Perdre une Plume

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samedi 28 juillet 2012

Morsure

Elena Michaels est un loup-garou et la seule femelle de son espèce. Voilà qui n'est déjà pas banal. Mais en plus, elle fait ce qu'elle peut pour être normale. Elle voudrait une vie ordinaire, sans ses désirs inhumains, sa sauvagerie, sa faim et ses instincts de chasseuse. Mais la Meute fait appel à elle. Enfreignant les lois du clan, des déviants menacent de dévoiler leur existence. Elena obtempère, car la loyauté du sang ne se discute pas. Et au cours de son combat, elle découvrira sa vraie nature...

Dans le cadre de mon baby challenge bit-lit je me suis attaquée à cette nouvelle saga. Je connaissais déjà Armstrong pour sa saga jeunesse / YA urban fantasy Pouvoirs Obscurs que j'avais apprécié et je m'attendais donc à un bon moment de lecture.

Au final celle-ci s'est révélée assez décevante, je m'attendais à mieux vraiment. Non pas que ce soit mauvais, ce n'est pas à ce point, ça se laisse lire, il y a même quelques moments de tension mais le sentiment général est un gros "bof".
Les personnages, aussi bien Elena que les autres, sont peu marquants. L'histoire en soi n'a rien de bien originale.

Très possiblement, plus qu'au départ c'est certain, ma meilleure connaissance de la bit-lit m'a rendu plus exigeante. Quand j'attaque une saga j'attends de la nouveauté, de l'originalité, un peu d'innovation, des personnages qui dépotent et pas juste une vague histoire d'amour (quand ce n'est pas tout simplement de cul :p) sur fond d'urban fantaisie gentillette qui sert de décor et qui sent le déjà-vu.
Malheureusement pour Armstrong sur le thème meute et loups-garous Briggs avait placé la barre très haut, elle n'a pas été à la hauteur...

Il y a tout de même quelques points positifs, malgré ce sentiment général. Déjà c'est très fluide et ça se lit bien. Armstrong sait écrire et mener une intrigue.
Ensuite plus que l'intrigue en elle-même le background d'Elena et sa relation avec les deux principaux loups-garous évoqués (le chef de meute et son second pour résumer) est prenant et sait éveiller la curiosité. J'ai juste regretté la manière dont Armstrong tourne un peu atour du pot par moment, le lecteur n'est pas stupide il comprend assez vite de quoi il retourne pas la peine d'en faire tout un mystère avant de livrer les détails.
Tout comme on se doute bien de ce qui advient avec Clayton...

Parlons d'ailleurs de ce Clayton ! L'un des vrais plaisirs de cette lecture réside dans les disputes qu'il occasionne avec l'héroïne ; il est méchant, il est drôle, vraiment buté... de quoi en faire un meilleur pote mais pas vraiment un sex symbol même si c'est tout de même amusant de voir Elena se débattre comme un beau diable face à l'inévitable.

Sachant que ce premier tome est aussi une mise en place, je ne sais pas encore si je poursuivrai ou non cette saga. Après ce coup d'essai je ne suis pas certaine qu'elle en vaille la peine,reste à savoir si elle décolle un peu par la suite ou pas...



Kelley Armstrong, Femmes de l'Autremonde, tome 1 : Morsure

***Du même auteur***
Saga Pouvoirs Obscurs : Tome 1, Tome 2, Tome 3


9/20

dimanche 1 juillet 2012

La seconde vie de Bree Tanner

Ce nouveau roman raconte l'histoire de Bree Tanner, une vampire de 15 ans transformée par Victoria (l’une des ennemies des Cullen, la famille d’Edward) en même temps qu'une vingtaine d'autres adolescents, pour former une armée de vampires qui combattrait les Cullen. Le roman se focalisera sur les trois mois qui se déroulent entre sa transformation en vampire et le combat final à la fin d'Hésitation à l'issue duquel elle meurt, tuée par les Volturi.

Nouveau-née torturée par sa transformation et la soif de sang qu'elle ne contrôle pas, elle est l'alter-ego de Bella et lui renvoie l'image de ce qu'elle serait si elle allait jusqu'au bout de sa décision de se transformer pour rester toute sa vie avec Edward.

J'ai mis cette nouvelle de côté un long moment, faute de courage pour replonger dans cet univers Twilight et surtout par peur de ne pas y trouver grand chose de nouveau si ce n'est une petite prolongation commerciale...

Et au final ce n'est pas si loin de la vérité. Certes on découvre mieux l'aspect vampire nouveau-né selon Meyer, leur sauvagerie et tout particulièrement au sein de l'armée que se crée Victoria.
Également, et ce n'est pas sans intérêt, on lève un peu le voile sur le jeu des Volturi même si l'ensemble manque de finalité.

Bree est un personnage naïf et peu attirant. Son récit bien que bref et touchant évolue sur un schéma assez rôdé et prévisible et donc on connait déjà la fin pour peu qu'on ait lu le second tome ou vu le second film de la saga.

Alors voilà, il y a deux petits intérêts et beaucoup de soupirs, de longueurs pour un entracte aussi court. Clairement même si je peux comprendre le plaisir des fans à lire là un bout de Twlight de plus je reste sceptique quant à l'intérêt de cette nouvelle.
Du point de vue de l'intrigue de fond de la saga, cette nouvelle n'apporte rien ou presque. En tout cas pas suffisamment pour en faire autre chose qu'une lecture destinée aux fans accros (à crocs huhu) prêts à débourser quelques euros de plus pour obtenir encore une dose !

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Stephenie Meyer, L'appel du sang - la seconde vie de Bree Tanner

Et comme je suis très forte et à peine submergée par mes challenges je croyais faire cette lecture pour mon Baby Challenge Bit-lit... en partie vrai, parce que c'était pour celui de l'année dernière :s


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jeudi 7 juin 2012

Alpha & Omega T0

Le prologue de la nouvelle série dans l'univers de Mercy Thompson ! Découvrez la rencontre d'Anna, une jeune louve battue et violée, et de Charles, le fils du chef des loups-garous d'Amérique du Nord. Envoyé par son père pour démêler une affaire délicate à Chicago, Charles est accueilli par Anna, que sa meute traite en esclave. Leurs regards se croisent et il comprend qu'il va devoir apprivoiser cette farouche jeune femme qui est bien plus que ce qu'elle ne paraît...

Dans l'attente du prochain Mercy Thompson et contaminée par l’enthousiasme des blogolectrices je me suis (encore) lancée dans une nouvelle saga :p

Et je dois bien dire que je me suis régalée ! On retrouve vraiment l'ambiance du monde de Mercy et cette mise en scène de la meute et de ses codes que j'avais tant apprécié dans cette première série.
On a donc un fond commun qui fait que cette série ne pourra que plaire aux lecteurs de Mercy. Premier bon point.

Le suivant c'est qu'elle nous permet de mieux découvrir certains des personnages secondaires qu'on croise dans Mercy et qui piquaient déjà la curiosité du lecteur : la meute et la famille de Bran, le marrok des loups.
Ce qui fait que même si cette pré-quelle est le départ d'une nouvelle série, le lecteur de Mercy n'est pas perdu pour ne pas dire très à l'aise et ravi et le nouveau lecteur est tout aussi à l'aise. Même si la série présente un autre intérêt pour ceux connaissant déjà le monde de Briggs, on peut tout à fait lire cette saga séparément et sans voir lus les Mercy Thompson.

Anna est un personnage complexe mais attachant, bien différent de Mercy mais qui promet une belle évolution. Par son biais on découvre le statut d'Omega, qui n'est pas vraiment éclairci dans cet épisode mais dont je ne doute pas qu'on en apprendra plus par la suite.
Sa relation avec Charles s'annonce à la fois ambigüe et prenante, j'ai hâte de voir comment Briggs va gérer ça mais je m'attends à un sacré duo dans les tomes à venir.

C'est donc une mise en bouche brève mais alléchante que cette préquelle, Alpha & Oméga s'annonce comme une nouvelle série que je vais dévorer et qui bien que différente m'enthousiasme déjà comme Mercy Thompson pour laquelle je me régale déjà à chaque tome ! J'ai été bien éclairée puisque les deux premiers tomes sont déjà dans ma PAL :p



Patricia Briggs, Alpha & Omega, T0 : L'Origine

***Du même auteur***
Mercy Thompson (Tome 1, Tome 2, Tome 3, Tome 4)

7/20

mercredi 2 mai 2012

A comme Association T4

Lors d'une mission particulièrement éprouvante, Ombe sauve la vie d'un loup-garous. Elle ne l'aurait peut-être pas secouru si elle avait su qu'elle en tomberait amoureuse...
Car son corps a beau être incassable, son coeur, lui, ne l'est pas.

Plus j'avance dans cette série plus je prends plaisir, et celui-ci est encore décuplé quand il s'agit des tomes de Bottero mettant Ombe en scène.

Même si j'ai su apprécier le tome précédent avec Jasper je reste particulièrement conquise par Ombe, j'aime vraiment ce personnage.
Savoir que ce tome est le dernier écrit par Bottero est un crève-cœur mais le plaisir de lecture est là, comme toujours.

Une fois de plus Ombe fonce seule et tête baissée et au-delà des violents corps à corps qu'elle maîtrise à la perfection elle se retrouve mêlée à un règlement de compte dans une meute de loups-garous qui va mettre son cœur à rude épreuve.
On la découvre donc sous un nouveau jour, son aspect plus sensible bien qu'endurcie et on est à la fois satisfait et inquiet pour elle... en même temps c'est un véritable plaisir que de la découvrir ainsi, d'en apprendre plus sur elle tout en la voyant en action.

Pour autant on reste loin d'un roman à l'eau de rose, l'action est bien présente, c'est juste bien dosé et très prenant. On finit ce tome bien trop vite !!

La fin est douce-amère, j'ai aimé ces retrouvailles avec Jasper et la clarification de leur relation. Enfin les deux personnages se trouvent et s'équilibrent pour réunir la saga avec un vrai duo, çà promet pour la suite !
Les derniers évènements de fin de tome laissent présager le pire, j'ai à a fois peur et hâte de passer au prochain tome...

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Pierre Bottero, A comme Association, Tome 4 : Le subtil parfum du soufre

***De la même série***
Tome 1 : La pâle lumière des ténèbres, Erik L'Homme
Tome 2 : Les Limites Obscures de la magie, Pierre Bottero
Tome 3 : L'étoffe fragile du monde, Erik L'Homme



samedi 21 avril 2012

Fièvre rouge

Je suis une sidhe-seer, une humaine capable de voir les faës, ces effrayantes créatures d'un autre monde installées parmi nous depuis des millénaires et dissimulées sous des voiles d'illusion. Mon univers a commencé à se fendiller à la mort de ma sœur, et j'ai l'impression que, depuis, il n'en finit plus de s'effondrer. Je ne parle pas seulement de mon petit monde personnel: il s'agit aussi du vôtre. Les murs entre humains et faës sont en train de s écrouler. Et je suis la seule à pouvoir nous sauver.

J'avais découvert cette série via mon challenge bit-lit de livraddict l'année dernière et vraiment pas accroché avec le premier tome.
Devant ce désamour nombreuses furent mes copinautes lectrices à m'encourager à poursuivre malgré tout, à coup de "oui tu as raison mais c'est vachement bien après !"... J'ai mis le temps avant de suivre leur avis, et je dois reconnaître qu'il était fondé.

Ce second tome gagne vraiment en épaisseur, que ce soit au niveau de l'intrigue ou au niveau des personnages.
MacKayla grandit, s'affirme et s'endurcit (en 2 mots elle est beaucoup moins agaçante). On a également "baissé le volume" côté scènes de sexe hilarantes ahurissantes et c'est tant mieux, on se concentre un peu plus sur le vrai fond de l'intrigue.
Barrons lui aussi gagne en intérêt et provoque une vraie curiosité chez le lecteur, il plane autour de lui une véritable ambiguïté et même si on se doute bien de la manière dont va évoluer sa relation avec Mac il y a un autre enjeu de lecture.

La fin elle est plus en demie-teinte. Le coup du "retour de la vengeance" du grand méchant est un peu décevant mais permet d'introduire un nouvel élément et un dénouement inattendu qui donne vraiment envie de poursuivre avec le tome suivant.

Grâce aux avis éclairés de mes comparses je poursuis donc l'aventure avec Mac & Barrons et j'apprends à savourée cette plongée dans le monde d'urban fantasy de Monning où fäes, seelies, unseelies et autres créatures volent la part du roi aux vampires et autres loups-garous habituels.

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Karen Marie Monning, Chroniques de MacKayla Lane, Tome 2 : Fièvre rouge

***Du même auteur***
Les chroniques de MacKayla Lane, Tome 1 : Fièvre noire


4/20

mercredi 29 février 2012

Mercy Thompson T4

Mercy Thompson a compris pourquoi sa race avait failli être exterminée de la façon la plus brutale qui soit. Quand les vampires ont quitté l’Europe pour immigrer en Amérique du Nord, ils ont trouvé que les membres de sa race avaient un talent caché... pour trucider des vampires.
Malheureusement pour Mercy, la reine du repaire de vampires de sa ville a découvert qui elle est. Elle est de plus furieuse parce que Mercy s’est mise en travers de son chemin et a tué l’un de ses vampires. Mercy pourrait avoir besoin de la protection de la meute de loups-garous et tout particulièrement de celle de son mâle alpha mais cela ne suffira peut-être pas à éloigner Marsilia qui a plus d’un tour dans son sac. Mercy ferait alors bien de surveiller ses arrières

On replonge du côté des vampires avec ce tome, pas forcément le meilleur côté d'ailleurs, à l'exception de Stefan un peu absent du tome précédent qui reprend un peu de place dans cet opus !

Après la fin assez rude du tome 3 qui laissait Mercy en piteux état, voici venu le temps du changement et de la reprise en main de Mercy qui doit faire face à pas mal de décisions difficiles.
Ce n'est pourtant pas une évidence ; Mercy peine à construire une relation stable et à l'assumer après sa mauvaise expérience de fin de tome précédent, sa mère débarque pleine de bonnes intentions mais bien trop envahissante face à la complexité de la situation, Stefan rôde et joue l'oiseau de mauvais augure, sans même parler des histoires de meute... pas vraiment le cadre idéal pour notre héroïne qui a finalement peu le temps de souffler et de se reprendre en main tant les évènements s'enchaînent ! Au point qu'elle est plus que tentée, lorsque la menace vampire se précise, de prendre la tangente et de planter gentiment tout ce petit monde.

Mais au final ce manque d'accalmie ne lui laisse pas non plus le temps de s'apitoyer et la force à se reprendre en vitesse, peut-être justement que les circonstances et évènements sont assez "moteurs" pour la pousser dans le bon sens (et oui u_u le jeu de mot avec la femme mecano).

Quoiqu'il en soit ce tome offre une certaine tension, on sent planer la menace qui ne se révèle que tardivement sous son vrai jour. Une fois de plus Mercy doit traverser un rude moment et là encore son expérience précédente lui sert assez pour se sortir intelligemment de cette situation épineuse !

En bref on se régale une fois de plus à la lecture (trop rapide ?) de ce tome. Autant les deux premiers de la saga se contentaient d'intrigues assez légères et inconséquentes, autant là depuis le troisième on sent naître une véritable épaisseur, que ce soit au niveau de l'évolution des personnages et de la trame de fond qu'au niveau des intrigues en elles-mêmes. C'est moins léger, c'est plus sombre et plus prenant à la fois !
Ah oui et on aime de plus en plus Adam aussi (graou !!)

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Patricia Briggs, Mercy Thompson, tome 4 : La Croix d'ossements

***Du même auteur***
Mercy Thompson :
Tome 1 : L'appel de la lune
Tome 2 : Les liens du sang
Tome 3 : Le baiser du fer

3/20


mardi 21 février 2012

Le trône de Fer, Intégrale 2

Au royaume des Sept Couronnes, rien ne va plus. La mort du roi Robert a clos une longue période d’été, de paix et d’apparente prospérité : le Trésor est au bord de la banqueroute, et trop nombreux sont les candidats prétendument légitimes au Trône de Fer : Stannis et Renly Baratheon le disputent à leur neveu Joffrey, tandis que Robb Stark, proclamé roi du Nord, s’efforce de venger son père naguère condamné à mort et exécuté sous couleur de trahison. Au fin fond de l’Orient, l’unique descendante des anciens rois targaryens médite sa revanche en élevant ses trois dragons… L’hiver vient, qui grouille de forces obscures, de mages et de morts-vivants, d’intrigants sournois prêts à tous les maléfices en vue de fins impénétrables.

Après la fin assez abrupte (et surprenante) de l'intégrale 1 c'est avec avidité que je me suis attaquée à cette deuxième partie que j'ai finalement engloutie bien plus rapidement que la première.

Pour deux raisons selon moi, en premier lieu c'est plus facile une fois familiarisée avec les personnages, les lieux et les diverses intrigues (parce qu'il y en a une flopée à intégrer au départ) et aussi parce que la traduction s'améliore nettement avec ce deuxième tome, on bute moins sur les phrases.

Pour autant l'intrigue générale avance assez peu dans cette partie. Comparée au premier tome le rythme est plus lent, de tout côté on sent que l'on aborde un moment clé dont on a ici la mise en place. La tension monte donc, de tous les bords c'est aussi pourquoi ce tome malgré sa lenteur se dévore.

Un peu à la manière d'une partie d'échec menée de main de maître, toutes les pièces sont en place et je sens que le prochain tome (et je l'espère de tout cœur) sera plus explosif !
Ce ralentissement permet aussi de développer certains personnages et la vision que l'on a d'eux. On voit grandir Arya par la force des choses, Jon Snow comprendre la réalité du monde de l'autre côté du Mur, on est surpris par Sansa, on déteste Joffrey plus que jamais et on se prend d'affection pour le lutin... À voir ainsi se déchirer les différentes parties pour le Trône, souvent de manière bien stupide d'ailleurs, on perd souvent la notion de bons et de méchants, de légitimité et d'usurpateurs...

La part fantastique prend un peu plus de place que dans le tome précédent et on peut s'en réjouir. G.R.R Martin utilise parfaitement bien cet élément pour donner une touche angoissant et sombre supplémentaire.
Là où je suis un peu plus déçue c'est sur la partie concernant Daenerys Targaryen qui fait vraiment du sur place dans ce tome. J'attendais beaucoup (et j'avais adoré cette partie du récit dans la première partie) et je n'ai pas eu grand chose à me mettre sous la dent, je me suis même ennuyée par moment :s

La suite au prochain épisode !

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George R.R. Martin, Le Trône de fer l'Intégrale, Tome 2

***Du même auteur***
Le Trône de Fer (partie 1)

8/20

dimanche 19 février 2012

Rien ne s'oppose à la nuit

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

J'avais lu, entendu, nombres d'éloges sur ce roman et pourtant rien n'aurait vraiment pu me préparer à cette lecture. Nous avons tous une mère : différente, idolâtrée ou détestée, appropriée... et le travail de Vigan qu'elle que soit la mère qu'on ait ou qu'on ait eu ne peut que faire écho chez le lecteur.

L'auteure se prête à un jeu difficile, celui de l'analyse impossible d'une mère, depuis ses yeux et sa compréhension d'adulte à travers ses souvenirs d'enfance. Difficile, elle le dit elle-même, souvent, dans ces chapitres qui alternent entre récit de la vie de sa mère et récit de son travail d'écriture. Elle dit écrire par besoin, pour pouvoir écrire ensuite autre chose, sans vraiment chercher la vérité mais une vérité plus proche du roman (ce qu'elle fait de mieux soit-dit en passant).

C'est d'ailleurs très vite la forme que prend son récit. Nous ne sommes pas face à une biographie ou à une énumération de faits, mais à un drame qui se joue souligné par les chapitres où l'auteure reprend le "je" et explique, analyse, cherche à comprendre.
Et au final quelque soit la part de "vérité" dans cet ouvrage on ne peut qu'être admiratif de la façon dont elle se livre, elle, son histoire et celle de sa famille avec justesse et sensibilité.

Ajoutons que face à cette écriture "pénible" d'un roman qui l'empêche de dormir, de ce retour dans le passé qui la rend presque malade, Vigan atteint des sommets de virtuosité au niveau du style. Quelques vérités universelles sur le rapport à la mère et d'autres passages qui ramenés à soi m'ont tiré quelques larmes (et de tels livres se comptent sur les doigts d'une main).

Que vous dire de plus ? J'ai adoré. Il a gagné une place de choix dans ma bibliothèque parce qu'il est à la fois un roman atypique et sincère et qu'il y a des rencontres avec des livres qui nous marquent au cœur et à l'âme, Rien ne s'oppose à la nuit en fait partie.

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Delphine de Vigan, Rien ne s'oppose à la nuit

***Du même auteur***
No et moi


6/20

mardi 14 février 2012

Le Cycle d'Avalon T1 : Les dames du lac

La légende du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde n'avait, depuis longtemps, inspiré un roman d'une telle envergure, d'un pareil souffle. Et, pour la première fois, ce draine épique nous est conté par une femme à travers le destin de ses principales héroïnes. Bien sûr, Merlin l'Enchanteur, Arthur et son invincible épée Excalibur, Lancelot du Lac et ses vaillants compagnons, tous sont présents mais ce sont ici les femmes, exceptionnellement attachantes, qui tiennent les premiers rôles : Viviane, la Dame du Lac, grande prêtresse d'Avalon, Ygerne, duchesse de Cornouailles et mère d'Arthur, son épouse Guenièvre, Morgane la Fée, soeur et amante du grand roi... S'appuyant sur plusieurs années de recherches, cette épopée envoûtante est bien autre chose qu'un roman historique de plus. Elle relate la lutte sans merci de deux mondes inconciliables, celui des Druides et des anciennes croyances défendant désespérément un paradis perdu et celui de la nouvelle religion chrétienne supplantant peu à peu rites et mystères enracinés au coeur de la Grande Bretagne avant qu'elle ne devienne l'Angleterre. Au-delà du rêve et de la réalité, au-delà des passions tumultueuses, où l'amour charnel, loin de toute notion de péché, pouvait s'extérioriser librement, au-delà des intrigues de Cour, des larmes et du sang, voici une nouvelle et fascinante reconstitution de l'un des thèmes romanesques les plus impérissables de toute l'histoire de l'Occident. Eternelle histoire d'amour et de mort, vécue et ressentie intensément par celles sans lesquelles l'exaltante aventure des Chevaliers de la Table Ronde, opposant forces du mal et hommes de bonne volonté, n'aurait jamais existé.

J'aime assez les légendes arthuriennes et sur le thème on trouve vraiment de tout, du bon comme du moins bon. Ma dernière lecture était le cycle de Lawhead qui m'avait somme toute assez ennuyée, principalement par son approche du christianisme et son absence de magie proprement dite.
Bradley par sa version plus féminine a quant à elle su me convaincre.

On se laisse facilement emporter par ce récit de la bouche de Morgane, un autre regard, une autre version qui évite l'écueil du déjà fait et apporte une autre perspective à ces légendes.
Il y a juste ce qu'il faut de moyen-âge, de magie et de croyance, de chevaliers et de romances pour que l'ensemble soit juste et équilibré.

Pour ce qui est de la plume de Bradley, rien à redire non plus. C'est juste sans être chargé, simple et élégant sans être simpliste et les mots laissent place au récit et à l'immersion. Bref impeccable.

J'ai aimé tout particulièrement que les femmes soient ainsi placées au centre du récit.
On fait difficilement plus viril que les légendes arthuriennes : chevaliers de la table ronde, armures et batailles diverses... Alors que justement les femmes y tiennent un rôle important, que ce soit Viviane, Morgane ou encore Guenièvre !

Un seul regret, et qui m'est imputable, mais j'avais en tête l'adaptation vue au hasard un dimanche sur le câble (sans savoir que c'était une adaptation d'ailleurs) : Les brumes d'Avalon avec Julianna Marguiles (de Urgence qui interprète Morgane) Mickael Vartan (de Alias qui joue Lancelot) et Anjelica Huston (de la famille Adams avec un sacré coup de vieux !)... Bref pour le coup j'avais un peu les images du film en tête et qui plus est je n'ai pas eu trop de surprises ! J'ai un peu regretté mais bon... Au passage l'adaptation est bien et fidèle au roman (enfin le film couvre les deux romans mais de ce que j'ai vu/lu çà correspond parfaitement et c'est bien retranscrit).

Voilà je vous conseille donc, adepte des légendes de la table ronde ou non, adepte de la fantaisie et/ou du médiéval fantastique ou non, je pense vraiment que ce roman peut séduire un large public :)

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Marion Zimmer Bradley, Les Dames du lac

C'était une LC organisée sur Livradict, voici les avis des autres participants : Agnès, Natiora, P'tite elfe

7/20


dimanche 22 janvier 2012

L'amant

Roman autobiographique mis en image par Jean-Jacques Annaud, L'amant est l'un des récits d'initiation amoureuse parmi les plus troublants qui soit. Dans une langue pure comme son sourire de jeune fille, Marguerite Duras confie sa rencontre et sa relation avec un rentier chinois de Saigon. Dans l'Indochine coloniale de l'entre deux-guerres, la relation amoureuse entre cette jeune bachelière et cet homme déjà mûr est sublimée par un environnement extraordinaire. Dès leur rencontre sur le bac qui traverse le Mékong, on ressent l'attirance physique et la relation passionnée qui s'ensuivra, à la fois rapide comme le mouvement permanent propre au sud de l'Asie et lente comme les eaux d'un fleuve de désir. Histoire d'amour aussi improbable que magnifique, L'amant est une peinture des sentiments amoureux, ces pages sont remplies d'un amour pur et entier.

Un grand classique dont je m'étais malheureusement quelque peu spoliée la lecture en ayant vu le film il y a quelques années. Ce sont donc principalement ses images là qui se sont imposées à moi alors que je faisais défiler les page.

Étrangement le livre m'a plus dérangé que le film ! La part autobiographique est beaucoup plus sensible d'une part et les mots peut-être plus crus... (çà reste léger mais j'ai trouvé cette lecture assez rude au final).

Si j'ai aimé cette description de l'Indochine coloniale et l'ambiance qui imprègne ces pages, j'ai eu plus de mal avec cette petite Marguerite si dure et blindée qui agit avec une certaine froideur, résolue et résignée.
Possible aussi que l'auteur malgré les années se doit de prendre une certaine distance avec les évènements passés qu'elle retranscrit ici, toujours est-il que la sensation a été pour moi dérangeante.

Le 4ème de couverture parle d'amour, je n'en ai pas vu. J'ai lu de la passion émotionnelle et physique, celle du jeune homme est certaine, mais rien de romantique ou de sentimentale...

Reste que Duras écrit admirablement bien, son style est à la fois épuré et poétique, chaque mot est à sa place, mesuré, choisi. Un délice.
Un livre donc qui mérite sa bonne place au sein de la littérature française, et également qu'on s'y attarde mais qui ne m'aura pas convaincu outre mesure au delà de son ambiance et de sa forme.

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Marguerite Duras, L'Amant

C'était la lecture du mois de juin (Je ne l'ai pas publié dans les temps, tant pis et de toute façon je m'acharne à finir ce challenge !)
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