Perdre une Plume

Accueil | Avis de lectures | Challenges | Contact

Mot-clé - Famille

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 8 avril 2010

Les chats se cachent pour mourir

Il y a un peu plus de 5 ans je perdais mon grand père, pas vraiment par surprise puisqu'il était malade depuis déjà un an, mais on ne s'attend jamais vraiment à ce que la mort frappe, c'est toujours soudain.

Deux jours avant que mon téléphone ne sonne en pleine nuit pour m'apprendre qu'il est hospitalisé, sur le déclin et que ses jours sont comptés, je rêve de lui.

Les rêves dont je me souviens ont toujours un aspect angoissant, non pas que je fasse des rêves terrifiants, mais juste parce qu'il sont très forts d'un point de vue émotionnel, même s'ils sont très imagés, et me laissent un profond sentiment de malaise au réveil et les jours qui suivent.

Ce rêve là m'a beaucoup marqué, et c'est en larmes que j'en suis sortie.
Rien de bien méchant pourtant, je voyais mon grand-père s'habiller, se coiffer d'un chapeau et partir sur son vélo prétextant aller chercher du pain et faire un saut à son PMU habituel.
Mais en le voyant partir, j'avais le pressentiment qu'il ne reviendrait pas, qu'il était parti pour de bon, comme les chats s'en vont se cacher pour mourir.
Et cette image là, comme la dernière que je verrais de lui me plongeait dans une profonde tristesse, quelque chose d'inexprimable.

Aussi, quand le téléphone a sonné deux nuits plus tard, je n'étais pas vraiment surprise. J'étais préparée.

Alors que je le veillais les jours suivants à l'hôpital, assistant comme toute ma famille à cette agonie lente et révoltante, je me suis surprise à prendre sur moi, à parler fort en sa présence, à m'adresser à lui comme s'il était conscient, à ne pas afficher la moindre tristesse dans cette petite chambre qui sentait déjà la mort. La plupart des membres de ma famille ont été tout autant étonnés par mon attitude, pour certains la qualifiant même d'insensibilité je le sais, les autres croyant que je ne réalisais pas vraiment ce qui se passait et tous mettant cela sur le compte de ma jeunesse.
Et bien non, rien de tout çà. J'étais bel et bien triste, triste à en pleurer de sanglots suffocants, seulement je ne m'arrogeais pas ce droit jusqu'à la fin, par quel miracle et grâce à quelle force je n'en savais rien.

La nuit dernière, à nouveau ce rêve. 5 ans plus tard, et d'autant plus étrange que jusqu'à présent je n'avais jamais fait deux fois le même rêve (en en gardant le souvenir en tout cas).

Le même, et pourtant pas tout à fait. Un détail. Ajouté ? que je n'avais pas saisi la première fois absorbée par l'émotion ? Je ne sais pas, et pourtant il change tout.
La nuit dernière, en enfourchant son vélo pour partir et en se tournant une dernière fois vers moi, il avait le sourire, un air apaisé.
Aucune tristesse dans son regard. Ma sensation de malaise, d'angoisse a elle aussi disparue.

Et ce détail m'aide à comprendre. Si il avait eu le choix, connaissant sa personnalité et surtout sa fierté, il serait parti comme çà. Pas comme un mourant, il ne se serait jamais laissé visiter s'il avait eu son mot à dire, il n'aurait pas voulu qu'on chuchote dans sa chambre, qu'on lui parle comme à un enfant, qu'on affiche des mines défaites en le regardant...
C'est ce rêve qui m'a dicté ma conduite au moment critique.

Je ne vois rien de mystique dans tout çà. Je crois juste que de manière inconsciente notre cerveau emmagasine des informations que nous ne voulons pas voir, pas savoir. Ce premier rêve, alors que je menais tranquillement ma vie quotidienne surchargée sans penser une seconde à lui au loin était juste une mise en garde. Mon esprit qui me soufflait "attention ma fille, prends garde, ce jour là va arriver, il faut t'y préparer".

Le second, ce nouveau regard offert, surgit à un moment où ma belle Nana traverse une épreuve différente, mais suffisamment proche à mon sens pour que je fasse le lien. Et quand elle me parle, je me revois à veiller dans cette chambre, forte et stoïque alors qu'encore aujourd'hui la plaie est bien réelle même si elle s'est adoucie, apaisée.
Je ne trouvais pas les mots pour la réconforter, pas les miens en tout cas, juste ceux banals que n'importe qui aurait pu lui souffler.

Je ne pouvais pas lui apporter ce que moi même je n'avais pas compris...

mardi 10 novembre 2009

Choc

Une nouvelle vie dans la famille, un p'tit gars qui plus est. Le premier de ce côté là de la famille... Grande joie donc.

Et pourtant il a bien failli arriver en même temps qu'un grand malheur, et c'est la peur au ventre que chacun a fait ses félicitations au papa. Au papa seulement car la maman n'était pas en état de les recevoir, sur la table d'opération où elle était encore...
Une grand-mère voulant sourire pour son premier petit-fils mais pleurant pour sa fille ! Qui aurait cru çà possible, en France de nos jours ? Moi je suis restée sur le cul, vraiment.
A l'annonce de la nouvelle, un grand choc. La mise au monde d'un enfant est devenue chose si banale (même si douloureux et épuisant) que je pouvais imaginer que çà pouvait encore "se passer mal".

Autre choc aussi, celui de réaliser que cette femme qui m'a vu grandir et de quelques années mon ainée, dont je ne voyais depuis l'âge adulte que les défauts ne mérite pas çà. Qu'au fond, elle m'a beaucoup apporté et que malgré tous ses défauts elle reste ma tante, mon modèle d'une époque, une femme fragile.

Alors même si le choc est passé pour tout le monde après ces quelques jours d'angoisse, le mien persiste encore et je me demande, vraiment, quel monstre je peux être pour toujours me rendre compte et admettre à quel point les gens comptent pour moi qu'une fois que je les ai perdu ou suis sur le point de les perdre...

jeudi 11 juin 2009

Pour les autres... la paix est encore loin

Colère
Incompréhension
Douleur
Choc
Reproches
Tristesse
Doute
Culpabilité
...
Comme par une grande vague, tout le monde est submergé, à sa manière.

Déjà les souvenirs m'assaillent de toute part.

C'est une bien triste journée, mais belle tout de même, le soleil est là et çà t'aurai suffit.

Bonne route ma belle, je te souhaite que la suite, comme tu l'espérais, soit meilleure...

jeudi 23 octobre 2008

Bienvenue chez moi

Viens, y déposer ta peine, y verser tes larmes, mon sourire t'y attends.
Rien de luxueux que de l'accueillant, même si pas bien grand
Juste ce qu'il faut pour écarter les bras et t'y enfouir

Viens, viens et déposes y ton coeur, ta tête si elle devient trop lourde, là au chaud sur mon épaule.
J'en prendrai soin, n'ai peur de rien
Quelques volutes de fumées et tes pensées s'envolent avec elles

Viens, et donne moi ta rage, je saurai l'encaisser, ne rien en montrer.
On n'abordera pas les sujets importants, on oubliera le temps
Tu riras aux larmes, à en pleurer pour de bon justement

Viens, viens et raconte moi tout, vide toi de tes maux.
Vomis les, tard dans le noir, en me chuchotant tes espoirs
Donne moi ce que tu épargnes aux autres

Viens, et surtout ne dis pas merci.
Je suis là pour toi, et pour toutes les prochaines fois
A quoi bon une grande soeur, si elle ne servait à çà


lundi 20 octobre 2008

Arnaud

Un tube dans la bouche et les chairs douloureuses, elle cherche le souffle que ses poumons ne prennent plus.
Un réveil douloureux dans une chambre trop bleue, la main de sa mère dans la sienne. Elle qui gémit quand ses yeux s'ouvrent.
Le temps d'accueillir la lumière brûlante, la réalité se replace et elle est vivace, fulgurante. Un instant son coeur bat et fait vibrer tout son corps.

La voiture, pas de clignotant, trop tard.
Sa vision se brouille derrière ses larmes et le plafond disparait. Elles coulent sans perler, en un flot continue que rien ne pourrait arrêter.
Sa mère s'est approchée, pour déposer un baiser sur son front.
La force, sa seule force, pour réussir à lui chuchoter dans un murmure :

Arnaud...

L'intonation n'y est pas et pourtant la famille alentour trésaille. Un vague tremblement, amplifié par le silence qui vient de se faire.
Un écho à l'interrogation qui retombe dans le silence...

mercredi 3 septembre 2008

De l'humiliation

... et une pointe de déception.

Merci pour tes remarques acerbes, grâce à ta façon de faire les mois qui d'habitude me paraissent si longs entre deux visites ne passeront que trop vite cette fois.
Merci pour ton manque de délicatesse qui me conforte dans l'idée que le temps loin de toi n'est finalement pas du temps perdu.
Merci pour cette fois de trop qui finalement me libère d'un grand poids ; celui de ton jugement.
Merci pour ta méchanceté gratuite qui me rassure sur ma nature de "fille pas parfaite".
Merci de vieillir si mal quand je vis et grandis encore si bien.
Merci pour ta jalousie qui te montre tel que tu es.

Merci Papa, tu ne me manqueras plus.
A ton image, je ne me soucierai désormais plus que de moi, et de ceux qui le méritent. Qui ME méritent.
Je vais apprendre à jauger moi-même de ma valeur, puisque je n'ai plus foi en ton regard.
Merci de te punir toi même.
Merci encore.

mardi 15 juillet 2008

Ma soeur

Un soir de 14 juillet :


Olala, çà envoie là ! Ça doit être le bouquet garni



Je l'aime juste comme ça, à en rire aux larmes


lundi 14 avril 2008

L'homme que j'ai raté...

Souvent le week-end je prends le temps de partir aux nouvelles de la famille.
Mes grands-mères attendent joyeusement mon coup de téléphone dominical.

Il y a quelques mois ma grand-mère paternelle, encore engluée dans la solitude causée par la disparition de mon grand-père, m'apprenait que celui-ci écrivait. Qu'elle avait retrouvé de nombreux carnets noircis de sa main.
Cette révélation m'a considérablement intriguée et je lui demandais si elle serait d'accord pour m'en faire parvenir copie.

Que pouvait donc écrire cet homme ? Quelles pensées pouvaient bien se cacher derrière cet homme solitaire et silencieux, intelligent et loin de tout, à l'oeil malicieux et à l'allure triste ?
J'avais bien compris, trop tard, qu'aveuglée par son image de père fouettard, l'incarnation de l'autorité patriarcale qui effrayait petits et grands, je n'avais pu apercevoir que peu de ce qu'il était vraiment. Ce qu'il avait bien voulu nous montrer au final, et peu avant SON final justement.

C'était celui qu'il ne fallait pas déranger pendant sa sieste ou son feuilleton, qui répondait à toutes les questions de "Questions pour un champion" en faisant des mots-fléchés niveau 7 et pourtant ne lisait que des St-Antonio, qui partait en solitaire pour de longues ballades en forêt, qui pouvait rester dans la même pièce que son frère toute une après-midi sans parler, qui a remplacé mon père à mon concours de pêche père/enfant et qui était encore plus heureux et fier que moi de l'avoir gagné, qui ne disait jamais un mot encourageant ou gentil mais qui découpait soigneusement chaque article de nos "exploits" dans le journal local, qui ne donnait jamais son avis sur rien et ne disait jamais de mal de personne, qui ne savait s'adresser à ses enfants et petits-enfants qu'en criant, qui a été conquis et a conquis ma mère sans que je sache jamais pourquoi, qui ne décrochait jamais un téléphone, qui cuisinait admirablement bien pour un homme de sa génération : un ours pour certain dont je faisais partie.

Un homme qui s'est adouci avec le poids de la maladie, qui nous a tous fait prendre conscience qu'on avait raté quelque chose ensemble, qui de s'être ainsi un peu dévoilé sur ses derniers mois a démultiplié le champ des regrets et de la peine.
Un homme fier et solide à qui j'ai tenu la main (pour la première fois) une semaine durant sur son lit de mort, un corps chétif pour lequel j'ai bataillé les infirmières, suppliant de la morphine.
Un homme à qui j'ai promis silencieusement d'être forte moi aussi.
Un homme qui a fait ses adieux dans une Eglise de village bondée, qui est parti sans ennemi et sans personne pour en dire du mal... parti et son mystère avec lui.

Nous avons égrainé les albums photos de famille avec ma grand-mère à la recherche d'une photo de lui souriant pour la cérémonie, sans succès.


Ce week-end j'ai reçu une grande enveloppe avec l'écriture reconnue et si singulière de ma grand-mère. Elle a préféré tout recopier à la main plutôt que de photocopier d'où le délai, c'est ce qu'indique le petit mot glissé avec le carnet.

Cette lecture m'a profondément troublé.

Il écrivait bien, très bien même. Parfois en vers, parfois en prose. Variant le style au besoin de la narration le tout avec un vocabulaire très développé (j'ai eu recours au dictionnaire quelques fois). Sur tout et n'importe quoi, du fictif à des évènements de sa vie.
Quelqu'un de très prolifique, de très sensible et de très drôle. Tout en restant sobre et correct il était en réalité très moqueur et riait de bon coeur des comédies qui pouvaient se jouer sous ses yeux, il se qualifie lui-même à de nombreuses reprises de "taquin" "coquin". Des yeux d'enfant devant la beauté, qu'elle soit féminine ou champêtre...


J'ai lu et depuis je ne vais pas bien du tout.

lundi 31 mars 2008

Hattori Hanzo le killer

Comme déjà évoqué j'ai un nabaztag : HattoriHanzo.

Samedi soir beauf et belledoche à la maison, soirée ennuyeuse et à rallonge :

Bon ben on était content de vous avoir à la maison, mais faudrait peut-être penser à partir maintenant

Lanca-t-il de sa petite voix fluette

Y'a eu comme un froid...

vendredi 18 janvier 2008

Réminescence musicale

Il est certaines chansons qui nous sont liées, parce qu'écoutées pendant un chagrin d'amour, une période particulière de la vie ou partagées avec quelqu'un qui nous a marqué. D'autres qu'on n'écoutera plus jamais, parfois pour les mêmes raisons, mais qui de cette même façon ne nous laissent pas indifférent.
Personnellement j'en ai très peu. Non pas que je n'aime pas la musique, bien au contraire, mais pour qu'un morceau me laisse une telle trace il faut déjà qu'il soit vraiment particulier au niveau de l'émotion transmise et qu'il soit associé à un phénomène vraiment marquant.

Je n'en citerai donc que peu :
Roads de Portishead parce que cette chanson a été ma meilleure compagne de route. Dans mes solitudes et errances nocturnes (à divers degrés de lucidité), cette chanson me ramenait chez moi à chaque fois. Oreilles bercées, paroles fredonnées. Elle représente donc grande partie de mon adolescence. Les autres chansons de l'album aussi, mais celle-ci plus particulièrement.
Ensuite viens Linger des Cranberries. Tout simplement parce qu'elle est arrivée comme un cadeau, au moment où j'en avais vraiment besoin. Lors d'un été pourri, où je m'étais dit que le plus facile pour oublier et guérir était encore de fuir (et non ce n'était pas un chagrin d'amour d'ados à 2 balles), ce qui a eu pour résultat un isolement encore plus insoutenable. Je m'étais tourné vers mes amis pour un peu de réconfort (et quand j'en arrive à ce point là c'est que çà ne va vraiment pas fort), et malgré la distance, qui n'est pas un facteur facilitant quand on doit venir en aide à quelqu'un, j'ai reçu tout ce dont j'avais besoin. Un colis rempli de toute la gentillesse du monde. Ce jour là, la vraie drogue que j'ai reçu c'était cette chanson. Aujourd'hui encore elle garde ce pouvoir d'apaisement et de positivisme. Allez savoir pourquoi.

Donc voilà jusqu'ici rien de très passionnant me direz-vous, et vous avez raison, mais ici c'est chez moi j'écris ce que je veux et je vous merde.

Au delà de ces deux chansons, il y en a une plus particulièrement. Une qui m'a suivi toute ma vie, du berceau à aujourd'hui et qui m'a offert mon petit bonheur de la journée hier.

Petite mise en situation :
Journée morne et ennuyeuse. Au juste milieu entre "rien à faire je glande et je pars tôt" et "trop de boulot j'ai pas vu la journée passer"
En fin d'après-midi je décide donc que "merde je finirai demain là çà me gave", et que je vais profiter du temps vacant pour aller chercher un peu de réconfort : j'ai opté pour l'achat d'un nouveau sac, un grand qui pourra contenir le gros tome de fantaisie que je lis en ce moment et qui m'encombre une main dans les couloirs du métro (oui il n'en faut pas plus à une fille pour partir à la recherche de l'achat compulsif). Et comme je suis un peu maso, même si je sais que c'est les soldes et que je risque fort de me faire marcher sur mes nouvelles chaussures au prix exorbitant, je me rends dans un de mes "spots à sac", l'espace maroquinerie où je trouverais le plus de choix, le plus de tentations mais aussi le plus de monde.
J'aurai aimé avoir tort, il n'en fut rien. Le lieu, malgré l'heure encore raisonnable (entendez avant la sortie du travail de mesdames) était déjà chargé en Putafrange et autres Madame Seizième.
Au milieu de la cohue générale, je commence mon exercice de recherche, parce que bien évidemment le temps du métro j'ai eu le temps de me fixer sur un style, un format, une matière, une couleur et pour finir une marque.


Et là... les trois premières notes.

Je me stoppe net dans le rayon, des mois que je ne l'ai pas entendu. Je l'aurai presque oublié et voilà qu'elle vient à moi. Je maudis le monde alentour d'être si bruyant.
Je profite de la longue intro pour me faufiler dans un recoin plus isolé (l'espace bagagerie, peu de ces dames sont là pour çà), juste à temps pour finir de l'écouter tranquillement avant qu'il ne commence pour pouvoir fredonner en coeur les yeux fermés...

Remember when you were young,
You shone like the sun.




Pink Floyd, et ce morceau là en particulier c'est comme mourir et voir défiler ma vie devant mes yeux. Des images et des émotions qui se succèdent, comme des diapositives, et toutes plus agréables les unes que les autres.

C'est, enfant, le grand disque noir qui tourne, envoutant, dans la première platine Technics de mon père.
C'est la musique qui résonne partout dans la maison et dans ma tête, qui envahit mon espace pour la première fois.


Now there's a look in your eyes,
Like black holes in the sky.
Shine on you crazy diamond.



C'est aussi, les premières notes de guitare sèche, cent fois répétées et dont le rendu est si inaudible à comparer.
C'est la première électrique de mon père, encore. Le bois lisse et les formes épurées de la si belle Fender Stratocaster made in USA noire plaque en nacre qui était comme un membre de la famille et dont la vente m'a déchiré le coeur.
C'est l'anniversaire de mon père, et l'ouverture de son Multi-effet Marshall qu'il s'empresse d'aller régler en son clair pour nous jouer cette chanson.


You reached for the secret too soon,
You cried for the moon.



C'est mon salon, sur le canapé, la faire écouter à Spike à la fin des cours. Lui qui semblait s'en délecter autant que moi.
Ce sont des dizaines de fin de soirée, l'esprit embrumé, Titi et Alex à côté.
C'est aussi le point de départ de mon voyage découverte des années 70.


Well you wore out your welcome
With random percision,
Rode on the steel breeze.




C'est connaître chaque note qui va suivre la précédente.
C'est fermer les yeux et voir tout çà...


Come on you raver, you seer of visions,
Come on you painter, you piper, you prisoner, and shine !



C'est que, quoi qu'il arrive : vit et brille...


Réconfort acquis, je suis rentrée sans sac, mais avec le coeur léger...

...and shine

A mon papa que j'aime tant, à tout ceux qui ont écouté cette chanson avec moi, à tout ceux qu'elle touche...