Perdre une Plume

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lundi 8 décembre 2014

L'Histoire des admirables Don Quichotte et Sancho Pança‏

Cette extraordinaire adaptation illustrée de Don Quichotte de la Manche, l’œuvre monumentale de Cervantès, propose les plus célèbres aventures du chevalier et de son fidèle écuyer, Sancho Pança. Relevant les défis les plus invraisemblables, le héros nous entraîne dans une série de combats aussi rocambolesques qu'illusoires !
Natacha Godeau, qui a soigneusement choisi les passages de l'oeuvre répartis en six chapitres, offre un texte adapté à une lecture dès 9 ans. Doré sur tranche, le livre est illustré par l'une des références d'Alzabane éditions, le dessinateur Jonathan Bousmar, sur la base d'un scénario de Jean-Sébastien Blanck.

Roman jeunesse choisi lors du dernier Masse Critique jeunesse pour deux motifs qui me tiennent à cœur : Don Quichotte occupe une place toute particulière dans mon cœur de lectrice et je m'intéresse beaucoup aux adaptations de classiques pour la jeunesse.

La première chose que je peux vous dire sur ce livre, c'est qu'avant même de l'ouvrir on est sous le charme : c'est un très bel objet avec un soin particulier pour le détail. Des livres comme on en fait malheureusement peu de nos jours : une belle reliure, une tranche dorée, un marque-page tissu, une couverture épaisse et illustrée...

Une fois ouvert le plaisir se prolonge, les illustrations qui peuvent d'abord paraître chargées sont vraiment travaillées et adaptées aux plus jeunes pour les accompagner dans leur lecture.
Au niveau du texte, je n'ai pas de critique à faire. L’œuvre est passablement allégée mais de manière intelligente et sans nuire à la cohérence du roman original ou le vulgariser infantilement ; c'est juste.
Et j'ai beau le connaître par cœur ou presque, j'ai pris plaisir à replonger avec nos deux héros pour un nouveau tour de piste en découvrant les illustrations à chaque page tournée.

D'après moi le "dès 9 ans" est adapté pour les jeunes lecteurs les plus aguerris, sinon je dirai plus à partir de 12 parce que c'est tout de même dense. Reste encore la piste du "lu par un parent" pour plus jeune encore mais il risque d'y avoir pas mal de mots à expliquer !

C'est donc un sans-faute, ou presque : c'est un très beau livre qui rend honneur au roman original en le mettant à portée des plus jeunes à travers une simplification honnête du texte et de magnifiques illustrations. Si je ne devais émettre qu'une critique ce serait au niveau du prologue qui présente les diverses adaptations existantes de l’œuvre et prêche un peu trop pour sa propre paroisse qui aurait pu être plus nuancée.

Merci à Babelio et aux éditions Alzabane pour cette lecture.



Miguel de Cervantes, L'Histoire des admirables Don Quichotte et Sancho Pança

mercredi 3 décembre 2014

Nexus

L'an 2040. Nexus est une nouvelle nano-molécule capable de relier les cerveaux entre eux. Alors que certains veulent l'exploiter, d'autres cherchent à l'anéantir. Kade, un jeune étudiant biologiste, voit dans cette drogue de nouvelles possibilités de communication et un immense progrès pour la société. À l'aide d'une poignée d'amis, il parvient à l'améliorer afin qu'il ne soit plus nécessaire de la consommer régulièrement pour en ressentir les effets. Mais les agences gouvernementales sont à leurs trousses… Sam, une espionne travaillant pour le compte de l'ERD (Emerging Risks Directory), les contraint à coopérer : Kade doit servir d'appât en intégrant l'équipe de Su-Yong Shu, une célèbre et géniale scientifique chinoise soupçonnée par l'ERD de travailler sur une technique lui permettant d'asservir les gens contre leur volonté. Dans un monde où se mêlent scientifiques chinois, moines bouddhistes et agents de la CIA, le jeune homme ne tardera pas à s'apercevoir que les enjeux sont bien plus importants qu'un simple trafic de stupéfiants…

Roman choisi lors de la dernière édition Fantastique / SF de Masse Critique, le quatrième de couverture m'avait alléché mais n'a finalement pas tenu ses promesses.

Malgré le fond original et prometteur l'intrigue et l'action n'ont pas su me convaincre et je me suis noyée sous tout le reste jusqu'à décrocher complètement..
Je n'ai pourtant pas de réels reproches à faire à ce roman ; c'est bien écrit, au final assez fluide, les personnages réussis bien que parfois peu originaux (entre le déjà-vu et le stéréotype pour certains)... C'est juste que le déroulement de l'intrigue passe souvent en second plan face à des réflexions et débats noyés sous un jargon informatico-scientifique souvent bien inutile ce qui entraîne immanquablement lourdeur et temps morts bien trop longs.


Bref l'ennui guette et a fini par ravir mon intérêt. Je suis pourtant lectrice de SF, peut-être pas une des plus férue mais je suis déjà rodée au genre, ce n'est donc pas uniquement une question de genre à mon sens.

Le roman a pourtant trouvé son public, et c'est tant mieux parce que je maintiens que l'idée de base est intéressante, certainement des lecteurs plus acharnés et patients que moi !

Merci à Babelio et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture.



Ramez Naam, Nexus

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jeudi 6 novembre 2014

Guide de survie en open-space

5 TRÈS BONNES RAISONS D'ACHETER CE LIVRE :

1. Vous travaillez en open-space : vous n'aimez pas ça, et vous voulez sentir que votre souffrance est partagée. Ce Guide est fait pour vous !
2. Vous travaillez en open-space : vous aimez ça, et vous voulez comprendre pourquoi vos voisins de bureau tirent la tronche. Ce Guide est fait pour vous !
3. Vous ne travaillez pas en open-space : vous voulez des listes détaillées prouvant que vous avez bien raison. Ce Guide est fait pour vous !
4. Vous allez travailler en open-space : vous avez besoin de savoir à quoi vous attendre. Ce Guide est fait pour vous !
5. Vous avez travaillé en open-space : vous élevez désormais des truites dans la Creuse. De temps à autre, vous vous demandez si c était le bon choix... (Oui). Ce Guide est fait pour vous !

Un petit guide de survie qui permet de rire un bon coup et surtout de dédramatiser les nuisances petites et grandes de l'open-space et plus généralement du monde du travail !

Façon Topito et donc dans la majorité des cas sous forme de liste, des cas typiques listés, des réponses types toutes faites et des astuces pour mieux vivre ce "travailler ensemble" imposé.
Alors bon c'est souvent stéréotypé, le trait souvent grossi, mais c'est aussi ça qui est drôle et mine de rien on retrouve pas mal de points communs avec des jobs antérieurs ou en cours voire avec des collègues.

Sans aller jusqu'à vraiment assurer votre survie, ce petit guide vous permettra tout du même de relativiser par l'humour pas mal de situations pesantes ou stressantes que peut créer l'environnement de travail. Ça vise juste, parfois moins, c'est un peu répétitif par moment mais on sourit et c'est déjà ça !

Merci à Babelio et aux éditions Leduc pour cette lecture.



Pétronille, Guide de survie en open-space

mardi 14 octobre 2014

Wave

"La mousse s'est transformée en vagues. Des vagues qui bondissaient par-dessus le récif, à l'autre bout de la plage. Ça n'était pas normal. La mer ne venait jamais aussi près. Les vagues ne se brisaient pas, elles ne s'affaissaient pas. Plus près. L'eau brune et grise. Brune ou grise. Des vagues par-dessus les conifères et qui se rapprochaient de notre chambre. Toutes ces vagues maintenant, chargeant, barattant. Soudain folles et furieuses. Soudain menaçantes. " Le matin du 26 décembre 2004, un tsunami frappe l'Océan indien. Sonali Deraniyagala, en vacances au Sri Lanka, son pays natal, en réchappe miraculeusement. Mais, de sa famille, elle est la seule. La vague lui a pris ses parents, son mari et ses deux petits garçons.

Wave raconte l'histoire de ce jour, où elle a tout perdu, et de tous ceux qui ont suivi. Les mois, les années lorsque l'insupportable déchirement du souvenir succède aux premiers moments d'horreur. La matière de ce livre, c'est la peine impalpable, indescriptible de la narratrice.
Sonali Deraniyagala réussit un récit poétique, sans concession et incroyablement digne sur comment survivre à l'inimaginable.

Une lecture qui prend vraiment aux tripes et qui aborde l'inimaginable. Honnêtement avant lecture on a beau savoir, se douter de l'horreur et de l'ampleur de ce type de catastrophe on est bien loin du compte !

C'est donc un roman-témoignage intime principalement sur le après, le souvenir et la survie. Plus que le récit d'une catastrophe c'est celui d'un deuil, extrêmement long et difficile, à l'exact opposé de cette catastrophe si rapide et expéditive.
La perte est brutale, intolérable et difficile à réaliser. L'auteure aborde tout (les souvenirs, les chutes, la culpabilité, le déni...) avec des mots justes et sincères, et si on cerne bien la peine d'une mère, ce n'est jamais parce qu'elle cherche l'apitoiement mais parce qu'elle tente de raconter l'indicible.

Le roman est construit autour des années qui passent et de cette peine qui change sans jamais disparaitre pour autant.
J'avoue que même pour le lecteur elle finit par devenir étouffante et qu'on a hâte d'arriver à la fin au bout d'un moment. Cette femme a continué à vivre tant bien que mal avec ses fantômes et on sait bien qu'il n'y aura jamais de total apaisement pour elle, l'espoir s'effrite peu à peu et donne envie de tourner le regard.
On termine donc avec soulagement ce roman difficile.

C'est un témoignage important mais que j'ai vraiment eu du mal à terminer, une vraie sensation d'étouffement au fur et à mesure de ma lecture.
Pourtant l'ensemble est bien écrit, très honnête aussi je pense, j'avais juste hâte d'en sortir.
J'ai aimé même si j'ai souffert, et j'en garderai un souvenir marquant c'est certain.

Merci à Babelio et aux éditions Kéro pour cette lecture.



Sonali Deraniyagala, Wave

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jeudi 21 août 2014

[BD]Sois gentil, tais-toi et dors

Un homme, une femme, un lit et toutes les répliques cultes qu’elle n’a jamais osé dire ! Ici les rôles sont inversés : Elle se lâche et Il entend tout ce qui Lui a été épargné jusqu’à maintenant. Simple, mais efficace, drôle et léger, cette petite BD donne de la voix à tout ce qu’Elle a refoulé très fort pendant toutes ces nuits à côté de Lui.

Si l'idée m'avait emballé par son côté drôle et piquant, le soufflé est retombé bien vite malheureusement...

Certes il y a quelques répliques amusantes, on a donc bien l'aspect "drôle" annoncé en résumé. Là où je suis moins d'accord c'est sur le "léger" parce que justement j'ai vite trouvé ça lourd !
Je m'attendais à de l'humour sur le couple et plus spécifiquement sur le sexe au sein du couple et au final ces piques (qu'elles visent juste ou non) attaquent un peu trop durement ces messieurs à mon goût, de manière répétitive et pas toujours très "légère", on frôle la méchanceté et la rancœur.

Au point qu'au bout d'un certain temps cet humour m'a mis mal à l'aise... Je ne suis pas anti-féminisme (étant une femme moi même je ne vois même pas comment ce serait possible) loin de là, seulement pour moi le sexe se fait à deux et si on peut en rire et en parler avec légèreté on ne peut pas pour autant charger ainsi un seul des partenaires.

L'humour vire à l'aigreur selon mon ressenti. Dommage !

Merci à Babelio et aux éditions Blandine LACOUR pour cette lecture.



Blan & Galou, Sois gentil, tais-toi et dors

jeudi 3 juillet 2014

Le mariage des enfants

Il comprit très vite que ça allait mal tourner.
Que le mariage de son fils allait lui coûter cher, très cher.
Beaucoup trop cher pour ses revenus, pourtant confortables.
Alors, pour ne pas déchoir, il dut inventer quelques entourloupes -trois précisément-, manière de financer château, champagne et autres ruineuses excentricités.
Rien d'illégal dans ces escroqueries. Rien de moral non plus. Et sa vie en fut changée.

Un roman d'actualité en ce qui me concerne qui m'a donc naturellement fait de l’œil lors du dernier masse critique !

Et une chronique qui va être pleine de "si" je le sens... Parce que ce roman bien que plaisant et vite lu a tout de même un goût de dommage.
A lire le quatrième de couv' on s'attend tout de même à une trame autour du mariage façon comédie et on en est loin.

Oubliés les mariés, vous les verrez à peine, façon XIXème quand les parents bourgeois prenaient tout en charge sans même les consulter.
Occultés les fameuses combines, à profit d'une rivalité entre les deux pères qui prend le dessus sur tout le reste, on en frôlerait la paranoïa...

Et je crois que c'est ce qui m'a le plus agacé avec ce roman, ce combat de coq fantasmé façon "qui de nous deux aura le plus chéquier ?" bien mal déguisé sous des sourires courtois et les ronds de jambes bourgeois.
Le vice est poussé jusqu'au cliché, mal jaugé et ce qui aurait pu être un à côté de la comédie en cours prend le premier rôle. Pour le coup on est presque soulagé que le roman soit si court, finalement !

Et ces fameuses combines sont bien fades, vites expédiées alors que la matière était pourtant là (et là on peut commencer à caser tous les fameux "si"), le protagoniste a de la ressource il faut le reconnaître.
J'ai apprécié notamment son évolution au milieu des cercles littéraires et le côté coulisse de son prix littéraire qui m'a fait sourire, son admiration pour Balzac l'homme autant que l'auteur.

Il y a donc bien évidemment des points positifs, ajoutons que c'est bien écrit en passant, qui rendent cette lecture plaisante malgré la déception sous-jacente.
A mon sens l'auteur est passé à côté de sa promesse pour finalement livrer autre chose d'un peu moins satisfaisant.

Merci à Babelio et aux éditions Fayard pour cette lecture.



Michel Richard, Le mariage des enfants

vendredi 20 juin 2014

Je suis une vraie fille

Pour assumer d'être une vraie fille, ou comment rire de nos petites plantades du quotidien !

Pour Marion Malabre, parler de mode, c'est son boulot, car dans la vie, elle est styliste. Mais parler des histoires de coeur, c'est son dada ! Et c'est sur son blog qu'elle le fait, depuis plus de 2 ans. En effet, "Je suis une vraie fille" illustre les aventures d une trentenaire un peu looseuse à la recherche de l'amour (ou au moins d'un mec bien...)

Parler avec ironie des mauvaises rencontres, des galères sentimentales, des excès en tous genres, mais surtout les assumer c'est ça, être une vraie fille !

Mises en dessin par la talentueuse Lulu In the Sky, ces scènes tragi-comiques du quotidien nous font hurler de rire !

"Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnages ou des situations ayant existé ne saurait être que fortuite".

Quoique...

J'ai été un peu déroutée par cette BD je dois le reconnaître. Je m'attendais à des scénettes sur une page, ou en quelques cases sur la vie quotidienne de cette "vraie fille" et en fait le format est bien différent.
Dans les faits un dessin pleine page légendée en "Quand on sort en boîte entre filles", "Quand on apprend qu'une copine est enceinte" etc

Le tout avec humour bien évidemment. Parfois ça vise très juste, l'effet n'en est que plus marqué, parfois un peu moins mais c'est dans tous les cas très rapide et on arrive bien trop vite à la fin.
Pour ma part j'ai du m'offrir une seconde lecture de suite pour affermir mon avis et perdre ce sentiment de survol.

Ce que je regrette un peu c'est que les dessins sont vraiment tops, j'aurai apprécié pour le coup d'avoir quelques cases de plus par page pour plus en profiter. De même les idées de situation sont drôles et bien trouvées, là encore j'aurai apprécié qu'elles soient plus développées.

Au final j'ai passé un bon moment, pas au point "d'hurler de rire" mais de sourire c'est certain, j'ai été sensible à l'humour et au trait de Lulu mais je garde ce sentiment de survol et de célérité qui rend cette lecture bien éphémère !

Merci à Babelio et aux éditions Jungle pour cette lecture.



Marion Malabre, Je suis une vraie fille

lundi 16 juin 2014

Le testament de Jessie Lamb

Jessie Lamb a seize ans, des parents qui passent leur temps à se disputer, une tante célibataire déjantée, des amis, des flirts, des rêves. Une adolescente normale, en somme. Sauf qu’elle n’évolue pas dans un monde « normal ». Depuis que des bioterroristes ont propagé le virus du SMM, les femmes enceintes meurent toutes en couche. Par conséquent, l’humanité est menacée d’extinction. Alors que tout son univers familier et rassurant s’effrite, Jessie, qui jusque-là ne se sentait que très peu concernée par les problèmes du monde, prend conscience de son pouvoir de changer le cours de l’histoire. Allant à l’encontre de l’avis de ses parents, elle se porte volontaire pour devenir une « Sleeping Beauty », comme on surnomme celles qui acceptent de se sacrifier pour donner la vie en participant à un programme scientifique.

Je m'attendais un autre roman jeunesse / YA dystopique (avec un pitch alléchant tout de même) et finalement même si il y a de ça sur la toile de fond, on touche à autre chose avec ce roman.

J'y ai lu surtout toute la réflexion et le cheminement d'une ado sur le monde qui l'entoure, sa révolte, son désir d'action et l'envie de donner un sens à sa vie... L'ensemble est vraiment approfondi, car ce testament /confession reprend dès les premiers pas la voie qui a conduit Jessie jusqu'à sa résolution finale : le désir de protestation, l'inquiétude pour l'avenir, les groupes de réflexion et les manifestations, les actions collectives et leurs lenteurs, la difficulté d'obtenir un consensus et de passer à l'action de manière collective ce qui la pousse finalement à l'action individuelle.

Au vu du résumé je m'attendais plus à un récit actif qu'à une telle réflexion et je dois dire que je n'en suis pas mécontente au final.
Le seul point dommageable c'est que le récit présente des lenteurs, la jeune femme se livre alors qu'elle est prisonnière et sa confession s'étale, parfois un peu trop, entrecoupée de son quotidien répétitif lié à l'enfermement.
Son isolement la pousse aussi parfois à se remémorer des scènes qui sortent de son récit, ce qui apporte par moment un peu de confusion.

Dans l'ensemble j'ai aimé ce monde privé d'enfant, privé d'avenir et le récit du long cheminement de cette ado que le désir d'agir prend progressivement aux tripes.
A noter tout de même que le récit est bien plus lent et bien moins rythmé par rapports aux autres dystopies jeunesses habituelles.

Merci à Babelio et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture.



Jane Rogers, Le Testament de Jessie Lamb

samedi 12 avril 2014

Vieux, râleur et suicidaire : la vie selon Ove

« Ove et le chat se sont rencontrés un matin à six heures moins cinq. Le chat a détesté Ove sur-le-champ. Le sentiment était plus que réciproque »

Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Mais depuis qu'il est sans travail, il se sent seul et inutile. Il erre dans sa maison, fait des rondes de quartier pour relever les infractions des habitants. Jusqu'au jour où, las de cette routine, il décide d'en finir. Corde au cou, debout dans le salon, il est prêt à passer à l'acte...
C'est sans compter l'arrivée de nouveaux voisins et d'un chat abandonné. Interrompant involontairement ses tentatives de suicide, ceux-ci vont peu à peu pousser Ove dans ses derniers retranchements et le ramener à la vie !
Tel un chat de gouttière amoché et craintif, à la fois drôle et touchant, Ove réveille l'instinct protecteur qui sommeille en chacun de nous. Mais attention, il griffe !

Avec un quatrième de couverture aussi alléchant je ne pouvais que succomber... Je crois que je deviens comme Perceval : moi aussi j'ai un faible pour les vieux :)

Et si on conjugue histoire de vieux avec écrivain suédois (ça ne vous rappelle pas quelque chose ?), le cocktail est juste jubilatoire !
On n'a pourtant là rien de bien extraordinaire : un vieux dans un lotissement qui râle et enquiquine tout le monde... Et c'est justement cet ordinaire là que Backman va sublimer pour finalement en faire une histoire riche en détails de la vie de tous les jours, d'anecdotes et de fous rires.

A l'inverse du chat j'ai adoré Ove très rapidement (le chat aussi d'ailleurs m'a conquis), le côté bourru et habile de ses mains avec un avis tranché sur tout mais fondamentalement gentil si on gratte un peu m'a rappelé un proche (exactement le même et je suis sûre que ça arrivera à d'autres lecteurs !).
Partant de là on connait peu son histoire, seules ses mauvaises habitudes et râleries sont mises en avant. C'est peu à peu que le voile se lève, c'est assez subtil par moment, les détails toujours les détails, et moins à d'autres lors de vrais retours en arrière narratif.
Au final cette construction est efficace et agréable. Les récits au passé sont touchants et loin de venir alourdir la narration l'enrichissent considérablement.

Le ton aide aussi. L'humour est le vrai fil conducteur du roman ; c'est léger souvent, déjanté parfois, on se moque à tour de bras....
Bien évidemment la vieillesse ce n'est pas toujours amusant, il y a aussi la solitude, l'incompréhension d'un monde qui change etc... mais jamais Backman ne fait dans le larmoyant, c'est juste bien dosé.

On a également foule de personnage, j'ai envie de dire tous aussi timbrés les uns que les autres mais ce serait faux en un sens, disons juste qu'ils sont entiers, atypiques et assument cette petite graine de folie qu'on a tous...

Que vous dire de plus ? Je me suis juste régalée avec ce roman et je suivrai ce Backman de près.



Merci à Babelio et aux éditions Les Presses de la cité pour cette lecture.

Fredrik Backman, Vieux, râleur et suicidaire

lundi 31 mars 2014

Schroder

Erik Schroder attend de passer en jugement. Conseillé par son avocat, il se décide à coucher sur le papier une confession, pour Laura, son ex-femme, pour les jurés, pour lui-même. Et les souvenirs affluent… Son arrivée en Amérique à cinq ans, seul avec son père, et sa décision de laisser pour toujours le passé derrière lui. Son mariage avec Laura, la naissance de Meadow, puis la séparation et la lutte pour obtenir un droit de garde. Et cette journée au lac entre père et fille, moment privilégié tant attendu et vite transformé en escapade innocente, pour grappiller quelques heures, quelques jours. Dire enfin à Meadow qui est son père, et qui elle est, elle. Mais quel est ce secret que Schroder a caché à sa propre fille ? Qui est-il véritablement et comment a-t-il pu commettre pareille folie ?

Un roman confession assez touchant où le narrateur se dévoile peu à peu au fil de son mea culpa...

C'est donc le récit d'un homme qui cherche à comprendre son erreur, un récit empreint de regret au sujet d'un mariage raté, d'un amour perdu et d'une séparation douloureuse avec son enfant.
On comprend assez vite que sa propre enfance est en jeu et qu'un secret enfoui le ronge, que cet ensemble est au cœur même de l'amour paternel et puissant qu'il voue à sa fille au point qu'il ne peut se résoudre à en être séparé et qui le conduit au choix fatal.

On a déjà lu sur la thématique de la duplicité, de la double-identité, du rapt parental et pourtant Schroder se laisse lire sans aucun sentiment de déjà-vu.
Le narrateur est tour à tour père aimant, enfant allemand en fuite, amoureux tendre et jeune marié, orphelin de sa mère, homme pris au piège et rongé par le doute...
Au point que même si sa culpabilité est flagrante on n'a finalement peu à cœur de le condamner pour ses actes et que la séparation s'avère assez déchirante pour le lecteur.

Il ne s'agit toutefois pas de cautionner le rapt parental, loin de là, Erik Schroder le premier se reconnaît coupable même si ses intentions n'étaient pas véritablement préméditées. Il explique juste comment une après-midi de liberté volée s'est transformée en jours et en une aventure de moins en moins innocente.

Si j'ai été touchée par le récit de cet homme pris au jeu de ses propres mensonges et par son amour pour sa fille, j'ai cependant gardé un certain détachement envers le récit.
Pour un genre qui se veut "confession au fil de la plume" j'ai trouvé l'ensemble bien trop travaillé et littéraire, les références et commentaires en bas de page alourdissent la lecture, c'est dommage même si c'est là le seul véritable point négatif à mes yeux.

Au final c'est un roman assez triste, la fin de l'aventure est un crève-cœur et l'empathie que l'on ressent pour ce père à la fois menteur et kidnappeur est dérangeante mais bien menée.



Merci à Babelio et aux éditions Belfond pour cette lecture.

Amity Gaige, Schroder

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