Perdre une Plume

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mercredi 5 juin 2013

[BD]Elric Tome 1 : Le trône de rubis

Empereur de l’antique île aux Dragons de Melniboné, Elric, albinos et malade, règne sur un peuple plurimillénaire à la puissance héritée des dieux. Mais sa santé fragile l’oblige à user de drogues et de magie pour survivre. Son cousin Yyrkoon, qui méprise ces faiblesses, tente de remettre en cause sa légitimité à posséder le trône de rubis. Apprenant qu’une attaque de pirates sanguinaires se prépare, Elric saisit l’occasion pour tenter de restaurer son autorité. Il va révéler ainsi une personnalité complexe, mais aussi son allégeance aux sombres desseins d’Arioch, le plus puissant des Seigneurs du Chaos…

Découvrez l’adaptation en bande dessinée de la célèbre saga d’Elric de Melniboné ! Né sous la plume du Britannique Michael Moorcock en 1955, cet antihéros décadent empreint d’un romantisme tragique – alors rare dans l’heroic-fantasy – est aujourd’hui une référence incontournable du genre aux côtés de Conan le Barbare et du Seigneur des anneaux. La saga d’Elric a été depuis plus de cinquante ans déclinée à de multiples occasions en littérature, bande dessinée (pour la première fois par Philippe Druillet en 1969 !), comics, jeux vidéo, jeux de rôle… Épique, gothique, démesurée, ensorcelante, cette nouvelle adaptation 100 % française, somptueusement mise en images par Didier Poli et Robin Recht, a reçu l’approbation enthousiaste de Michael Moorcock lui-même et est déjà vendue dans les pays anglo-saxons avant même d’avoir été publiée dans l’Hexagon.

Elric fait partie de ces héros quasi mythique de la littérature fantasy, je ne m'étais pas encore attaqué à Moorcock malgré la récente réédition préférant terminer mes gros cycles en cours (Drizzt la légende de Salvatore notamment).
C'est donc avec plaisir que j'ai fait connaissance en mode graphique avec ce héros intriguant !

Qu'en dire au final ?
L'album en soi déjà est un très bel objet, et quand on parle bédé ce n'est pas rien. On sent le travail respectueux et de qualité, le sens du détail, l'hommage rendu.
La bédé offre donc de belles pages, aux dimensions imposantes. On est au large dans les cases qui laissent place aux détails et aux plans larges avec un bon rendu.

Ajoutons que cette première édition se referme sur un portfolio en supplément, les auteurs nous livrent leurs essais et travaux de recherche autour des personnages et décors ; très enrichissant !

Au niveau de l'intrigue, ce premier tome est plus une mise en bouche. On découvre l'univers et les personnages, leurs interactions. Elric au centre bien sûr mais aussi sa femme (soutien dans l'ombre et personnage fort que j'ai beaucoup apprécié) et le méchant cousin (uhuh).
J'ai souvent pensé à Drizzt au cours de cette lecture : le peuple d'Elric et ses coutumes sont rudes, décadentes sans aucune place pour la pitié ou les faibles, et pour le côté anti-héros du personnage principal qui colle peu avec l'univers et est en dehors de la norme.
L'intrigue n'a toutefois pas grand chose en commun mais si vous avez aimé le personnage de Salvatore je vous le conseille d'autant plus.

L'aspect fantastique s'amorce arrivé en fin de volume avec l'entrée en scène d'un démon, on a certes eu un léger aperçu de la magie d'Elric en milieu de tome mais là c'est plus spectaculaire et donne envie de connaître la suite !

En résumé c'est un très bel objet que cette adaptation française d'Elric, ce premier tome est impeccable d'un point de vue graphisme.
C'est un peu plus léger au niveau du contenu, on arrive vite au bout sans avoir eu grand chose à se mettre sous la dent, j'aurai apprécié un peu plus de fond ou alors quelques pages de plus ? On reste un peu trop dans l'introduction à mon goût, dommage !
En tout cas maintenant que c'est fait j'attendrai davantage du prochain tome :)



Merci à Babelio et aux éditions Glénat pour cette lecture !

Julien Blondel & Didier Poli & Co, Elric tome 1



vendredi 12 avril 2013

L'étoile et la vieille

D'un côté, une étoile de la variété française, qui brille encore à chacune de ses apparitions, malgré les années et les nouvelles musiques qui l'ont ringardisée.
De l'autre, un « metteur » du théâtre savant, à mille lieux de l'univers populaire de l'étoile.
Aucune chance que ces deux-là se rencontrent, et pourtant...
« L’étoile et la vieille », c’est l’histoire des dernières répétitions d’une artiste, d’une star très célèbre qui ne sait pas qu’elle ne brille plus. Mais comme toutes les étoiles, elle va s’éteindre, dans une explosion.
Un artiste meurt toujours une première fois avant de mourir physiquement.

Avec « L’étoile et la vieille » Michel Rostain a magnifiquement transformé l’essai de son premier roman. Il nous offre là un texte subtil, magnifique sur la vieillesse, la gloire, l’obstination à durer, porté par une plume littéraire, érudite, vivante.

Il est vraiment difficile pour moi de rédiger cette chronique, je me suis noyée en cours de route avec ce roman.

La première partie de mise en place est plus que lente, on s'ennuie un peu et surgit aussi un aparté assez étrange de l'auteur pour lequel le moment m'a semblé maladroit, presque inopportun !
Généralement quand on commence comme ça c'est déjà mauvais signe, mais il m'est arrivé souvent de revenir sur cette première sensation de lecture par la suite...

Je ne me suis pas ennuyée tout du long, soyons honnête. Ça s'améliore ensuite, on a même une certaine tension qui nait et qui permet de tenir bon.
Ce qui m'a véritablement perdue c'est le style. Personnellement j'ai été noyée sous les digressions et extrapolations du metteur en scène, j'ai vraiment du lutter pour m'accrocher au récit et tenir le cap mais je me suis lassée de fournir tant d'efforts pour peu de récompense.
Il y a toutefois de jolis mots par moment, une phrase surgit comme une étoile filante et elle laisse un goût de trop peu...

Ajoutons que le fond lui non plus ne m'a pas vraiment convaincu. Je n'ai pas adhéré à ce coup du cœur violent et improbable du metteur en scène pour la star désuète, Odette ne m'a pas touché plus que ça.

Plus qu'un véritable désamour c'est donc un rendez-vous raté pour moi que ce L'étoile et la vieille.
Nombre de lecteurs lui ont trouvé du charme et une musicalité agréable, dommage que je me sois laissée parasiter par la forme alors !



Merci à Babelio et aux éditions Kero pour cette lecture !

Michel Rostain, L'étoile et la vieille

mercredi 27 février 2013

80 Notes de jaune

Enfermée dans une relation peu épanouissante, Summer trouve refuge dans la musique et joue Les Quatre Saisons de Vivaldi dans le métro londonien. Lorsque son violon est détruit, la jeune femme reçoit une offre étonnante: Dominik, séduisant professeur d’université à la sensualité débordante, se propose de lui offrir un nouveau violon en échange d’un concert privé. C’est le début d’une relation tumultueuse, placée sous le signe de la soumission. Summer a tôt fait de découvrir de nouvelles formes de plaisir…

Un roman au titre évocateur (et sûrement aussi un peu moqueur) qui ramène la saga Fifty Shades à ce qu'elle est : une romance érotique très soft.
Clairement avec ce 80 Notes de jaune c'est bien plus débridé, on aborde les fantasmes et le plaisir sexuel sans tabou et surtout sans enrobage mielleux ou métaphore, sans fioriture et de manière assez abrupte.

Clairement, je me lasse de cette vague porno-érotique pour femme. C'était amusant au départ, assez sain même dans la démarche mais j'ai l'impression que cette marketisation à outrance pousse un peu à la surenchère ; c'est à qui fera le plus torride, le plus choquant, le plus original, le plus mal écrit, le plus de pratiques diverses... 80 Notes de jaune franchit donc encore un palier dans cette surenchère, ajoutant du bon et du moins bon au genre.

On ne pourra pas reprocher à Vina Jackson (ou tout du moins aux deux auteurs cachés sous le pseudo) de jouer sur les mots, une bite est une bite point. On échappe donc aux ridicules phrases alambiquées qui tournent autour du pot et qui veulent jouer de poésie déplacée comme c'est bien souvent le cas dans ce genre de roman.
En même temps cette écriture qui va droit au but donne un aspect plus dur et aussi bien moins romantique au roman.

Il faut dire que 80 Notes de jaune fait peu dans le sentiment, on est plus dans le désir, l'anticipation et le fantasme que dans l'émotion.
La plupart des scènes de sexe en sont d'ailleurs totalement dépourvues et je dirai même que c'est tant mieux parce que sinon ça ferait désordre aux vues des pratiques évoquées. Parce qu'on parle bien ici de véritable soumission, celle bien au-delà du jeu, et aussi dans ce qu'elle peut avoir de terrible aux yeux d'un non-initié.

La narration elle aussi a opté pour un autre mode, on alterne à chaque chapitre entre les voix de Summer et de Dominik. Je dois dire que c'est plus que plaisant d'avoir pour une fois le point de vue d'un homme, ses désirs et sa façon d'appréhender les choses. Gros plus à mes yeux !

Cependant bien que je m'incline devant l'intelligence de traitement du sujet BDSM et devant la qualité d'écriture je n'ai pas pris plaisir à lire ce roman (et ce sans jeu de mot mal placé !).
J'ai souvent pensé à Despentes en cours de lecture ; lors de ces descriptions rudes et presque chirurgicales, à travers ce regard détaché et viril qui quelque part met les choses à nu mais sous une lumière crue qui en même temps les dégrade et leur fait perdre toute beauté ou sensualité... C'est assez difficile à expliquer au final. Disons que je ne lis pas ce genre de roman dans ce but, je m'attends avant tout à une histoire et que là par moment je l'ai perdu de vue entre deux amas de chair orgiaques et cette fille un peu paumée au milieu qui se laisse avilir parce qu'elle aime ça.
Âmes sensibles et jeunes vierges effarouchées s'abstenir !

En résumé 80 Notes de jaune traite avec honnêteté et sans fioritures des pratiques BDSM jusque dans leurs aspects les plus rudes. L'ensemble est servi par une écriture efficace quoique parfois très crue et une narration à double voix qui alterne entre les deux protagonistes, féminin et masculin, ce qui est plus qu'appréciable.
Toutefois le récit est vraiment rude et ne m'a pas apporté ce que je peux attendre d'une romance (qu'elle soit érotique ou non) ; bien qu'il y ait de l'empathie (je me suis inquiétée plus d'une fois pour Summer) et que je me sois prise au récit au départ, le détachement des personnages tout comme les choix narratifs m'ont moi aussi fait prendre du recul vis à vis de ma lecture au fur et à mesure de la déchéance de l'héroïne.
Bilan final j'ai eu hâte d'en finir et je ne me suis pas évadée avec ce roman. Je passe mon tour sur cette saga !



Merci à Babelioet aux éditions Milady pour cette lecture !

Vina Jackson, 80 Notes de jaune

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lundi 25 février 2013

Saratoga Woods

Découvrez Becca King, la nouvelle héroïne d’Elizabeth George !

Depuis toute petite, Hannah Armstrong entend des murmures. Ils sont en fait des bribes de pensées des gens se tenant près d’elle. Un jour, elle surprend le monologue intérieur de son beau-père et comprend qu’il vient d’assassiner son associé. Dès lors, sa mère, Laurel, la pousse à fuir. Elle l’envoie sous la nouvelle identité de Rebecca Dolores King sur l’île de Whitbey, où une vieille amie doit la recueillir.

Mais, quand elle arrive, l’amie en question est morte et le téléphone portable de Becca, son seul lien avec sa mère, ne passe nulle part. Plus seule que jamais, Becca fait pourtant des rencontres décisives : Seth, garçon à la mauvaise réputation, Debbie, gérante d’un motel décrépi, et Derric, star de son nouveau lycée, qui la prend sous son aile. Alors que Becca pense être à l’abri, la jeune fille comprend que ses nouveaux « amis » lui cachent des choses et que cette île n’a rien de paisible...

Je découvre Elizabeth George avec ce premier tome de sa nouvelle saga plus orientée jeunesse semble-t-il que ce dont elle a l'habitude.

Je ne suis pas une grande spécialiste du thriller mais mêlé à des aspects fantastiques je suis assez fan (pour l'exemple je m'étais régalée avec Harper Connelly).
Ici c'est bien dosé, on a à la fois une intrigue de fond au sujet de Hannah qui doit même changer d'identité, ses capacités psychiques pour la part fantastique et enfin une intrigue de tome qui se déroule sur l'île.

Pour autant le rythme et l'intérêt sont assez inégaux et c'est le seul véritable point qui m'ait dérangé.
L'héroïne Becca et sa capacité à entendre les pensées des gens est vraiment intéressante et on n'a pas de sensation de déjà vu, George s'en sort bien.
De même son arrivée sur l'île et sa rencontre avec les divers habitants sont assez prenants et on plonge vite dans l'ambiance.
Étrangement c'est l'amorce de l'intrigue de tome qui amène les premières lenteurs...

J'ai trouvé qu'au final le don de Becca est peu exploité et que l'enquête en soit n'était pas très prenante (quand l'héroïne passe son temps à se cacher en même temps c'est un peu normal !) et qu'on n'en apprend finalement assez peu sur les fameux secrets des habitants de l'île.
A l'inverse j'ai vraiment apprécié l'ambiance île où tout le monde se connait et la nature très présente. Et le vrai point positif c'est la relation entre Becca et Derric que j'ai trouvé touchante et émouvante.

Arrivée en fin de tome j'étais assez bluffée : le tome s'achève sans que la trame de fond soit résolue ou relancée, Hannah est toujours Becca et on ne sait pas pour combien de temps ni même où est sa mère... En regardant sur le net j'ai été rassurée de voir qu'il ne s'agissait que d'un premier tome mais tout de même j'aurai aimé une petite avancée, une petite révélation, enfin quelque chose quoi ! Là on dirait presque que Becca ne s'en soucie plus, c'est assez étrange.

En résumé il y a du bon et du moins bon dans ce premier tome de la saga Becca King qu'amorce Elizabeth George. Moi qui ne suis pas une grande amatrice de thriller la touche fantastique m'a gagné au récit. Les personnages sont plaisants et réussis, tout comme l'ambiance.
L'intrigue de fond est tout juste amorcée et n'avance pas dans ce tome de mise en place, celle intrinsèque au tome est assez moyenne et connait des problèmes de rythme.
Ce n'est donc pas un coup de cœur ni même un véritable page-turner quoiqu'on passe un moment plaisant. Avec un premier tome il est toujours difficile de jauger de la saga, à la lecture de celui-ci je ne peux vraiment pas en présumer, j'attends donc le second tome pour me faire un avis plus net !



Merci à Babelio et aux éditions Les Presses de la Cité pour cette lecture !

Elizabeth George, Saratoga Woods

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samedi 5 janvier 2013

Pizza Roadtrip

Quand Rudy appelle son "vieux pote" Romuald à 2 heures du matin pour un "petit service", ce dernier sent immédiatement qu'il va s'agir d'un truc un tout petit peu plus emmerdant qu'une fuite d'eau à réparer ou un pneu à changer. Il n'a pas tort ! Le voilà embarqué malgré lui dans une course un peu particulière à travers les routes de France, jusqu'au fin fond du trou du cul du monde, pour livrer un paquet un peu plus encombrant qu'une pizza. Jusqu'où est-on prêt à aller pour rendre service à un ami ?

Tout le monde ou presque connait Eldiablo pour sa participation aux Lascars, Cha peut-être un peu moins mais il me semble vous avoir parlé il y a quelques années de son blog BD (ahaha même qu'en cherchant bien on retrouve, l'article est et date de 2009 déjà !).
J'étais vraiment très curieuse de voir le travail de ce duo quand j'ai découvert qu'il avait fait un album ensemble lors du dernier Masse Critique BD de Babelio.

Qu'en dire au final... C'est une vraie alliance de talents. On retrouve l'ambiance et les anecdotes "racailles" de Eldiablo et le trait si reconnaissable de Cha qui vaut vraiment le détour (avec mention spéciale pour ses jeux de colorisation que j'ai beaucoup apprécié).
L'ensemble est à la fois sombre et drôle, grinçant même par moment que ce soit du fait des situations ou des répliques avec un petit côté déjà vu parfois mais bien pardonnable.

Plus que la mise en avant d'une amitié bancale c'est le personnage de Mathilde qui m'a le plus marqué, une petite amie grande gueule sûre d'elle et aucunement victime qui gère la galère avec recul, une fille qui en a quoi ! Au point qu'elle en devient même un peu flippante pour tout dire :p

J'ai donc apprécié la découverte de ce duo et cette bédé qui somme toute se lit très rapidement, ce n'est pas vraiment humoristique même si c'est drôle par moment, l'ensemble est globalement assez sombre mais pas déplaisant et vaut la peine qu'on s'y attarde.



Merci à Babelio/ et aux éditions Ankama pour cette lecture !

Cha & Eldiablo, Pizza Roadtrip

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mercredi 5 décembre 2012

Le cirque des rêves

« Le cirque arrive sans crier gare. Aucune annonce ne précède sa venue, aucune affiche sur les réverbères, aucune publicité dans les journaux. Il est simplement là, alors qu’hier il ne l’était pas. »
Sous les chapiteaux rayés de noir et de blanc, c’est une expérience unique, une fête pour les sens où chaque visiteur peut se perdre avec délice dans un dédale de nuages, flâner dans un luxuriant jardin de glace, s’émerveiller de la souplesse de la contorsionniste au tatouage et se laisser enivrer par les effluves de caramel et de cannelle qui flottent dans l’air. Bienvenue au Cirque des Rêves.

Cependant, derrière la fumée et les miroirs, la compétition fait rage.Deux jeunes illusionnistes, Celia et Marco, s’affrontent, rivalisant d’audace et d’imagination, dans une sorte de combat magique, pour lequel ils sont entraînés depuis l’enfance par leurs étranges et lunatiques professeurs. Mais chacun ignore qu’il risque ainsi sa vie… Or, Celia et Marco s’aiment, et la compétition devient alors une merveilleuse collaboration. Sans connaître l’issue fatale du jeu, ils cèdent à leurs sentiments. Leur amour profond, passionné et envoûtant va ébranler tout leur univers et la vie de tous ceux qui les entourent…

À la fois magique et séduisant, le Cirque des Rêves est une ensorcelante et universelle histoire d’amour.

On est un peu désorienté en commençant ce roman... L'objet est magnifique, sa couverture déjà et sa tranche d'un rouge envoutant suscitent une belle gourmandise lorsqu'on l'ouvre pour la première fois.
Pourtant Morgenstern prend son temps, quit à laisser quelque peu son lecteur dans le flou dans les premiers chapitres, déroutant donc.
Finalement ce n'est là qu'une part du processus menant à une ambiance envoutante et presque palpable, bienvenue au club des rêveurs !

Comme beaucoup de roman riche et hors du commun, il faut fournir ici aussi un effort de lecture au premier abord ; pas d'unité de temps, d'espace et des personnages multiples... Si on ne se laisse pas rebuter par cette première confrontation (et en contrepartie la curiosité est forte) on se laisse finalement porter par le roman et sa féérie jusqu'aux dernières pages.

Que vous dire de plus, j'ai adoré. Moins que ce que j'aurai pensé mais adoré tout de même et avec surprise, d'une manière différente de ce à quoi je m'attendais.
Il y a un quelque chose qui erre entre romantisme et steampunk que j'ai tout simplement adoré. Cette Angleterre de fin XIX début XXème qui s'industrialise et où la technique qui se développe est encore bien souvent confondue avec magie et mysticisme, Morgenstern la reprend à son compte en y introduisant de manière dissimulée de la vraie magie et nous met des étoiles dans les yeux.

C'est aussi l'histoire d'un cirque itinérant de la belle époque où l'on vit comme dans une grande famille et qui créé l'évènement dans chaque ville étape où il s'installe sans prévenir.
C'est le mystérieux mis en scène pour éblouir et divertir, un lieu où on aimerait soi-même déambuler de chapiteau en chapiteau.

C'est surtout l'histoire de deux illusionnistes, manipulés depuis l'enfance pour s'affronter mais dont le destin va basculer...

Ce roman m'a touché, il est plein de poésie, d'imagination et de féerie. Je ne pense pas pour autant qu'il soit universel et je comprend qu'il puisse ennuyer aussi. C'est toutefois une expérience de lecture à tenter et à partager, parce que si elle vous gagnet vous redeviendrez enfant pendant quelques heures, croirez à la magie pendant quelques pages et le refermerez avec le sourire...



Merci à Babelio et aux éditions Flammarion pour cette lecture !

Erin Morgenstern, Le cirque des rêves

jeudi 25 octobre 2012

Les affreux

Après un AVC, la vie d' Alphonse bascule. Figé dans un fauteuil roulant, impuissant, il est condamné à subir un quotidien qu' il s'apprêtait à quitter : sa femme Clarisse...
Comme derrière une vitre dépolie, Alphonse observe un monde sur lequel il n' a plus d'emprise et décrit avec une saisissante acuité les rouages et les fissures de la vie de couple.
Chloé Schmitt réussit la prouesse de créer par son écriture un rythme alerte et sans répit, qui donne au lecteur, à travers son narrateur paralytique, le sentiment d'être constamment sur le qui-vive.
De cette noirceur implacable et de cette position d' observateur unique se dégage une ironie qui insuffle au récit toute sa vitalité.

C'est sur ce premier roman au quatrième de couverture intriguant que s'est porté mon choix lors de la dernière opération Masse Critique de Babelio.

Si ce résumé est proche du fond, il est trop prometteur... Après un départ qui colle au ton annoncé, ce vieux grincheux devient un peu lassant, on tourne un peu en rond ! Parce que même si l'action, elle, évolue, lui pas ou peu et ses réactions et pensées sont un peu répétitives.
Pas suffisamment toutefois pour gâcher la lecture, on tient le cap par curiosité et goût du sordide. Il y a une indéniable cruauté-dureté dans ce roman qui choque et fascine à la fois.

La vraie difficulté de ce roman c'est le style. A vouloir faire trop et trop bien, ça en devient légèrement indigeste.
Chloé Schmitt écrit bien, mais elle devrait s'abstenir d'être perpétuellement entrain d'essayer de le prouver, c'est usant et bien trop ampoulé par moment.
Déjà que sa focalisation (narrateur en "je" ne pouvant communiquer simplement avec l'extérieur et dont les pensées errent de-ci de-là) ne joue pas la facilité, pour le coup l'ensemble n'est pas très fluide, c'est dommage !

En somme si j'ai aimé le sujet abordé et le traitement de Schmitt je ne peux pas en dire autant du rythme et de sa plume.
Au final, même si le fond est marquant il est désagréablement parasité par la forme ce qui n'en fait pas une lecture des plus agréables. Il s'agit toutefois d'un premier roman, qui plus est d'une jeune auteur, il faut donc saluer la performance et espérer qu'elle affinera sa plume avec le temps.



Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour cette lecture !

Chloé Schmitt, Les affreux

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lundi 8 octobre 2012

La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi...

Harold Fry est bouleversé par la lettre qu’il reçoit de Queenie Hennessy, une ancienne amie qui lui annonce qu’elle va mourir.

Alors que sa femme, Maureen, s’affaire à l’étage, indifférente à ce qui peut bien arriver à son mari, Harold quitte la maison pour poster sa réponse. Mais il passe devant la boîte aux lettres sans s’arrêter, continue jusqu’au bureau de poste, sort de la ville et part durant quatre-vingt-sept jours, parcourant plus de mille kilomètres à pied, du sud de l’Angleterre à la frontière écossaise.

Car tout ce qu’Harold sait, c’est qu’il doit continuer à marcher.

Pour Queenie.
Pour son épouse Maureen.
Pour son fils David.
Pour nous tous.

C'est avec enthousiasme que j'ai attaqué ce roman, annoncé dans la veine de Coe ou encore d'Irving.

J'avoue que je suis à la fois assez sensible à l'humour et à la littérature britanniques et aux road trips loufoques, j'avais donc de quoi me régaler avec ce roman !
J'ai tout de suite beaucoup aimé la plume de Joyce, je suis même assez épatée, d'autant plus pour un premier roman, un nouvel auteur à suivre de près !

L'ensemble est assez rythmé, à l'exception de quelques passages mais j'en reparlerai plus loin, les personnages attachants et souvent drôles, ceux qu'Harold croise au long de son périple sont terriblement humains dans leurs anecdotes et expériences ou alors complétement déjantés...
La construction elle aussi ne laisse rien au hasard, au delà du voyage et du périple qui fait office démonstration de foi pour le héros, c'est aussi un voyage pour lui-même et sur ses blessures, un pèlerinage au sein de ses souvenirs en quête de son propre pardon... Ça fait larmoyant dt comme ça mais dans les faits pas du tout ; quoi de plus naturel que de se retrouver seul face à soi-même lors d'un périple à pied en solitaire de presque 1000km ?

L'humour aussi est très présent, très anglais bien souvent. Alors on y sensible ou pas mais moi j'adhère et plutôt deux fois qu'une !

Reste quelques courts chapitres où l'on tourne un peu en rond vers le dernier quart, aussi bien au niveau du voyage en lui-même qui devient un peu lassant et répétitif qu'au niveau des errements de pensée de Harold.
Je reconnais que c'est justifié, c'est un moment d'égarement du personnage... Reste qu'à lire c'est un peu lourd et casse nettement le rythme du roman.

En résumé il y a beaucoup de choses dans ce roman, on passe de scènes loufoques à d'autres plus sentimentales, du sourire à l'inquiétude, de la campagne aux grandes villes, de Maureen à Harold... Une chose est certaine la surprise est au rendez-vous et les lecteurs de Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire y trouveront leur plaisir !

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Merci à Babelio et aux éditions XO pour cette lecture !

Rachel Joyce, La lettre qui allait changer le destin d Harold Fry arriva le mardi...



***Cité dans l'article***
Jonas Jonasson, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

mercredi 13 juin 2012

Traité du boudin à l'usage des prolétaires du sexe

Pour le droit des hommes moches à forniquer.
Pour le droit des boudins à se faire draguer.
Contre la dictature de la beauté.
Contre l’amour.

Je suis tombée nez à nez avec ce livre lors du dernier Masse Critique et poussée par la curiosité je l'ai choisi. Impatiente même de lire ce manifeste contre les critères sociétaux de la beauté, de l'amour conditionné, sous conditionnement et stéréotypé, contre l'érotisme marketé... Bref j'étais déjà partie bien loin, bien trop loin.

Parce qu'au final sous un air faussement contestataire Stéphane Tzara lui ne se donne pas tant de mal.
À l'exception du premier chapitre d'introduction le reste est même en dessous de zéro et largement en dessous de la ceinture. C'est malheureux mais quand on vend une idée et qu'on ne livre finalement que du porno trash, limite un peu gore, on trompe sa clientèle et on ne vaut pas beaucoup mieux que ce que l'on dénonçait soi-disant.

Et c'est dommage, vraiment. Parce que l'idée est saine et plus qu'exploitable mais mal employée, vite bazardée en faveur de scènes orgiaques inutilement répétitives et à tendance misogyne... Parce que oui mesdames, les boudins ne désignent que des femmes bien entendu ! Et les boudins çà se fourrent, dans tous les sens, avec ou sans leurs consentement explicites, les boudins n'attendent que çà et disent non pour de faux, c'est bien connu. (Mine de rien je viens de vous résumer le livre en 2 lignes).

Sacrée déception donc que ce traité du rien du tout qui ne vaut même pas d'un point de vue purement pornographique de se le faire passer en douce entre copains de chambrée et encore moins entre copines.
Si on excepte quelques rares élans un peu piquants on ne peut même pas dire que ce soit bien écrit. Je lui vois tout de même une belle qualité : sa brièveté qui m'a à peine laisser le temps de penser à abandonner ma lecture...

Merci tout de même à Babelio et aux éditions la Musardine pour cette lecture !

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Stéphane Tzara, Traité du boudin : A l'usage des prolétaires du sexe

samedi 14 avril 2012

Une bien belle nuance de rouge T1 : Garance

Un conte gothique et atypique qui nous parle aussi du mal-être de l’adolescence. Un délicieux moment de vampirisme surnaturel… A 16 ans, Garance est une ado mal dans ses Converse. Comme beaucoup de filles de son âge, elle se trouve trop grosse et moche. Orpheline de mère, Garance a vécu ce décès comme un abandon, d’autant que les absences répétées et le manque d’affection de son père n’ont fait qu’aggraver son traumatisme. Heureusement qu’il y a l’obscurité, la nuit… Ces ténèbres rassurantes et fascinantes dans lesquelles elle peut se blottir et trouver refuge. C’est ainsi qu’un soir, Garance fait la rencontre d’Ambroise, un personnage sans âge, étrange et troublant, qui ne la laisse pas insensible… Dépassant les âges, les genres, les interdits et le réel, l’histoire d’amour et de mort que met en scène Mauricet tient autant du Dracula de Bram Stoker que de Roméo et Juliette. Associant le mal être adolescent, la passion interdite et le surnaturel, l’auteur flirte avec un genre inédit pour lui et montre une nouvelle facette de ses talents de conteur et de dessinateur. Une nouvelle série atypique où le danger est palpable à chaque page.

C'est le titre (oui c'est une habitude décidément) qui a orienté mon choix vers cette BD lors de la dernière édition Masse critique spéciale BD.
Je connaissais Mauricet de nom, surtout pour ses BD jeune publique ou humoristiques et j'étais donc curieuse de voir ce qu'il offrirait dans un autre répertoire qui me concerne plus.
C'est donc alléchée par cette promesse d'un "conte gothique" que je me suis plongée dans les cases de ce premier tome...

Première constatation : graphiquement c'est atypique mais très réussi, j'aime, je valide. Les couleurs, le traits, les personnages et les décors rien n'est laissé au hasard, l'ensemble est soigné, travaillé : rien à dire.
Au niveau de l'ambiance couleur on est dans ce à quoi je m'attendais, assez sombre avec du rouge vif souvent qui contraste bien.
C'est fluide et instinctif à la lecture ; on n'est pas "à la recherche de la case suivante" comme çà peut parfois être le cas avec certaine mise en page farfelue !

Là où le bât blesse c'est au niveau du fond : l'intrigue ne décolle pas, elle est plate et plus que prévisible, aucun mystère, aucun suspens, aucune surprise, aucune tension... Bref on s'ennuie un peu !
Ajoutons que Mauricet prend plaisir aux filles dénudées, on a donc du prétexte aux nues à toutes les sauces... Pour combler les vides peut-être ?
Alors oui, bon, c'est sûr, le vampire fait vendre en ce moment et les filles nues depuis toujours mais quand même ! Il faut donner un petit quelque chose au lecteur non ?

C'est donc un bilan plus que mitigé, à la fois j'ai apprécié la forme : aspect graphique, mise en page, cahier en supplément à la fin, les détails sur le personnage principal ; autant le fond est d'une platitude décevante et un peu ennuyeuse...
Je ne pense donc pas que je continuerai avec cette série, mais j'espère tout de même qu'elle prendra un peu d'ampleur dans ses prochaines intrigues !

Une nouvelle fois merci à Babelio, ainsi qu'aux éditions Bamboo pour l'envoi

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Mauricet, Une bien belle nuance de rouge, Tome 1 : Garance

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