Perdre une Plume

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dimanche 6 novembre 2011

Le pays de la pluie

Des trombes d'eau comme rarement ici, qui ruisselle le long des trottoirs vers des bouches d'égouts débordées et peu habituées, qui s'entasse en énormes flaques sur les routes sans écoulements prévus, qui éclabousse les piétons malchanceux, qui recouvre les pieds des arbres dans des parcs où les bancs publiques font office de barques échouées...

C'est aussi des journées bien grises dans cette région pourtant si vive en lumière, des gens qui peu à peu deviennent plus mornes face à ce manque anormal de luminosité.

C'était aussi un premier anniversaire, celui de notre arrivée ici, qu'on a tenu à "arroser" avec nos proches.

C'est s'enfermer dans les maisons, parler de l'état de son jardin au téléphone, boire un café en discutant du niveau des gués et regarder la pluie qui tombe, inlassablement, de l'autre côté de la fenêtre.

Alors ce n'est pas encore la catastrophe, mais çà reste impressionnant ! J'espère que la pluie va se calmer un peu cette semaine :)
De plus, traditionnellement, le 11 novembre c'est la foire aux camelots de la Saint-Martin, un évènements festif où faire de bonnes affaires, une ballade familiale chère au cœur des catalans ! Ce serait vraiment dommage que la pluie soit de la partie :s

dimanche 16 octobre 2011

Xena, Proust et aussi les bisounours

Suite à un malencontreux accident de cervical (que j'ai juste laissé trainer une semaine tellement je suis une guerrière) (ce qui vaut aussi pour le nombre de neurones comme définition) (avoue Xena elle aurait pas fait HEC quoi !) je me retrouve à faire des phrases pleines de parenthèses et qui je le sens vont même contenir du texte barré.

Ce qui m'étonne le plus (mis à part mes doigts qui dérapent régulièrement de touches sur le clavier) c'est que ce week-end de "repos" et de décollage aux anti-douleurs / myorelaxant était censé se passer 10cm au dessus de mon lit au pays des bisounours... Or je suis là, je ne dors pas tant que çà et surtout pas de bisounours en vue... Je serai presque même aussi peu cohérente que d'habitude mais pas moins.
Ce n'était pourtant pas sans compter sur le médecin pas habituel mais trouvé par hasard et par urgence qui a voulu s'improviser ostéo et gaiement avec intérêt mais aucun professionnalisme a voulu "me remettre tout çà", clac clac on en parle plus. Sauf que non, c'est juste mille fois pire depuis, et que en plus maintenant même serrer les dents n'est plus envisageable... Même en doublant les doses on me refuse cette douce anesthésie que j'appelle de tous mes vœux !
C'est quoi le délire là ? Je me suis trop xenatisée pour avoir le droit de me laisser abrutir à coup de médicament-à-prendre-avec-précaution-et-uniquement-avec-l'avis-de-votre-médecin-ne-pas-conduire-ne-pas-boire-ne-pas-allaiter-ne-pas-dépasser-la-dose-prescrite et une liste d'effet secondaires aussi longue qu'un roman de Proust ?

Merde alors, pour une fois que je voulais voir des bisounours...

jeudi 13 octobre 2011

But it's better if you don't

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Je déteste le compromis, notion qui va à l'encontre de tout ce que je suis finalement. Tout comme conjuguer le verbe résoudre en mode pronominal...
Et pourtant, trop souvent, la raison gagne.

Il y a peu j'ai donc cédé le cœur à la raison, et je l'avale donc chaque matin avec un grand verre d'eau...
Parce que oui, les labo pharmaceutiques savent faire de l'humour et donner une forme de cœur à une pilule qui va vous ôter tout élan du cœur justement.
Mais que parce qu'il faut que ce soit la tête qui commande, il faut bien qu'elle soit en état de commander et de ne pas être stupidement monopoliser à lutter contre cet accès imaginaire qu'est la migraine il faut avaler ce cœur et autres pilules rouges au petit-déjeuner, entre clope et café.

Et chaque matin c'est la révolte, la nausée au moment d'ingérer, la répugnance du cœur qui s'exprime et que la tête accorde même si c'est pour son bien.

C'est mieux pire si tu ne la prends pas, c'est moins meilleur si tu la prends... Fais avec çà.
Je ne peux juste pas. Je ne veux juste pas. Je veux cette autre solution qu'on ne me donne pas, celle entre "souffre et tais-toi" et "prends çà et ne sois plus toi"

Arrêter de faire tout en sachant que ce serait mieux de ne pas faire mais que raisonnablement il vaut mieux. Parce que être adulte chaque matin, c'est effacer un peu de soi et de sa nature avec un grand verre d'eau, juste pour être sûre d'être en état d'assurer son job de la journée.

Je me mets à haïr le petit-déjeuner...

lundi 3 octobre 2011

♫ That's a niouuu dayy ! ♫

Nouvelle semaine, nouveau départ et de quoi se donner un peu d'énergie pour ce lundi !

Ne dites pas merci, çà tourne en boucle ces jours-ci ;)

jeudi 22 septembre 2011

Négatifs

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C'est la rentrée et je vois des gens tristes.
Non pas qu'ils s'en rendent vraiment compte, chacun donne le change à sa manière.
Pas de cette tristesse qui s'apparente à de la déprime saisonnière où juste à l'annuel adieu à la crème solaire... Non des vrais gens tristes, grises mines regards éteints qui sourient parce qu'il le faut bien.

Et c'est ce "parce qu'il le faut bien" qui moi m'attriste le plus. Cette manière qu'on a, qu'on nous a donné, de faire avec, de se contenter de.
Au fil des années, on nous a conditionné au moins, au moins qui vaut toujours mieux que rien... Tu as un job de merde où tu te sens exploité ? C'est quand même bien, regarde tous ces gens qui n'ont pas de travail, c'est déjà une chance d'avoir un travail.

On nous a inculqué cette frilosité dans une bonne intention : la vie est dure, bien plus dure. Que quand au juste ? Çà personne ne sait. On sait juste qu'aujourd'hui on part tous plus ou moins perdant, alors qu'il vaut mieux ne pas voir trop grand et faire avec.
Alors on se définit par la négative dans la vie comme au travail : je ne sais pas ce que je veux, je sais ce que je ne veux pas. Nos exigences ne s'affirment pas, elle se dénient. On vote contre plutôt que pour quelque chose...

Et moi je veux bien admettre que c'est une chance de ne pas crever de faim et de ne pas vivre dans une zone désertique sans eau potable et électricité. Je refuse par contre qu'on se serve de çà pour niveler la société par le bas, qu'on la bâillonne dans nos culpabilités de bienheureux.
À regarder le monde avec les yeux du misérabilisme, il en devient terne, les gens gris et on perd la sensation du choix contre celle de l'inéluctable.
Parce que c'est tellement ancré, là profond depuis l'enfance, qu'on se sentirait presque honteux de vouloir plus. Ce n'est pas raisonnable, ce n'est pas adulte !

Je veux bien reconnaître également qu'il est important d'être conscient de ce qu'on a, de savoir profiter des petits bonheurs et plaisirs tout simples que la vie peut nous offrir, d'en être reconnaissant.
Mais le positivisme systématique et à grande échelle est un véritable fléau. Ce n'est tout simplement pas moteur, il nous incite à la stagnation.

Moi aussi je suis triste parfois, mais je garde cette idée que la vie n'est pas un jeu, il n'y a ni gagnant ni perdant, elle est juste ce qu'on en fait, ce qu'on ose en faire.
Elle n'est pas toujours facile à appliquer, elle fait même mal parfois quand on se cogne un peu à la réalité des autres et pourtant je sens que sans elle je ne serais sûrement pas capable de respirer. Que c'est cette capacité à vouloir plus, à se rebeller, à crier fort qui me permet de ne pas devenir terne à mon tour quitte à passer pour celle jamais satisfaite, trop exigeante, intransigeante et autres adjectifs qu'on a bien à tort ranger dans la case défaut.

Je voudrais que plus de gens voient "grand", osent tout simplement, se lancent des défis même à petite échelle et tentent leur chance. Et peu importe le résultat, l'exultation et la libération sont dans la tentative, bien plus que dans la réussite ou dans l'échec. Il n'y a pas d'évolution sans prise de risque.
Et puis parce que se contenter de ce qu'on a par comparaison, c'est comme si au lieu de regarder de belles photos, on préférait contempler les négatifs...



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jeudi 8 septembre 2011

Escapade spaTio-temporelle

Il y a de bons endroits où prendre la fuite...

Des lieux où on serait bien n'importe quand

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Et il y a tout simplement des personnes avec qui on serait bien n'importe où...

mardi 26 juillet 2011

Du pouvoir de la chaussure sur la femme, de la symbolique de l'eau, du tatouage dans l'air et un peu de Tool

Je suis affamée. De choses inutiles, inaccessibles, pas raisonnables.

Je comble le manque à la magie du code secret de carte bleue, pour une énième paire de chaussures que je mettrais tout au plus à deux occasions et qui une fois dans le dressing ne sont déjà plus si intéressantes.
J'ai soif de changement, et plutôt que de m'attaquer au vrai problème je pense "un nouveau piercing ? non plutôt un tatouage cette fois".
J'aveugle le vide, du moins j'essaye de le remplir tant bien que mal à coup d'objets et de nouveautés, de pulsions mal contrôlées, d'ennui détourné.

Et çà marche, au moins un moment. Çà passe le temps, toujours çà de pris, de moins à ruminer, à réfléchir, à avancer. Un peu de temps de gagné pour continuer à stagner... mais dans une paire de nouvelles ballerines.

Dans les films ou les romans, les grands changements sont toujours symbolisés par de l'eau : une résolution prise sous le douche, un baiser sous la pluie... Moi je voudrais être inondée, que çà déborde, que çà fuit, exsudé par tous les bords mais pour le moment je resserre juste les vannes. Plutôt que l'eau je choisis l'encre, celle indélébile qui marquera ce tournant ou tout du moins fera office de détournement... (souhaitons-la plus efficace que les chaussures).

mercredi 13 juillet 2011

What I need

J'ai besoin de mettre du "n'importe quoi" dans ma vie, d'insouciance et de moments inconséquents, de non-sens, de scènes irréelles, d'attendre Godot quelques soirs.
Relâcher un peu les règles et les limites, pousser les murs et occuper tout l'espace. Marcher sous la pluie et aimer çà, rire pour rien encore et encore.

Çà crie à l'intérieur et je ne peux plus rester sourde, me saouler à l'envie, à l'ennui.
Alors pour quelques jours il va me falloir du n'importe quoi, sortir un peu de moi-même pour obtenir le recul nécessaire, m'observer un peu comme une étrangère.
Vider ma tête et remplir grand mes poumons d'un air de légèreté.

Sacré programme !

samedi 9 juillet 2011

Stairways to...

... heaven / hell ?

Je laisse trainer mes chaussures n'importe où.
Je ne fais jamais la vaisselle.
Je bois à la bouteille.
Je dis des grossièretés.
Je suis souvent pieds nus.
Je consomme plus de livres que de nourriture.
J'aime marcher dans la rue la nuit.
Je n'aime généralement pas les robes.
Je ne lis pas de magazines.
Je veux toujours plus, tout de suite.
Je ne surveille pas mon poids.
Je ne me vernis pas les ongles.
J'aime l'ivresse.
Je veux toujours être ailleurs.
Je suis obsessionnelle.
Je fume trop.
Je ne regarde pas la télé.
Je passe des heures sur des jeux vidéo.
Je lis de la fantasy et de la SF.
Je n'ai pas toujours les cheveux longs.
Je ne sais pas recoudre une chaussette.
Je ne suis jamais contente.
...
Et je pourrais continuer à ce petit jeu là longtemps.

Alors je crois que j'en ai juste marre, des stéréotypes à la con. Que ce soit dans un sens ou dans un autre, trop femme, pas assez, archétype ou idéalisée, anti-truc, opposée de machin, typée X ou Y...

Je n'ai juste pas envie de rentrer dans une case, pas plus que les autres au final je pense, je suis peut-être juste un peu moins influençable...
Je ne serai jamais une parfaite femme d'intérieure ou mère au foyer, je ne serais jamais cette bombasse sur talons aiguilles et shorty qui se trémousse dans un clip de rap et sérieusement je m'en fous.

Mais je crois que, pire que tout, je me fous encore plus des gens qui trouvent çà "cool" que je m'en foute, qui s'ébahissent de ce que je ne suis pas.

Je ne veux pas exister par comparaison.



mardi 5 juillet 2011

Nothing really matters

Au final, satisfaite ou pas, heureuse ou pas, çà ne compte pas vraiment.
Je reste, moi, vivante tant que je garde cette capacité à voir de la beauté.
Et je la vois partout, souvent. Émerveillée comme une enfant, souriante comme une idiote, émue comme une midinette...

Je reste vivante tant que je suis émotion, capable de m'émouvoir, de me mettre en colère, de rire, d'être blessée.
Peu importe le doute, l'oppression, l'ennui, l'envie de fuite...
Rien ne compte vraiment, tout passe. On lèche ses blessures et on attend les suivantes, on menace puis cajole, on s'évade mais jamais bien loin, on se résigne, on se sent vide...
Le principal c'est de s'assurer que l'anesthésie n'est que passagère, qu'on se retrouvera bien à la sortie du virage, de ne pas vraiment se perdre en chemin.

On a le droit d'arrêter de chercher à donner un sens parfois non ? Juste se laisser porter, se dissoudre un peu, cesser de lutter.
Tant qu'on reste assez lucide pour rester vivant.
Tant que cette chanson me donnera des frissons, je n'aurai pas à m'inquiéter... Nothing really matters

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