Perdre une Plume

Accueil | Avis de lectures | Challenges | Contact

mardi 3 janvier 2012

De l'empathie

Il y a l'évidence, qui dit que c'est un don, utile, avantageux. C'est un fait.
Il y a ce qu'on tait ; le prix à payer...

On la confond parfois avec le syndrome du cœur d’artichaut alors qu'au contraire pour lui c'est du tout-venant relationnel, il ne fait pas de tri, il a un désir d'intimité initial.
L'empathie force à sélectionner, à bien s'entourer.
Parce qu'on sait qu'à être proche on prend aussi les peines, toutes.

Quand on comprend que les malheurs des autres fait le malaise de soi on a même tendance à être plus que sélectif, à ne pas pousser trop loin le degré d'amitié, d'intimité, de proximité. L'empathie est une malédiction qui pousse à la solitude.

C'est aussi, instinctivement cerner les gens dès la première rencontre, leurs failles surtout et ne pas prendre le risque. Déjà tourner la page sans même de mise à l'essai...

"Savoir se mettre à la place de l'autre". Un des premiers principes de communication, tous les psychologues de magazines féminins vous le diront, le premier commercial venu, le dernier des piliers de comptoirs...
Et savoir rester à la sienne ? Garder un point de vue extérieur ? Quand on ne sait pas faire çà pour ses proches, on se force, on devient froid de neutralité contrainte avant de succomber une fois le dos tourné.

C'est comme une maladie coupable ; il faut être bien faible pour se laisser atteindre ainsi. Alors on lutte contre soi, en permanence, à en devenir des blocs d'insensibilité pour tous les autres yeux que les siens... Juste histoire de s'isoler un peu plus finalement, espérer un jour ne souffrir que pour et par soi.
Honteuse au même titre. Il y a aussi une part d'égocentrisme là dedans, dans cette manière détournée de toujours tout ramener à soi au point d'en ressentir par procuration.

La seule porte de sortie : le contrôle.
En amont apprendre à faire le tri entre ses émotions et celles qui émanent des autres. En aval être capable de se vider de toutes ces émotions contenues. Au quotidien réduire les nuisances en évitant les gens hypersensibles ou qui vivent en permanence dans le drame, apprendre à ne pas culpabiliser quand on n'a pas réussi à contrôler...


Something in the Way by Nirvana on Grooveshark

samedi 10 avril 2010

De la confiance

Il y a ceux qui sont généreux, la distribuent comme une richesse, à profusion, à partager, aveuglément. Au risque de se voir qualifier de "naïf". Ils n'en n'ont cure, se sentent bien comme çà, ne regrettent même pas les fois où elle a été donnée à tort, extirpée et abusée. Un accident de parcours, tout juste.

Ceux là, même si on chuchote dans leurs dos, même si certains les mettent en garde, suscitent une certaine admiration, une admiration officieuse. Parce qu'ils ne vivent jamais dans la crainte, la suspicion, la méfiance. Ces mots leur sont étrangers, ils en riraient presque : pourquoi les a-t-on inventé ? Ils ne devraient pas exister.


Il y a ceux qui la donnent avec parcimonie et sagesse, comme un trésor, selon une liste de critères connus d'eux seuls. Cette clairvoyance semble naturelle et est bien rarement trompée, comme si la seule certitude y inscrivait la véracité.

De ceux là la compagnie est recherchée. En un sens c'est une belle reconnaissance que de se la voir attribuer par cette caste mystérieuse qui semble voir là où les profanes sont aveugles.


Il y a aussi ceux à qui il faut l'arracher, la batailler et la revigorer sans cesse. Ils veillent sur elle comme un dragon sur son tas d'or, prêts à mordre le premier qui s'en approche, qui hésitent, en cèdent un peu puis reviennent l'arracher brusquement. Ceux là seront souvent ceux qui finalement l'orienteront mal, se promettant de mordre plus tôt la prochaine fois...


mercredi 10 février 2010

Du doute

Ancrée là, dans le sol, alourdie par un poids au creux du ventre, et une gorge serrée comme pour retenir les mots qu'on pourrait y mettre.

Regarder en arrière, sans toutefois y voir où il faut aller et des interrogations lancées aux quatre vents, qui ne trouvent d'écho que dans des probabilités le plus souvent contradictoires.

Ouvrir grand ses yeux pour tenter d'y voir clair, et pourtant se sentir aveuglée, chancelante, toute certitude envolée. Vouloir être dure comme le roc mais se sentir fébrile tout de même.

Souhaiter par moment, que quelqu'un surgisse avec une évidence, cette réponse qui nous échappe.

Etre soudain extrait du monde en marche, de son train-train si confortable et relever la tête dans un moment de vertige désagréable et pourtant essentiel. Pour contempler le chemin parcouru, et, devant soi, le champ oppressant des possibles ; prendre le temps malgré le malaise de faire son choix...


vendredi 21 novembre 2008

De la solitude

Comment je sens que je suis seul ? Au quotidien ?
C'est peut être stupide mais chaque matin, la première personne à qui je dis bonjour c'est mon chauffeur de bus...

mardi 4 novembre 2008

De la trahison



Je la porte en moi comme un enfant, une racine pourrie qui niche au sein de mes viscères.
Elle étend ses longs doigts crochus jusque sur mon coeur, et les resserre peu à peu.
Elle se nourrit de mes angoisses et de mes silences.


Elle a trouvé sa place naturellement, là où rien d'autre n'existait auparavant que la confiance.
Elle l'a assassiné froidement, sans qu'aucune raison ne puisse s'interposer.
Son pouvoir est à la fois fascinant et terrible, faire de l'autre un ennemi. Sans condition, ni reddition.


Elle me traite de naïve, de conne même parfois.
Paralysante, elle bâillonne même la colère et c'est pourtant tout ce qu'il me reste.
Une tumeur insidieuse, qui sera là à jamais, inoculée volontairement et avec préméditation.


Plus de compromis, pour qui a été trahi.

mardi 30 septembre 2008

De la colère



* Papillonner *

Tu sais, au fond, je t'ai aimé dès que je t'ai aperçu la première fois. Toi, tu ne m'avais même pas vu. Tu étais si belle que je n'aurais pu espérer te posséder ne serait-ce qu'en rêve.
Pourtant j'ai osé, tu t'es laissé désirer, un peu, avant de céder.


* S'exposer *

Je me prenais pour le plus heureux des hommes le jour où tu es devenue ma femme. Tu as voulu un mariage en noir et blanc, quelque chose de beau, quelque chose de grand.
Moi, dans cette Eglise bondée d'inconnus tirés à quatre épingles, je ne voyais que toi.


* S'amuser *

J'avais toujours pensé retourner dans ma province, offrir espace et tranquillité à ma famille. Tu as préféré la vie de la ville et ton rôle de femme en tailleur.
Tu n'as même pas eu à me convaincre.


* Se responsabiliser *

Tu as voulu un enfant, j'ai trouvé l'idée merveilleuse. Comment ne pas vouloir un tel cadeau de ce qu'on aime le plus au monde ?
De couple nous sommes devenus parents.


* Pardonner *

Je me suis penché sur elle un instant, le temps de la voir grandir. Et toi, profitant de mon dos tourné, tu m'as trompé.
Le monde a chaviré, pour la première fois j'ai douté.


* Se leurrer *

Tu m'as aussi offert un petit garçon, comme un signe de réconciliation.
Ce nouveau bonheur m'a à nouveau comblé, et aveuglé.
J'ai marché et tout oublié.


* Abandonner *

Puis un jour, tu es partie. A peine le temps d'un souffle, tu t'étais enfuie.
Mille fois j'ai sombré, à t'imaginer dans d'autres bras.
Mille fois j'ai pleuré, cherchant ma faute.


* Résister *

Les enfants m'ont sauvé. Leur présence m'a forcé à te pardonner, encore. Ne développer aucune rancoeur qu'ils pourraient ressentir, ne pas faiblir.
Cesser d'essayer de comprendre et garder l'esprit libre pour s'organiser.


* Alterner *

J'ai mis ma vie de côté, pour qu'une semaine sur deux je puisse respirer leurs odeurs. L'autre semaine j'erre tel un fantôme, je me saoule de travail pour ne pas compter les heures.
Quand ils repassent ma porte le dimanche soir, je renais chaque fois. La vie est dans leurs yeux.


* Se révolter *

Et aujourd'hui, égoïste que tu es, tu voudrais me les reprendre ?
Qu'une fois de plus je me taise ? que je me plie à ta loi ?
Désolé ma belle mais tu m'as donné toute la matière pour me battre, et crois moi je ne perdrai pas cette fois.


* Et pour une fois, savourer *

Tu vas enfin goûter à la défaite, toi à qui personne n'a jamais rien refusé.
J'espère que cette fois c'est toi qui en restera amère.
Tu vas voir ce qu'est un homme en colère.

mercredi 3 septembre 2008

De l'humiliation

... et une pointe de déception.

Merci pour tes remarques acerbes, grâce à ta façon de faire les mois qui d'habitude me paraissent si longs entre deux visites ne passeront que trop vite cette fois.
Merci pour ton manque de délicatesse qui me conforte dans l'idée que le temps loin de toi n'est finalement pas du temps perdu.
Merci pour cette fois de trop qui finalement me libère d'un grand poids ; celui de ton jugement.
Merci pour ta méchanceté gratuite qui me rassure sur ma nature de "fille pas parfaite".
Merci de vieillir si mal quand je vis et grandis encore si bien.
Merci pour ta jalousie qui te montre tel que tu es.

Merci Papa, tu ne me manqueras plus.
A ton image, je ne me soucierai désormais plus que de moi, et de ceux qui le méritent. Qui ME méritent.
Je vais apprendre à jauger moi-même de ma valeur, puisque je n'ai plus foi en ton regard.
Merci de te punir toi même.
Merci encore.