Perdre une Plume

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jeudi 21 août 2014

[BD]Sois gentil, tais-toi et dors

Un homme, une femme, un lit et toutes les répliques cultes qu’elle n’a jamais osé dire ! Ici les rôles sont inversés : Elle se lâche et Il entend tout ce qui Lui a été épargné jusqu’à maintenant. Simple, mais efficace, drôle et léger, cette petite BD donne de la voix à tout ce qu’Elle a refoulé très fort pendant toutes ces nuits à côté de Lui.

Si l'idée m'avait emballé par son côté drôle et piquant, le soufflé est retombé bien vite malheureusement...

Certes il y a quelques répliques amusantes, on a donc bien l'aspect "drôle" annoncé en résumé. Là où je suis moins d'accord c'est sur le "léger" parce que justement j'ai vite trouvé ça lourd !
Je m'attendais à de l'humour sur le couple et plus spécifiquement sur le sexe au sein du couple et au final ces piques (qu'elles visent juste ou non) attaquent un peu trop durement ces messieurs à mon goût, de manière répétitive et pas toujours très "légère", on frôle la méchanceté et la rancœur.

Au point qu'au bout d'un certain temps cet humour m'a mis mal à l'aise... Je ne suis pas anti-féminisme (étant une femme moi même je ne vois même pas comment ce serait possible) loin de là, seulement pour moi le sexe se fait à deux et si on peut en rire et en parler avec légèreté on ne peut pas pour autant charger ainsi un seul des partenaires.

L'humour vire à l'aigreur selon mon ressenti. Dommage !

Merci à Babelio et aux éditions Blandine LACOUR pour cette lecture.



Blan & Galou, Sois gentil, tais-toi et dors

jeudi 3 juillet 2014

Le mariage des enfants

Il comprit très vite que ça allait mal tourner.
Que le mariage de son fils allait lui coûter cher, très cher.
Beaucoup trop cher pour ses revenus, pourtant confortables.
Alors, pour ne pas déchoir, il dut inventer quelques entourloupes -trois précisément-, manière de financer château, champagne et autres ruineuses excentricités.
Rien d'illégal dans ces escroqueries. Rien de moral non plus. Et sa vie en fut changée.

Un roman d'actualité en ce qui me concerne qui m'a donc naturellement fait de l’œil lors du dernier masse critique !

Et une chronique qui va être pleine de "si" je le sens... Parce que ce roman bien que plaisant et vite lu a tout de même un goût de dommage.
A lire le quatrième de couv' on s'attend tout de même à une trame autour du mariage façon comédie et on en est loin.

Oubliés les mariés, vous les verrez à peine, façon XIXème quand les parents bourgeois prenaient tout en charge sans même les consulter.
Occultés les fameuses combines, à profit d'une rivalité entre les deux pères qui prend le dessus sur tout le reste, on en frôlerait la paranoïa...

Et je crois que c'est ce qui m'a le plus agacé avec ce roman, ce combat de coq fantasmé façon "qui de nous deux aura le plus chéquier ?" bien mal déguisé sous des sourires courtois et les ronds de jambes bourgeois.
Le vice est poussé jusqu'au cliché, mal jaugé et ce qui aurait pu être un à côté de la comédie en cours prend le premier rôle. Pour le coup on est presque soulagé que le roman soit si court, finalement !

Et ces fameuses combines sont bien fades, vites expédiées alors que la matière était pourtant là (et là on peut commencer à caser tous les fameux "si"), le protagoniste a de la ressource il faut le reconnaître.
J'ai apprécié notamment son évolution au milieu des cercles littéraires et le côté coulisse de son prix littéraire qui m'a fait sourire, son admiration pour Balzac l'homme autant que l'auteur.

Il y a donc bien évidemment des points positifs, ajoutons que c'est bien écrit en passant, qui rendent cette lecture plaisante malgré la déception sous-jacente.
A mon sens l'auteur est passé à côté de sa promesse pour finalement livrer autre chose d'un peu moins satisfaisant.

Merci à Babelio et aux éditions Fayard pour cette lecture.



Michel Richard, Le mariage des enfants

vendredi 20 juin 2014

Je suis une vraie fille

Pour assumer d'être une vraie fille, ou comment rire de nos petites plantades du quotidien !

Pour Marion Malabre, parler de mode, c'est son boulot, car dans la vie, elle est styliste. Mais parler des histoires de coeur, c'est son dada ! Et c'est sur son blog qu'elle le fait, depuis plus de 2 ans. En effet, "Je suis une vraie fille" illustre les aventures d une trentenaire un peu looseuse à la recherche de l'amour (ou au moins d'un mec bien...)

Parler avec ironie des mauvaises rencontres, des galères sentimentales, des excès en tous genres, mais surtout les assumer c'est ça, être une vraie fille !

Mises en dessin par la talentueuse Lulu In the Sky, ces scènes tragi-comiques du quotidien nous font hurler de rire !

"Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnages ou des situations ayant existé ne saurait être que fortuite".

Quoique...

J'ai été un peu déroutée par cette BD je dois le reconnaître. Je m'attendais à des scénettes sur une page, ou en quelques cases sur la vie quotidienne de cette "vraie fille" et en fait le format est bien différent.
Dans les faits un dessin pleine page légendée en "Quand on sort en boîte entre filles", "Quand on apprend qu'une copine est enceinte" etc

Le tout avec humour bien évidemment. Parfois ça vise très juste, l'effet n'en est que plus marqué, parfois un peu moins mais c'est dans tous les cas très rapide et on arrive bien trop vite à la fin.
Pour ma part j'ai du m'offrir une seconde lecture de suite pour affermir mon avis et perdre ce sentiment de survol.

Ce que je regrette un peu c'est que les dessins sont vraiment tops, j'aurai apprécié pour le coup d'avoir quelques cases de plus par page pour plus en profiter. De même les idées de situation sont drôles et bien trouvées, là encore j'aurai apprécié qu'elles soient plus développées.

Au final j'ai passé un bon moment, pas au point "d'hurler de rire" mais de sourire c'est certain, j'ai été sensible à l'humour et au trait de Lulu mais je garde ce sentiment de survol et de célérité qui rend cette lecture bien éphémère !

Merci à Babelio et aux éditions Jungle pour cette lecture.



Marion Malabre, Je suis une vraie fille

lundi 16 juin 2014

Le testament de Jessie Lamb

Jessie Lamb a seize ans, des parents qui passent leur temps à se disputer, une tante célibataire déjantée, des amis, des flirts, des rêves. Une adolescente normale, en somme. Sauf qu’elle n’évolue pas dans un monde « normal ». Depuis que des bioterroristes ont propagé le virus du SMM, les femmes enceintes meurent toutes en couche. Par conséquent, l’humanité est menacée d’extinction. Alors que tout son univers familier et rassurant s’effrite, Jessie, qui jusque-là ne se sentait que très peu concernée par les problèmes du monde, prend conscience de son pouvoir de changer le cours de l’histoire. Allant à l’encontre de l’avis de ses parents, elle se porte volontaire pour devenir une « Sleeping Beauty », comme on surnomme celles qui acceptent de se sacrifier pour donner la vie en participant à un programme scientifique.

Je m'attendais un autre roman jeunesse / YA dystopique (avec un pitch alléchant tout de même) et finalement même si il y a de ça sur la toile de fond, on touche à autre chose avec ce roman.

J'y ai lu surtout toute la réflexion et le cheminement d'une ado sur le monde qui l'entoure, sa révolte, son désir d'action et l'envie de donner un sens à sa vie... L'ensemble est vraiment approfondi, car ce testament /confession reprend dès les premiers pas la voie qui a conduit Jessie jusqu'à sa résolution finale : le désir de protestation, l'inquiétude pour l'avenir, les groupes de réflexion et les manifestations, les actions collectives et leurs lenteurs, la difficulté d'obtenir un consensus et de passer à l'action de manière collective ce qui la pousse finalement à l'action individuelle.

Au vu du résumé je m'attendais plus à un récit actif qu'à une telle réflexion et je dois dire que je n'en suis pas mécontente au final.
Le seul point dommageable c'est que le récit présente des lenteurs, la jeune femme se livre alors qu'elle est prisonnière et sa confession s'étale, parfois un peu trop, entrecoupée de son quotidien répétitif lié à l'enfermement.
Son isolement la pousse aussi parfois à se remémorer des scènes qui sortent de son récit, ce qui apporte par moment un peu de confusion.

Dans l'ensemble j'ai aimé ce monde privé d'enfant, privé d'avenir et le récit du long cheminement de cette ado que le désir d'agir prend progressivement aux tripes.
A noter tout de même que le récit est bien plus lent et bien moins rythmé par rapports aux autres dystopies jeunesses habituelles.

Merci à Babelio et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture.



Jane Rogers, Le Testament de Jessie Lamb

samedi 12 avril 2014

Vieux, râleur et suicidaire : la vie selon Ove

« Ove et le chat se sont rencontrés un matin à six heures moins cinq. Le chat a détesté Ove sur-le-champ. Le sentiment était plus que réciproque »

Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Mais depuis qu'il est sans travail, il se sent seul et inutile. Il erre dans sa maison, fait des rondes de quartier pour relever les infractions des habitants. Jusqu'au jour où, las de cette routine, il décide d'en finir. Corde au cou, debout dans le salon, il est prêt à passer à l'acte...
C'est sans compter l'arrivée de nouveaux voisins et d'un chat abandonné. Interrompant involontairement ses tentatives de suicide, ceux-ci vont peu à peu pousser Ove dans ses derniers retranchements et le ramener à la vie !
Tel un chat de gouttière amoché et craintif, à la fois drôle et touchant, Ove réveille l'instinct protecteur qui sommeille en chacun de nous. Mais attention, il griffe !

Avec un quatrième de couverture aussi alléchant je ne pouvais que succomber... Je crois que je deviens comme Perceval : moi aussi j'ai un faible pour les vieux :)

Et si on conjugue histoire de vieux avec écrivain suédois (ça ne vous rappelle pas quelque chose ?), le cocktail est juste jubilatoire !
On n'a pourtant là rien de bien extraordinaire : un vieux dans un lotissement qui râle et enquiquine tout le monde... Et c'est justement cet ordinaire là que Backman va sublimer pour finalement en faire une histoire riche en détails de la vie de tous les jours, d'anecdotes et de fous rires.

A l'inverse du chat j'ai adoré Ove très rapidement (le chat aussi d'ailleurs m'a conquis), le côté bourru et habile de ses mains avec un avis tranché sur tout mais fondamentalement gentil si on gratte un peu m'a rappelé un proche (exactement le même et je suis sûre que ça arrivera à d'autres lecteurs !).
Partant de là on connait peu son histoire, seules ses mauvaises habitudes et râleries sont mises en avant. C'est peu à peu que le voile se lève, c'est assez subtil par moment, les détails toujours les détails, et moins à d'autres lors de vrais retours en arrière narratif.
Au final cette construction est efficace et agréable. Les récits au passé sont touchants et loin de venir alourdir la narration l'enrichissent considérablement.

Le ton aide aussi. L'humour est le vrai fil conducteur du roman ; c'est léger souvent, déjanté parfois, on se moque à tour de bras....
Bien évidemment la vieillesse ce n'est pas toujours amusant, il y a aussi la solitude, l'incompréhension d'un monde qui change etc... mais jamais Backman ne fait dans le larmoyant, c'est juste bien dosé.

On a également foule de personnage, j'ai envie de dire tous aussi timbrés les uns que les autres mais ce serait faux en un sens, disons juste qu'ils sont entiers, atypiques et assument cette petite graine de folie qu'on a tous...

Que vous dire de plus ? Je me suis juste régalée avec ce roman et je suivrai ce Backman de près.



Merci à Babelio et aux éditions Les Presses de la cité pour cette lecture.

Fredrik Backman, Vieux, râleur et suicidaire

lundi 31 mars 2014

Schroder

Erik Schroder attend de passer en jugement. Conseillé par son avocat, il se décide à coucher sur le papier une confession, pour Laura, son ex-femme, pour les jurés, pour lui-même. Et les souvenirs affluent… Son arrivée en Amérique à cinq ans, seul avec son père, et sa décision de laisser pour toujours le passé derrière lui. Son mariage avec Laura, la naissance de Meadow, puis la séparation et la lutte pour obtenir un droit de garde. Et cette journée au lac entre père et fille, moment privilégié tant attendu et vite transformé en escapade innocente, pour grappiller quelques heures, quelques jours. Dire enfin à Meadow qui est son père, et qui elle est, elle. Mais quel est ce secret que Schroder a caché à sa propre fille ? Qui est-il véritablement et comment a-t-il pu commettre pareille folie ?

Un roman confession assez touchant où le narrateur se dévoile peu à peu au fil de son mea culpa...

C'est donc le récit d'un homme qui cherche à comprendre son erreur, un récit empreint de regret au sujet d'un mariage raté, d'un amour perdu et d'une séparation douloureuse avec son enfant.
On comprend assez vite que sa propre enfance est en jeu et qu'un secret enfoui le ronge, que cet ensemble est au cœur même de l'amour paternel et puissant qu'il voue à sa fille au point qu'il ne peut se résoudre à en être séparé et qui le conduit au choix fatal.

On a déjà lu sur la thématique de la duplicité, de la double-identité, du rapt parental et pourtant Schroder se laisse lire sans aucun sentiment de déjà-vu.
Le narrateur est tour à tour père aimant, enfant allemand en fuite, amoureux tendre et jeune marié, orphelin de sa mère, homme pris au piège et rongé par le doute...
Au point que même si sa culpabilité est flagrante on n'a finalement peu à cœur de le condamner pour ses actes et que la séparation s'avère assez déchirante pour le lecteur.

Il ne s'agit toutefois pas de cautionner le rapt parental, loin de là, Erik Schroder le premier se reconnaît coupable même si ses intentions n'étaient pas véritablement préméditées. Il explique juste comment une après-midi de liberté volée s'est transformée en jours et en une aventure de moins en moins innocente.

Si j'ai été touchée par le récit de cet homme pris au jeu de ses propres mensonges et par son amour pour sa fille, j'ai cependant gardé un certain détachement envers le récit.
Pour un genre qui se veut "confession au fil de la plume" j'ai trouvé l'ensemble bien trop travaillé et littéraire, les références et commentaires en bas de page alourdissent la lecture, c'est dommage même si c'est là le seul véritable point négatif à mes yeux.

Au final c'est un roman assez triste, la fin de l'aventure est un crève-cœur et l'empathie que l'on ressent pour ce père à la fois menteur et kidnappeur est dérangeante mais bien menée.



Merci à Babelio et aux éditions Belfond pour cette lecture.

Amity Gaige, Schroder

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lundi 10 mars 2014

Dis-lui que je l'attends

Satoshi, bientôt trentenaire, est propriétaire d'une boutique de plantes aquatiques. Il peine à trouver le grand amour et reste hanté par le souvenir de ses deux amis d'enfance qu'il n'a pas revus depuis quinze ans. Un jour, une actrice et mannequin reconnue sonne à la porte : elle cherche un petit boulot et un toit pour la nuit. Satoshi est troublé : pourquoi cette jeune femme s'intéresse-t-elle à lui ? Et pourquoi ne la voit-il jamais dormir ? Quels secrets la belle peut-elle bien cacher ? Avec Takuji Ichikawa, les souvenirs remontent à la surface et viennent bouleverser le quotidien. Il dépeint des histoires d'amour et d'amitié avec humour et délicatesse dans ce roman poétique et plein de fantaisie.

J'ai un faible pour les romans asiatiques ce n'est pas nouveau, il y a quelque chose dans cette retenue émotionnelle, le sens du silence et la relation à la nature qui font écho chez moi, ça n'a pas manqué avec cette lecture.

Ajoutons qu'on y traite aussi de nostalgie et de l'enfance, d'une amitié profonde et touchante qui se déroule au fur et à mesure qu'avance le présent jusqu'à se fondre avec lui tout en douceur et naturel.
Ichikawa écrit bien, sans précipitation et sans fioriture, il faut juste s'adapter au départ à ses allers-retours dans le temps qui ne sont pas toujours évidents.
Ses personnages sont plein de charme, il réussi à leur donner une vraie consistance. Au point que arrivé au point tournant du récit, cette petite pointe de fantastique semble un moment incongrue (enfin j'ai eu cette sensation pour ma part !) mais le sentiment s'estompe assez vite au final.

Que vous dire de plus ? Comme souvent avec la littérature asiatique c'est plus une affaire de ressenti et d'apaisement qu'autre chose. C'est un roman apaisant dont on ressort comme d'un rêve léger et un peu étrange.
J'ai personnellement passé un bon moment parce que cette culture me parle, les lecteurs ayant apprécié Un cri au centre du monde de Katayama ou encore Murakami (notamment 1Q84) y trouveront leur compte !



Merci à Babelio et aux éditions Flammarion pour cette lecture !

Takuji Ichikawa, Dis-lui que je l'attends

***Cité dans l'article***
Un cri d'amour au centre du monde, Kyoichi Katayama
1Q84, Haruki Murakami

1Q84, Haruki Murakami

Dis-lui que je l\'attends par Takuji Ichikawa
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samedi 1 février 2014

La meute du Phénix, Tome 1

Incapable de se transformer en louve, Taryn Warner a toujours été méprisée par sa meute malgré son puissant don de guérison. Quand son père décide de l'unir de force à Roscoe Weston un Alpha violent et dominateur qui lui promet de la briser, Taryn refuse de se soumettre. C'est alors que Trey Coleman, dangereux Alpha connu pour sa sauvagerie, lui propose un marché : s'unir temporairement - à lui. Il y gagnerait une alliance et elle sa liberté. Mais faire semblant comporte aussi des risques. D'autant que leur attirance l'un pour l'autre semble hors de contrôle.

J'avais croisé quelques commentaires sympas sur cette nouvelle saga, le dernier Masse Critique de Babelio a été l'occasion de céder à la curiosité et celle-ci a été plus que heureuse au final !

Parce que je me suis littéralement régalée avec ce roman d'urban fantasy / romance, un peu comme lors de ma découverte de Mercy Thompson ou Charley Davidson.
Et pourtant ce n'était pas gagné, Briggs a placé la barre haute en ce qui concerne les loups-garous et je ne m'attendais au mieux à du déjà vu...

Il faut que reconnaître que sur cette part là Wright reprend beaucoup et innove peu. Elle amalgame pas mal de principes de bit-lit / urban fantasy pour en faire autre chose et ça fonctionne. Ce n'est pas là que réside le véritable intérêt du roman.
Là où elle brille c'est par ses personnages, et surtout Taryn. Mon dieu que j'ai adoré ce personnage, un coup de foudre ! Elle m'a fait rire comme rarement !

Honnêtement le monde fantastique est déjà vu, la romance n'invente rien ou presque et ce personnage sauve le roman pour en faire un coup de coeur.
Elle a un fort caractère, une répartie incroyable et un humour dévastateur. Je me suis régalée à lire les échanges (parfois même carrément vulgaires vous serez prévenu !) avec les autres personnages entre deux éclats de rire (d'ailleurs mon homme me regarde bizarrement depuis, rire en lisant mais quelle idée !).

Il y a également un bon rythme au niveau de l'intrigue mais c'est généralement le cas avec le genre qui ne s'expose pas véritablement aux lenteurs.
On a également le personnage masculin avec son caractère bourru qu'on apprend à apprécier au fur et à mesure de la lecture (même si vraiment des fois il mériterait bien quelques taquets derrière la tête façon Gibbs), et à eux deux ils effacent un peu les personnages secondaires. Ils sont présents et notamment la grand-mère, Tao et Dante mais en gravitation autour du couple qui occupe toute la scène.

En résumé j'ai adoré pour le personnage de Taryn qui est vraiment atypique et attachant. Pour le reste pas grand chose à signaler et peu de surprises.
Du coup je me demande si je lirai le suivant ; on change apparemment de personnages principaux même si on reste dans le même lieu et la même meute. J'ai peur qu'en se concentrant sur un autre personnage j'y perde mon intérêt...



Merci à Babelio et aux éditionsBragelonne (Milady) pour cette lecture !

Suzanne Wright, La meute du phénix, Tome 1 : Trey Coleman

mardi 5 novembre 2013

Cavale héroïque

En s'engageant sur un coup de tête à la Milice Française, Henri de la Roche n'avait pas imaginé combien ses futurs collègues étaient aussi violemment imbéciles et qu'il serait contraint de manger du cassoulet plusieurs fois par semaine. Sinon, le jeune esthète et idéaliste, à l'humanisme éloigné du national-socialisme, plus porté sur la diététique de Lord Byron que sur les recettes de Castelnaudary et de Toulouse, aurait accepté l'invitation de ses amis résistants à les rejoindre dans le maquis. D'autant que l'on ne déserte pas de la Milice à moins d'en assumer les lourdes conséquences. À commencer par être séparé de Françoise, sa jeune et douce fiancée qu'il n'aura de cesse de retrouver tout au long d'un long périple mouvementé qui conduira Henri, de Paris à Berlin, jusqu'à Buenos Aires devenu terre d'asile pour nazis en fuite. Une odyssée dans la quelle le jeune dilettante rencontrera, aux hasards de ses tribulations, des personnages aussi emblématiques de son époque mouvementée que Coco Chanel, Joseph Darnand, Elisabeth Lee Miller, Adolf Hitler, Eva Braun, Juan Perón et Evita.

J'aime assez les romans de ce genre, qui allie contexte historique, loufoqueries et situations absurdes ; c'est donc avec plaisir que je me suis portée volontaire pour cette édition spéciale de Masse Critique.

Et je ressors globalement satisfaite de cette lecture.
J'ai vraiment savouré le parcours de ce jeune homme et les rebondissements rocambolesques de ses frasques sur fond de Seconde Guerre Mondiale.
On croise toute une série de grands noms, un peu à la manière Du vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

Là où j'ai eu un peu plus de mal c'est avec le personnage principal, son côté dandy insouciant et plus esthète que militant a fini par m'agacer légèrement !
Ajoutons que la plume de Tran est très travaillée, on cherche le bon mot et bien souvent le jeu de mot. On tombe dans le trop plus d'une fois et ces effets alourdissent le texte par moment mais tout autant qu'on en sourit à d'autres toutefois ; l'ensemble laisse un sentiment de "mal dosé" et de surenchère.

Le contexte historique est quant à lui (toute loufoquerie à part) vraiment bien exploité, c'est riche et documenté, plus que sérieux et c'est très appréciable.

Le rythme de lecture est assez soutenu, peu de temps morts et on file de péripéties en péripéties sans souffler.
Le roman se lit donc vite et se referme sans regrets sur une conclusion assez évidente mais convaincante !

En résumé c'est un roman sympathique que nous livre Edmond Tran. Les lecteurs appréciant les romans loufoques et les fanas de la Seconde Guerre Mondiale y trouveront leur compte, si tant est qu'il surmonte les quelques lourdeurs de style qui parasitent un peu le récit par moment.



Merci à Babelio et aux éditions Stéphane Million pour cette lecture !

Edmond Tran, Cavale héroïque

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mardi 6 août 2013

Locke & Key Tome 3 : La couronne des ombres

Le romancier à succès Joe Hill et le dessinateur prodige Gabriel Rodriguez vous offrent la suite de leur envoûtante et crépusculaire saga !

Et si surmonter ses peurs était aussi simple que de tourner une clé dans une serrure ? Les Ténèbres se referment sur Keyhouse. Dodge poursuit son insatiable quête des mystérieuses clés de pouvoir et est prêt à tout pour les obtenir. Y compris à torturer ses anciens alliés et à assassiner ses ennemis.
Assiégés et isolés Bode, Tyler et Kinsey vont devoir mener seuls un combat désespéré pour leur survie.

Eisner Award 2011 du meilleur scénario.
Multinominé aux Eisner Awards en 2009, 2010 et 2011.

Avant de me concentrer sur ce troisième tome je vais vous parler plus généralement de cette saga puisque je ne l'avais pas encore évoqué ici.

Locke & Key c'est du très bon comics, celui qui allie à la fois qualité graphique et vrai scénario à l'image du duo d'auteurs derrière cette petite pépite.
La trame reflète une véritable ambiance, suspens et tension sont souvent palpables, on se surprend parfois à retenir son souffle le temps de quelques cases !

Au niveau du fond on a pour base un vieux secret familial, un inventeur un peu fou et un vieux manoir. Un petit côté steampunk avec cette histoire de clé qui n'est pas pour me déplaire (et puis j'adore les journaux de bord qui reprennent la liste des clés déjà vues en fin de tome).
L'intrigue se déroule de nos jours, dans cette même famille qui n'est pas au mieux de sa forme et où les trois enfants doivent pas mal se débrouiller seuls, c'est par eux également que resurgit cette vieille histoire des clés de pouvoir.

Ajoutons que Milady rend hommage à la saga avec une belle édition cartonnée et un papier très agréable, on est bien loin des comics format demi-magazine de mon époque qu'on gardait sous film tellement ils étaient fragiles !

Dans ce troisième tome plus particulièrement Dodge met la main sur la couronne des ombres et lance une attaque sur le manoir afin d'extorquer de nouvelles clés aux enfants Locke. J'ai adoré ce nouvel objet et sa mise en scène graphique, vraiment bien trouvé !
On a également une intrigue parallèle avec des jeunes enfermés et en péril dans une grotte angoissante et une madame Locke toujours aussi loque :p

C'est donc un sans faute pour cette saga, amateurs de fantastique / angoisse / steampunk vous ne pouvez pas passer à côté !
Ma seule déception : je trouve chaque épisode bien trop court !



Merci à Babelio et aux éditionsMilady (Graphics) pour cette lecture !

Joe Hill & Gabriel Rodriguez, Locke & Key, Tome 3 : La couronne des ombres

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