu beaucoup de bien de ce roman SF (limite space opéra) et à raison je dois dire !
Fan de SF qui dépote, d'aventure spatiale et de combats à la Starship Troopers ? Stoppez tout et ruez vous sur ce livre !
Je n'ai pour ma part qu'un seul regret ; l'avoir laissé si longtemps dans ma PAL.

Car ce roman a finalement tout pour plaire : c'est bien écrit, rythmé sans être brouillon, la mise en place est vraiment bonne et plausible à aucun moment on ne sent perdu ou malmené, on est dans la SF soft par son aspect scientifique sans que toutefois l'impasse soit faite, hard par ses combats et sa violence et le tout avec une pointe d'humour bienvenue :)
Que demander de plus ?

J'ai tout simplement adoré... et pour le genre depuis Les Aux' de David Gunn je n'avais pas eu de véritable coup de cœur, c'est désormais chose faite !
Pour autant, que vous en dire de plus sans vous en dire trop ? Je crois que le mieux c'est encore de se contenter de ce quatrième de couverture et de découvrir par soi-même (en sachant que je vous le conseille vivement), amateur du genre ou pas il peut conquérir bien des lecteurs !
Foncez les yeux fermés !

Et la vraie bonne nouvelle, c'est que c'est une saga en plusieurs tomes, je m'en pourlèche d'avance...

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John Scalzi, Le Vieil Homme et la guerre

mardi 19 juillet 2011

Palimpseste

Drame écologique, guerre nucléaire, catastrophe naturelle. A plus ou moins long terme, toute civilisation est vouée à disparaître. Cela s'est d'ailleurs produit des millions de fois depuis la formation de notre planète. Pour préserver l'humanité de ces inévitables apocalypses, des agents venus d'un lointain futur voyagent tout au long de l'histoire de la Terre : à chaque fin du monde, ils sauvent ce qui peut l'être, et permettent ainsi à notre espèce de renaître de ses cendres. Mais toute intervention sur l'histoire a des conséquences, parfois tragiques... Pierce est l'un de ces agents, un patrouilleur du temps promis à une brillante carrière. Pourtant, sa vie bascule le jour où sa famille et l'époque qui l'abritait sont "effacées" par une nouvelle version de l'histoire, tel un palimpseste. Son seul espoir réside à la fin des temps, où sont archivés tous les pans disparus de l'histoire. Dans l'infini des possibles, retrouvera-t-il celle qu'il aime ?

Après ma récente lecture du Faiseur d'histoire, j'étais assez enthousiaste à l'idée de replonger dans un roman SF qui s'attaque aux voyages dans le temps et à ses conséquences.
Surtout que rien qu'à lire ce quatrième de couverture, il semblait que Stross nous livrerait un champ plus travaillé, plus complexe aussi !

Au final on est servi niveau complexité, c'est certain. Au point que souvent le tout semble confus, on s'y perd et c'est dommage.
Le personnage de Pierce, qu'on suit dès le début de sa formation est bien bâti, intéressant. Il s'interroge beaucoup sur sa tâche et ne se contente pas d'être un bête serviteur, agent parmi tant d'autres.
Pour autant j'aurai apprécié (et j'attendais cela aussi) le suivre sur ses missions et constater les changements historiques apportés...

Mais Stross se concentre sur l'histoire personnelle de son personnage et sur celui plus générale de l'Univers et de la Terre.
Les chapitres reprenant l'histoire de l'évolution de l'Univers sont d'ailleurs assez vite lassants, trop jargonneux et sans grand intérêt à mes yeux. Ce n'est pas toujours l'aspect scientifique qui m'attire dans la SF, surtout quand il se rend si peu accessible.
Inversement, on se noie un peu dans l'histoire personnelle de Pierce par manque d'explications. On ne comprend pas vraiment ce principe de "non-histoire", ce qu'elle peut ou non apporter et comme tout s'enchaîne assez vite (çà reste très dense pour seulement 160 pages) on finit par ne plus savoir où l'on est, où l'on va et pourquoi.

On arrive donc aux pages finales sans vraiment savoir de quoi il retourne et il est donc difficile d'en profiter pleinement.
Stross semble pourtant avoir en tête un univers assez riche et complexe mais qu'il n'a malheureusement pas su retranscrire au mieux et de manière intelligible pour son lecteur. Dommage !

Merci tout de même à Bibliofolie et J'ai Lu pour cette lecture.

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Charles Stross, Palimpseste

vendredi 8 juillet 2011

Le faiseur d'histoire

Michael Young est convaincu que sa thèse d'histoire va lui rapporter un doctorat, un tranquille poste académique, un vénérable éditeur universitaire et le retour de sa difficile petite amie Jane. Mais un historien devrait savoir que l'on ne peut prédire l'avenir.... Sa rencontre avec Leo Zuckermann, vieux physicien obsédé par le génocide juif va les amener à semer aux quatre vents les pages de la thèse, mais aussi à tourner celles de l'histoire... Et après leur expérience rien - primé, présent ou futur - ne sera plus jamais pareil.


De l'uchronie comme j'aime, capable de vous emmener loin, de vous surprendre sans pour autant juger ou donner de leçons...
Ce qui ne veut tout pas dire qu'il n'y ait pas de message tout de même !

L'idée du "voyage dans le temps", du changement d'évènements de l'Histoire est loin d'être nouvelle, nous sommes tous d'accord.
Pourtant Fry a ce qu'il faut dans le ventre et dans la plume pour en faire quelque chose loin des "déjà vu" et se laisse suffisamment de latitude pour créer la surprise.
Il développe avec habilité et sans en devenir obscurantiste l'idée du destin, de la prédestination, de l'inéluctable qu'il met face à la part influençable... subtil.

Tout çà pour dire que bien évidemment, même si l'idée est bonne, digne d'un bon héros de roman SF, Michael Young finalement ne sera que son propre héros... à vouloir sauver l'humanité il finira par devoir se sauver lui même pour avoir mis le monde sans dessus dessous !
Habituel encore une fois, et pourtant.
Fry sait là aussi jouer de nuances ; aucune lourdeur ou trame attendue.

Au niveau du style c'est somme toute assez léger, drôle et piquant souvent, tout en évitant les jargons scientifiques abscons et bien souvent erronés que peuvent fournir le genre.
Là où je suis moins enthousiaste c'est sur la forme que s'amuse parfois à emprunter l'auteur. Sans gâcher la surprise je dirais juste que certains chapitres ont une forme particulière qui n'apporte au final pas grand chose et dans mon cas nuit un peu à ma fluidité de lecture.

À un niveau plus général je suis assez contente de cette lecture, de la surprise qu'elle a su créer, mais également que son fond soit loin de ce à quoi je m'attendais en lisant le 4ème de couverture.
Pas de moralisation sur la Shoah, pas de critique du totalitarisme, pas de grand héros américain pour tuer Hitler avant l'heure et sauver le monde... certes déjà vus mais aux vues du contexte assez justifié. Non, Fry lui emprunte un autre chemin, celui de la comédie romantique gay sur fond de SF. Rien que çà.
Et le pire c'est qu'il fait çà bien. Entre la trame de fond uchronique et l'histoire de ce couple improbable tout est bien dosé, presque pudique.

Sans ces petits chapitres incommodants, on aurait frôlé le coup de coeur !

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Stephen Fry, Le faiseur d'histoire

Merci à Livraddict et aux éditions Folio SF pour cette lecture.


jeudi 17 février 2011

Frankenstein ou le Prométhée moderne

Un explorateur anglais navigue vers le pôle quand il sauve in extremis un homme à la dérive sur un bloc de glace.
Le rescapé du nom de Frankenstein semble torturé par un lourd secret quand il décide de se livrer à son sauveteur.
On a tous en tête Frankenstein et sa créature, personnages devenus aussi mythiques que Dracula dans l'univers littéraire et cinématographique.
J'aime cependant ce retour au source et la découverte des textes orignaux fondateurs.

Nous sommes en pleine période du roman gothique anglais, son déclin est proche et les auteurs cherchent à faire évoluer le genre ; transition dont Shelley deviendra emblématique avec ce roman qui a posteriori sera considéré comme la première œuvre SF.
Dracula n'a pas encore vu le jour et les romanciers s'amusent à faire peur, à soumettre leurs personnages à l'effroi et aux tourments de la folie...

Ici, en s'inspirant des légendes de Golem ou de Prométhée modernisées, un scientifique sous le coup d'une frénésie inconsciente donne la vie à une créature monstrueuse. Regrettant son geste, il s'en détourne jusqu'à ce que le monstre vienne le hanter.

La trame en soit est assez bonne et équilibrée, le thème juste.
Pour moi, lectrice du XXIème siècle, ce qui pêche c'est le récit en lui même.

Sur la forme déjà, les propos rapportés, les différents narrateurs tous s'expriment avec le "je" et le style invariant, ce qui crée des confusions parfois (qui parle ? est-ce du vu ou du rapporté ? etc...)
De plus, Frankenstein, narrateur principal, en proie avec le remords et le chagrin se décrit surtout lui-même ; soit pour expliquer son geste initial, soit pour montrer son désespoir.
La créature, elle, ne vient qu'en second plan, on en sait peu de choses au final, ni sur sa création ni sur son apparence détaillée.

Ensuite, il y a de fortes incohérences qui rendent le tout peu crédible.
Le passage récit de la créature par exemple. Rien que sa manière de s'exprimer, parfaitement égale à celle de son créateur n'est pas plausible, trop humanisante et sonne faux. Tout comme les nombreuses références littéraires évoquées, qu'on survole plus comme un catalogue que comme des éléments de description ou de compréhension.

Au final çà manque de rythme. Frankenstein s'étendant trop sur son tourment, sa culpabilité...
Seule la fin, avec son dénouement ouvert donne satisfaction.

Pour résumer un roman certes classique et fondateur mais qui, au-delà de l'idée géniale du scientifique créateur d'une vie monstrueuse, n'a rien de plus à offrir.
Décevant !



Mary Shelley, Frankenstein : Ou Le Prométhée moderne


C'était la lecture du mois de février
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