Perdre une Plume

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jeudi 21 juin 2012

Le miroir au vampires

Pour son année de Terminale, Léa entre à l’internat du lycée de Compiègne. Sa coturne est une jeune hongroise étrange et ténébreuse, qui semble avoir du mal à s’intégrer. Leur solitude finit par les rapprocher, en particulier lorsque des événements étranges surviennent au lycée. Et si l’incendie qui a ravagé le foyer, le suicide de l’un de leurs camarades de classe et les décisions étranges prises par la direction n’étaient pas uniquement dues au hasard?

J'étais assez curieuse de découvrir ce roman, après tout le genre jeunesse-urban fantaisie et bit-lit n'est pas très exploité par les français, je m'attendais donc à quelque chose d'un peu différent.

Finalement assez peu. Certes l'histoire se passe en France, dans un lycée de banlieue parisienne mais la distinction s'arrête là.
A dire vrai j'ai lu ce roman peu après Night School et le peu de différence est assez flagrant...
Ce qui me fait dire qu'au final on tourne vite en rond dans cette vague de littérature jeunesse fantastique, peu de romans se démarquent vraiment.

Pour autant on ne peut pas dire que l'on s'ennuie avec Clavel, c'est léger et gentillet avec un peu de suspens et c'est bien écrit.
Le fantastique bien que présent est toutefois diffusé par petites touches jusqu'à introduire une mythologie vampirique qui diffère légèrement des classiques habituels et qui réveillent un peu l'intérêt du lecteur.

Pour le reste c'est assez lent, le quotidien scolaire rythme l'intrigue qui prend son temps... Heureusement Nora, la camarade de chambrée de Léa, apporte une touche de fraicheur et de curiosité qui aident grandement à faire défiler les pages !

En résumé c'est un bilan mitigé. À la fois çà se laisse lire mais ça n'apporte pas grand chose de nouveau et pas la french touch à laquelle je m'attendais :s Encore une fois il ne s'agit que d'un premier tome, peut-être que les chapitres suivants donnent un peu d'ampleur à cette trame de fond mais je suis dubitative...

Merci à Mélo qui fait voyager ce livre !



Fabien Clavel, Le miroir aux vampires




***D'autres livres qui voyagent***
Kelley Armstrong, Pouvoirs Obscurs T2
Olivier Sillig, Skoda
Harkness, Deborah, Le livre perdu des sortilèges (Tome 1)

***Cité dans l'article***
Night School, C.J Daugherty

lundi 11 juin 2012

Le dernier jour de ma vie

« Et s’il ne vous restait plus qu’un jour à vivre ? Que feriez-vous ? Comment vous habilleriez-vous ? Qui aimeriez-vous embrasser ? Et surtout à quel sacrifice seriez-vous prête pour sauver votre vie ?

Samantha Kingstone a tout pour elle : le petit copain le plus craquant du monde, trois meilleures amies géniales, et une côte de popularité illimitée.
Ce vendredi de février aurait dû être un jour comme les autres. Un jour parfait dans une vie de rêve. Mais ce vendredi de février est le dernier pour Sam. Pourtant elle va obtenir une deuxième chance. Ou plutôt sept chances. Sept jours pour démêler le mystère entourant sa mort. Sept occasions de découvrir la vraie valeur de tout ce qui l’entoure.
Ce vendredi est le dernier jour de la vie de Sam. Ou le premier ? »

J'ai eu la chance de découvrir ce roman grâce à Angelbb qui fait voyager ce livre, merci à elle !
Malheureusement après mon coup de coeur pour Delirium et les critiques dithyrambiques deci delà sur la toile sur cet autre roman, je crois que j'en attendais beaucoup, trop en tout cas.

On se demande un peu où on est tombé quand on attaque les premiers chapitres de ce roman, Sam et sa bande ne sont qu'une bande de lycéennes arrogantes et futiles, à tendance vulgaire ajoutons. Bref, rien de bien enthousiasmant.
Ce qui fait qu'ensuite quand arrive l'annoncé et fatal accident, l'empathie n'est pas au rendez-vous et nous arracherait à peine un haussement d'épaules.

Quand la mécanique de construction du roman se met en place, l'intérêt croit légèrement, mais son effet répétitif dans les premières itérations est aussi lassant : on n'avance pas sur le pourquoi, la situation évolue peu... en résumé on patauge.

Et puis Sam enfin évolue, fait face et là le roman prend de l'ampleur. Les derniers chapitres sont prenants, on se prend d'affection pour l'héroïne et son destin, on souhaite la voir trouver la bonne direction, la solution.
On est enfin devant les pages qu'on attendait, Oliver dans ce qu'elle fait de bien. Au point qu'on lui pardonne bien aisément les lenteurs du départ.

La fin elle, même si elle est somme toute cohérente, m'a un peu déçue. A la fois ce n'est pas celle que j'attendais et elle un côté un peu facile, gentillet même, en bref décevante. Je ne voulais pas un happy end à ce roman, Oliver livre une conclusion en demi-teinte sans toutefois réellement s'éloigner de la fin dramatique un peu cliché, dommage mais pas véritablement dommageable pour autant.

En conclusion je suis contente d'avoir lu ce roman même si il est loin d'égaler le plaisir que j'ai pris à lire Délirium ce n'était pas une lecture vaine. Il y a des idées, des émotions et des principes narratifs que j'ai apprécié malgré un départ difficile et une fin qui ne m'a pas semblée à la hauteur du roman.
Je comprends toutefois la vague d'enthousiasme que ce livre a suscité, indéniablement, aussi bien au niveau narratif que de l'innovation, ce roman a quelque chose. Même si ce quelque chose n'est pas assez abouti pour la lectrice difficile que je suis et qui avait bien trop d'attentes avant même d'avoir lu la première ligne !



Lauren Oliver, Le dernier jour de ma vie

***Du même auteur***
Delirium
Pandemonium

vendredi 13 avril 2012

Divergent

Dans le Chicago dystopique de Béatrice, la société est divisée en cinq factions, chacune dédiée à la culture d'une vertu : les Sincères, les Altruistes, les Audacieux, les Fraternels, et les Erudits. Sur un jour désigné de chaque année, tous les adolescents âgés de seize ans doivent choisir la faction à laquelle ils consacreront le reste de leur vie. Pour Béatrice, la décision est entre rester avec sa famille et être qui elle est, les deux sont incompatibles. Alors, elle fait un choix qui surprend tout le monde, y compris elle-même.
Mais Tris a aussi un secret, celui qu'elle a caché à tout le monde parce qu'elle a été averti qu'il peut signifier la mort. Et comme elle découvre un conflit croissant qui menace de percer cette société en apparence parfaite, elle apprend aussi que son secret pourrait l'aider à sauver ceux qu'elle aime. . . ou pourrait la détruire.

Toujours en pleine vague dystopique, ce roman a rencontré un assez net succès auprès de mes comparses et c'est donc avec curiosité que je l'ai lu à mon tour.

On plonge très vite dans l'univers de Tris, pas de préambule : un peu comme pour Délirium le roman prend pied à la veille d'un grand jour, sorte de rite de passage qui va déterminer l'avenir de l'héroïne.
Pour autant on peine un peu à démarrer, ça se traine légèrement sur les premiers chapitres mais la suite va largement compenser.

Une fois la jeune fille rentrée en "apprentissage" auprès de la faction qu'elle a choisie on va de surprise en surprise.
Il y a certes un côté "vie de lycéenne" qui se chamaille avec ses camarades de classe, qui s’assoit où à la cantoche etc... mais l'enjeu est plus important et la compétition bien réelle.
De même la romance naissante n'est pas au final le point le plus marquant du roman, elle vient en second lieu après la trame générale et n'offre pas grand chose de surprenant même si on l'attend et qu'on l'apprécie !

Là où c'est plus que réussi c'est au niveau de l'héroïne qui découvre sa nature, doit la dissimuler, l'accepter et en tirer le meilleur parti. Il y a une véritable évolution et le chemin qui y mène est prenant, plus que çà même.
L'atmosphère souvent pesante, la suspicion et les coups bas maintiennent une tension très agréable qui nous fait défiler les pages à toute vitesse.

En résumé j'ai vraiment apprécié cette lecture. Véronica Roth tout en se servant des fils habituels du genre n'en fait pas pour autant les traits principaux de son roman et nous livre une héroïne et un univers très riches, une tension maîtrisée le tout dans un ensemble cohérent et prenant.
Une légère déception (s'il en fallait une) au niveau de cette fameuse "divergence" qui reste finalement peu explicitée, mais je soupçonne l'auteur de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier en prévision du prochain tome ;)

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Veronica Roth, Divergent

Merci à Kahlan du blog eTemporel qui fait voyager ce livre !



***D'autres livres qui voyagent***
Kelley Armstrong, Pouvoirs Obscurs T2
Olivier Sillig, Skoda
Harkness, Deborah, Le livre perdu des sortilèges (Tome 1)

***Cité dans l'article***
Lauren Oliver, Delirium

mardi 27 mars 2012

Le livre perdu des sortilèges

Diana Bishop est la dernière d'une longue lignée de sorcières, mais elle a renoncé depuis longtemps à son héritage familial pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu'au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : L'Ashmole 782. Elle ignore alors qu'elle vient de réveiller un ancien et terrible secret, et que tous - démons, sorcières et vampires - le convoitent ardemment. Parmi eux, Matthew Clairmont, un vampire aussi redoutable qu'énigmatique. Un tueur, lui a-t-on dit. Diana se retrouve très vite au cœur de la tourmente, entre un manuscrit maudit et un amour impossible.


Encore un roman d'Urban fantasy, encore du vampire... C'est ce que je me suis dis aussi en découvrant ce livre sur la toile.
Pourtant les avis enthousiastes ont fini par avoir raison de moi, et grand bien m'en fut !!

Parce que déjà on n'est pas dans le cadre traditionnel du ou de la chasseuse de la nuit, encore moins celle de la frêle humaine ordinaire qui bascule du côté Urban Fantasy de la force...
L'héroïne ici est une sorcière très bien informée de ce que le commun des mortels ignore, issue d'une longue lignée dont elle rejette pourtant l'héritage.
Ajoutons que c'est une universitaire (ça change des héroïnes qui ne brillent que par leur plastique), que le vampire fait vraiment peur et la mayonnaise prend assez vite !

Il faut dire que le cadre prestigieux de l'université et le monde des livres et bibliothèques ne peuvent que séduire (enfin moi oui en tout cas) et que le mystère et l'ambiance sont assez pesants pour que l'on se prenne au jeu de la curiosité.
On est à la fois loin des stéréotypes et proche du genre dans ce qu'il offre de bon.

Reste qu'il faut lui laisser une chance et que le roman traine un peu à se lancer. Les premiers chapitres sont un peu longuets et répétitifs le temps que l'intrigue se noue vraiment et que l'on se rende compte qu'on ne peut plus lâcher le livre ! Je suis vraiment triste pour celles et ceux qui ont abandonné avant cette étape car au final le roman en vaut vraiment la peine.

J'ai vraiment apprécié les personnages, de plus en plus en avançant, jusqu'à la petite troupe finale et cette enquête qui gagne en intérêt et en tension.
Pourtant je m'attendais à avoir le fin mot de l'histoire en fin de tome et mon angoisse grandissait au fur et à mesure que je sentais les dernières pages réduire sous mes doigts, sentant poindre la frustration...
Alors je vous le dis, histoire de vous l'éviter : c'est un premier tome ! Contrairement aux apparences il ne s'agit pas du tout d'un one shot

Cette frustration / déconvenue mise à part, c'est un excellent roman fantastique qui conjugue avec finesse urbain fantaisie, vampire, enquête et milieu littéraire.
La romance (puisque oui romance il y a au final) n'est ni niaise ni cousue de fil blanc, prévisible mais pas si évidente ! Les personnages à la fois travaillés et attachants (même les secondaires) et l'intrigue bien construite et étoffée (bien plus d'ailleurs qu'elle ne le laisse présager en début de roman).

Je vous le conseille donc, lecteurs de tout bord, je suis certaine qu'il peut atteindre un large public par-delà les genres !
Pour ma part c'est un coup de cœur dont la seule vraie déception et de ne pas avoir la suite dans les mains !

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Deborah Harkness, Le Livre perdu des sortilèges: Au commencement étaient la peur et le désir

Merci (une fois de plus !!) à Mélo qui fait voyager ce livre !



***D'autres livres qui voyagent***
Kelley Armstrong, Pouvoirs Obscurs T2
Olivier Sillig, Skoda
Elisabeth Brami, Je renaîtrai de vos cendres

vendredi 23 mars 2012

Je renaîtrai de vos cendres


Sosha est en terminale. Voici son journal et plus encore. Sosha se sent comme un volcan prêt à cracher à tout moment ses laves brûlantes. Depuis qu'elle est née, c'est plus fort qu'elle, tout l’écœure et l'enrage. Que comprendre de ce feu intérieur qui l'embrase et l'épuise ? Comment faire le choix de la vie, et surtout en cette année où l'Histoire la rattrape ?

Ce roman met en scène une jeune adolescente au bord de l'explosion, en révolte contre le monde entier... Incomprise par sa famille, ses professeurs, isolée des autres.
Un contexte de crise adolescence somme toute assez banale mais bien mis en scène. Ça bouillonne à travers les mots de Brami avec la force du réalisme.

Surtout qu'au final elle est attachante cette petite Sosha, elle se cherche et doit passer par une petite révolution pour y parvenir, ça ne fait pas d'elle quelqu'un de détestable pour autant, elle est plutôt touchante.
Ajoutons à cela un secret de famille (de polichinelle pour des yeux de lecteurs adultes, il faut le reconnaître) et ce roman court prend de l'ampleur.

Reste qu'il s'agit d'un roman jeunesse, et que même si un adulte peut lui trouver des qualités et une belle plume, l'ensemble reste un peu léger et le trait un peu trop forci pour un lecteur averti.
Il faut donc garder son public initial à l'esprit aussi bien en cours de lecture qu'au moment de livrer son ressenti !

À mes yeux ce fut donc un bon moment mais sans plus. J'ai savouré l'état de rébellion de cette jeune fille, j'ai apprécié la plume de Brami, j'ai été plus déçue par le dénouement et cette grosse ficelle tendue à mi-parcours qui bien qu'amenant une piste intéressante n'est pas traitée de manière assez profonde et subtile à mon goût.

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Elisabeth Brami, Je renaîtrai de vos cendres

Merci à Mélo qui fait voyager ce livre !



***D'autres livres qui voyagent***
Kelley Armstrong, Pouvoirs Obscurs T2
Olivier Sillig, Skoda

mercredi 11 janvier 2012

Harry revu et corrigé

Beverly Hills, Californie. En route pour le funérarium où doit avoir lieu la crémation de sa femme décédée brutalement, Harry, loser pétri de culpabilité, s'arrête dans un improbable café et commande un sandwich dont il ne veut pas mais qui l'inspire pourtant… Là, il est pris d'un béguin irrésistible pour Molly, la serveuse.
Dans une tentative échevelée pour reprendre les rênes de son existence, il cherche à accomplir de bonnes actions mais sème le doute, la confusion et le chaos tout autour de lui. En dernière minute, il renoncera même à l'amour de Molly pour jeter un regard lucide et réconcilié sur le grand amour de sa vie, Anna, sa femme désormais disparue. Son voyage émotionnel lui aura enfin révélé sa personnalité, dans une version légèrement revue et corrigée…
On rit beaucoup à la lecture de ce roman à la construction complexe où s'imbriquent une multitude d'intrigues secondaires. En plus d'être hilarante, l'histoire d'Harry explore des thèmes plus durs, plus denses, comme le deuil et l'estime de soi, avec une infinie subtilité.

On ne lutte pas contre sa nature, du moins c'est ce qu'on dit, mais c'est pourtant ce que va essayer de faire le personnage de Harry dans ce roman.
En prenant Monte-Cristo pour mentor, il part déjà du mauvais pied et les choses ne vont pas aller en s'arrangeant...

Au-delà du rire et des situations cocasses quoique touchantes dans lesquelles le héros se fourre ce roman est avant tout à mes yeux un roman sur le deuil. C'est la perte de sa femme qui est à la base de cette envie de changement, de devenir quelqu'un d'autre, un peu à la manière d'un exutoire... Harry ne veut pas faire face à son deuil, à ce qu'il est, à ses regrets et à ses défauts. Il se détourne donc de tout çà en créant le changement.

Et même si par certains aspects l'action lui fait du bien, reprendre la maîtrise de lui-même et de son destin à leurs manières assez bénéfiques, le détournement lui reste inefficace et Harry traine ce décès et ses conséquences comme un boulet...

Pour le reste c'est bien écrit quoiqu'un peu répétitif par moment, les mensonges et autres situations humoristiques s'entassent jusqu'à prendre le héros à la gorge. Le rythme s'accélère donc mais les débuts sont un peu plus longuets par moment et les hésitations nombreuses. Il faut un peu de patience à l'amorce du roman !

C'est donc un roman à la fois bien écrit, drôle et profondément humain que j'ai eu grand plaisir à lire et que je vous conseille à l'occasion.

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Mark Sarvas, Harry, revu et corrigé

Merci à Mélo qui fait voyager ce livre !



***D'autres livres qui voyagent***
Kelley Armstrong, Pouvoirs Obscurs T2
Olivier Sillig, Skoda
Mary Janice Davidson, Queen Betsy T1 : Vampire et célibataire

mardi 3 janvier 2012

Pouvoirs Obscurs T2

Chloé Saunders menait une vie banale... jusqu'au jour où elle s'est mise à réveiller les morts. Chloé est le fruit d'une expérience scientifique : non seulement elle voit des fantômes, mais elle réveille les morts, sans même le vouloir. Ce n'est pas le genre de pouvoir qu'elle aurait rêvé d'avoir un jour... Sa vie est menacée par ceux-là mêmes qui l'avaient choisie comme cobaye. Accompagnée de ses trois amis doués eux aussi de pouvoirs surnaturels, Chloé doit trouver quelqu'un qui l'aidera à sauver sa peau et retrouver sa liberté.

Je n'avais pas été entièrement convaincue par le premier tome qui bien qu'assez original était bien trop lent et ne se lançait véritablement qu'en fin de tome, mais j'étais toutefois curieuse de lire cette suite.
C'est donc avec une certaine appréhension que j'ai attaqué ce second volume, teintée de l'impatience à voir se nouer une véritable intrigue.

Je dois dire que je n'ai pas vraiment été déçue, c'est à la fois positif et un peu mitigé.
Après un (à nouveau) bref passage emprisonnement/évasion dont on aurait largement pu se passer et qui m'a fait un peu fait râler à la lecture (mais bon au final on ne s'attarde pas trop et c'est tant mieux) le groupe se retrouve en cavale.
Et j'ai aimé cette cavale ! C'est l'occasion de découvrir plus avant les trois autres protagonistes et de voir évoluer leurs relations... et puis Derek ! Ce qu'il m'a agacé, puis touché, puis enervé ! Au final, j'apprécie (tout autant que je déteste) plus ce personnage que je ne l'aurai soupçonné à la fin du premier tome.

La fin du tome laisse présager d'autres rebondissements (moi le vieil ami de papa je ne le sens pas du tout du tout !!) et j'ai hâte de lire le prochain qui clôt la série et qui j'espère répondra aux nombreuses questions encore en suspens.
Pour résumer du fantastique jeunesse qui se démarque un peu tout en restant très soft et adapté à son public, sans pour autant le prendre pour un imbécile !

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Kelley Armstrong, Pouvoirs Obscurs, T2 : l'Eveil

Merci à Nodrey qui fait voyager ce livre !



***Du même auteur***
Pouvoirs Obscurs :  T1 : L'invocation

mardi 27 décembre 2011

Skoda


Un jeune homme reprend conscience. Autour de lui gisent ses camarades d'infortune. L'histoire se passe de nos jours, dans un pays qui n'est pas nommé. À quelques mètres, une voiture – une Skoda – elle aussi victime du raid aérien. À l'intérieur, un bébé respire encore. Après quelques hésitations, l'homme prend l'enfant dans ses bras et part sur la route. Notre monde et sa violence. Mais aussi, le lien qui se crée entre un jeune homme et un enfant. La beauté de la vie contre l'absurdité de la mort.


Livre choc, comme on en lit rarement ! Pour ma part je n'avais pas été marquée par un livre de cette façon depuis La route de McCarthy. Âme sensible s'abstenir !

Rien de gore ou de véritablement cru pourtant mais une puissance évocatrice qui nous plonge dans une ambiance lourde (et c'est bien pire) qui reflète toute la stupidité d'une guerre et qui suinte le désespoir.

Enfin non, pas tant le désespoir que l'absence d'espoir. Un monde où l'absurdité de l'homme a tué l'espoir, remplacé par la résignation.
Une atmosphère assez étouffante quoique brève et entrecoupée de quelques rares moments clés, de petits répits.
En début de roman tout d'abord quand le militaire décide sur une impulsion de prendre le bébé sous son aile, un geste d'humanité comme un phare dans la nuit qui guide à la fois le lecteur et le personnage.
Le refuge à la ferme ensuite, où l'entraide et le partage laissent croire, oserai-je dire espérer, une rédemption, une paix inaccessible.

Mais Sillig est rude et la guerre cruelle, il ne nous épargne rien et nous impose sa réalité à la fois violente et absurde, tout comme cette fin après laquelle on peine à reprendre son souffle...

Un roman court mais puissant et marquant sur la guerre, ses dommages collatéraux bien souvent invisibles et sa profonde absurdité, son non-sens à l'égard de l'espoir et de l'humain qui lors d'un conflit pèsent bien peu dans la balance. Une réalité crue, posée là sans solution ni jugement. L'expression d'une souffrance anonyme et bien trop réaliste plus qu'un pessimisme...
À lire, le cœur bien accroché.

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Olivier Sillig, Skoda

Merci à Stéphie de Milles et une pages qui fait voyager ce livre !



***Cité dans cet article***
Cormac MacCarthy La Route

mardi 13 décembre 2011

Queen Betsy T1

Elle voulait juste être la reine du bal...
Elle va devenir la reine des vampires !
À son réveil à la morgue, Betsy Taylor découvre qu'elle est un vampire. Même si sa nouvelle condition possède de nombreux avantages, elle a bien du mal à s'habituer à son régime à base de liquide. Et même si sa mère est ravie d'apprendre que la mort ne lui empêchera pas de lui rendre visite, ses nouveaux amis nocturnes, eux, ont la conviction ridicule qu'elle est la reine annoncée par la prophétie.

Mélanger chick-lit et bit-lit en voilà une drôle d'idée (et surtout une sacrée méthode pour s'assurer un lectorat purement féminin) ! C'est donc principalement par curiosité que je me suis inscrite pour ce livre voyageur...

Et ce n'était pas vraiment gagné je dois le dire. Déjà je ne suis vraiment pas fan de chick-litt, c'est souvent eau de rose, avec des énumérations de marque et de tenues vestimentaires dans toutes les pages, bref je passe mon tour, et la bit-lit avec moi c'est plutôt quit ou double !
Et bien ici on à la fois droit aux clichés bit et chick-lit (sacré mix je l'avoue) : une vampire (encore) belle (sans blague) shoes addicted (quelle originalité) qui tombe amoureuse d'un bel étalon puissant (et ténébreux hein !)... Alors certes c'est un gros (et gras) résumé mais en gros c'est çà, c'est plein de défauts, pas toujours très recherché et encore moins bien écrit / traduit (vous pouvez oublier les négations notamment)...

Et vous voulez savoir le pire dans tout çà ? C'est que çà marche ! Parce que çà ne se prend pas au sérieux et que c'est vraiment très drôle :)
Au final on passe un bon moment détente en compagnie de Betsy et de ses comparses, parce que c'est léger, que çà demande peu d'effort et qu'on se prend facilement au jeu et à sourire de cette héroïne un peu bêtasse et stéréotypée.

Voilà, pour conclure ce n'est pas une saga à lire en priorité ou à mettre en top liste selon moi mais c'est une agréable découverte qui a au moins le mérite de donner le sourire et de ne pas se prendre au sérieux sans pour autant tomber dans la grasse parodie... Un petit extra-terrestre qui mixe finalement bien les genres.

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Mary Janice Davidson, Queen Betsy Tome 1 : Vampire et célibataire

Merci à Dehlya qui fait voyager ce livre !


vendredi 14 octobre 2011

Lavinia

Comme Hélène de Sparte j’ai causé une guerre. La sienne, ce fut en se laissant prendre par les hommes qui la voulaient ; la mienne, en refusant d’être donnée, d’être prise, en choisissant mon homme et mon destin. L’homme était illustre, le destin obscur : un bon équilibre.

Dans l’Énéide, Virgile ne la cite qu’une fois. Jamais il ne lui donne la parole. Prise dans les filets du poète qui n’écrira l’épopée des origines de Rome que des siècles plus tard et sans avoir le temps de l’achever avant sa mort, Lavinia transforme sa condition en destin. De ce qui sera écrit elle fait une vie de son choix. Et cela dans la douceur amère et la passion maîtrisée que suscite son improbable position : elle se veut libre mais tout est dit.

J'ai une affection toute particulière pour l'antiquité, ses récits mythologiques et épopées.
C'est donc avec gourmandise que je me suis plongée dans Lavinia qui bien qu'écrit très récemment développe le récit d'un personnage féminin de l'Énéide dont on sait finalement peu de chose.

Ursula Le Guin crée donc l'essentiel, et décide de faire parler son personnage à la première voix en essayant de coller au plus près de l'époque comme on la connait. C'est donc très documenté, comme le confie l'auteure en fin d'ouvrage mais surtout très romancé !

Les premières pages sont assez déroutantes, Lavinia n'est qu'un souvenir à peine effleuré et sans l'intervention de Virgile l'Histoire l'aurait oubliée. Elle s'adresse donc au poète avant de rassembler ses souvenirs et de commencer son récit. C'est à la fois symbolique et poétique mais pour une entrée en matière la sensation est de prime abord assez étrange. On comprend cependant par la suite le lien particulier entre le poète et l'héroïne.

On plonge ensuite très rapidement dans le monde de Lavinia, le décor tout comme l'ambiance s'instaurent avec naturel et une certaine authenticité. Les croyances de ce peuple pré-romain également, et elles prennent toute leur importance par la suite.
De l'enfance jusqu'à sa mort, on suit Lavinia qui va traverser bien des épreuves sous le signe des Dieux et de l'amour. Celui d'une prophétie tout d'abord qui va la lier à Énée, et l'amour de son fils ensuite qui va la pousser à aller à l'encontre les coutumes et des hommes.

Ursula Le Guin dresse donc le portrait biographique romancé d'une véritable héroïne, à la fois antique et moderne par bien des aspects tout en plongeant son lecteur dans l'ambiance si particulière de l'épopée mythologique.
Reste que pour moi ce commencement m'a perturbé et que les échanges entre Virgile et Lavinia ont parfois entaillé toute l'authenticité que je pouvais trouver dans le reste du récit.
Je me suis malgré tout attachée au personnage et à cette ambiance, tout comme à l'écriture sensible et précise de Le Guin.

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Ursula K Le Guin, Lavinia

Merci à Calypso qui fait voyager ce livre !


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