Perdre une Plume

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mercredi 5 juin 2013

[BD]Elric Tome 1 : Le trône de rubis

Empereur de l’antique île aux Dragons de Melniboné, Elric, albinos et malade, règne sur un peuple plurimillénaire à la puissance héritée des dieux. Mais sa santé fragile l’oblige à user de drogues et de magie pour survivre. Son cousin Yyrkoon, qui méprise ces faiblesses, tente de remettre en cause sa légitimité à posséder le trône de rubis. Apprenant qu’une attaque de pirates sanguinaires se prépare, Elric saisit l’occasion pour tenter de restaurer son autorité. Il va révéler ainsi une personnalité complexe, mais aussi son allégeance aux sombres desseins d’Arioch, le plus puissant des Seigneurs du Chaos…

Découvrez l’adaptation en bande dessinée de la célèbre saga d’Elric de Melniboné ! Né sous la plume du Britannique Michael Moorcock en 1955, cet antihéros décadent empreint d’un romantisme tragique – alors rare dans l’heroic-fantasy – est aujourd’hui une référence incontournable du genre aux côtés de Conan le Barbare et du Seigneur des anneaux. La saga d’Elric a été depuis plus de cinquante ans déclinée à de multiples occasions en littérature, bande dessinée (pour la première fois par Philippe Druillet en 1969 !), comics, jeux vidéo, jeux de rôle… Épique, gothique, démesurée, ensorcelante, cette nouvelle adaptation 100 % française, somptueusement mise en images par Didier Poli et Robin Recht, a reçu l’approbation enthousiaste de Michael Moorcock lui-même et est déjà vendue dans les pays anglo-saxons avant même d’avoir été publiée dans l’Hexagon.

Elric fait partie de ces héros quasi mythique de la littérature fantasy, je ne m'étais pas encore attaqué à Moorcock malgré la récente réédition préférant terminer mes gros cycles en cours (Drizzt la légende de Salvatore notamment).
C'est donc avec plaisir que j'ai fait connaissance en mode graphique avec ce héros intriguant !

Qu'en dire au final ?
L'album en soi déjà est un très bel objet, et quand on parle bédé ce n'est pas rien. On sent le travail respectueux et de qualité, le sens du détail, l'hommage rendu.
La bédé offre donc de belles pages, aux dimensions imposantes. On est au large dans les cases qui laissent place aux détails et aux plans larges avec un bon rendu.

Ajoutons que cette première édition se referme sur un portfolio en supplément, les auteurs nous livrent leurs essais et travaux de recherche autour des personnages et décors ; très enrichissant !

Au niveau de l'intrigue, ce premier tome est plus une mise en bouche. On découvre l'univers et les personnages, leurs interactions. Elric au centre bien sûr mais aussi sa femme (soutien dans l'ombre et personnage fort que j'ai beaucoup apprécié) et le méchant cousin (uhuh).
J'ai souvent pensé à Drizzt au cours de cette lecture : le peuple d'Elric et ses coutumes sont rudes, décadentes sans aucune place pour la pitié ou les faibles, et pour le côté anti-héros du personnage principal qui colle peu avec l'univers et est en dehors de la norme.
L'intrigue n'a toutefois pas grand chose en commun mais si vous avez aimé le personnage de Salvatore je vous le conseille d'autant plus.

L'aspect fantastique s'amorce arrivé en fin de volume avec l'entrée en scène d'un démon, on a certes eu un léger aperçu de la magie d'Elric en milieu de tome mais là c'est plus spectaculaire et donne envie de connaître la suite !

En résumé c'est un très bel objet que cette adaptation française d'Elric, ce premier tome est impeccable d'un point de vue graphisme.
C'est un peu plus léger au niveau du contenu, on arrive vite au bout sans avoir eu grand chose à se mettre sous la dent, j'aurai apprécié un peu plus de fond ou alors quelques pages de plus ? On reste un peu trop dans l'introduction à mon goût, dommage !
En tout cas maintenant que c'est fait j'attendrai davantage du prochain tome :)



Merci à Babelio et aux éditions Glénat pour cette lecture !

Julien Blondel & Didier Poli & Co, Elric tome 1



lundi 25 mars 2013

[BD] Automne

C'est un mardi gris d'octobre semblable à tant d'autres dans la petite ville de Dockwood. Les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes: à la maison de retraite d'Elmview, un garçon de cuisine prépare le repas des pensionnaires; le long de la rue Nettlefield, un livreur de journaux finit sa ronde; et dans les arbres les hirondelles se rassemblent à grand bruit avant de s'envoler vers l'Afrique.
Oeuvre contemplative et douce-amère, Automne suit les trajectoires de ces habitants, que Jon McNaught se plaît à faire se croiser, avec, pour toile de fond, les vestiges de l'arrière-saison.

J'ai choisi cette BD (prix révélation Angoulême de cette année) dans le cadre de l'opération PriceMinister fête la BD que je remercie au passage pour cet envoi :)

C'est le visuel qui m'a attiré vers cet album et j'ai été plus que ravie de le voir prolongé dans les pages intérieures. Le dessin est à la fois simple et efficace, la colorisation très liée au thème et reflétant bien l'esprit des deux histoires abordées.
Il y a au final peu de texte, les dessins parlent beaucoup (efficace comme je le disait plus haut). Le sentiment qui en ressort est celui du calme et du silence, une vraie sensation automnale !

La première histoire nous livre le quotidien d'un jeune homme travaillant en maison de retraite et retranscrit tout un tas de chose : la routine, le temps qui passe, les souvenirs, la vieillesse... C'est à la fois subtil, délicat et un peu triste mais très réaliste. J'ai beaucoup aimé, avec mention spéciale pour les cases descriptives où certains résidents sont comme résumés à travers quelques objets.

La seconde se tourne vers la jeunesse, on découvre un jeune homme qui sort de classe et se rend à son job de distribution de prospectus avec un camarade.
Il y a un peu plus de dialogues et pourtant là encore se sont les images qui parlent le plus. Il est toujours question de quotidien et de routine, de la pesanteur silencieuse de la saison.
Là encore beaucoup d'évocation. Cette seconde m'a moins touchée que la première mais j'ai su l'apprécier également.

En résumé ce fut un vrai plaisir de découvrir le trait de Jon McNaught, il y a dans ces pages un art de la mise en scène appuyé par la quasi-absence de texte qui est assez remarquable. C'est une bédé à l'ambiance réussie qui reflète le quotidien assez monotone et dans les tons marron de la saison éponyme.
Un petit plus au niveau du scénario en aurait fait un coup de cœur !

65670873we4.gif 16/20.

Jon McNaught, Automne

samedi 5 janvier 2013

Pizza Roadtrip

Quand Rudy appelle son "vieux pote" Romuald à 2 heures du matin pour un "petit service", ce dernier sent immédiatement qu'il va s'agir d'un truc un tout petit peu plus emmerdant qu'une fuite d'eau à réparer ou un pneu à changer. Il n'a pas tort ! Le voilà embarqué malgré lui dans une course un peu particulière à travers les routes de France, jusqu'au fin fond du trou du cul du monde, pour livrer un paquet un peu plus encombrant qu'une pizza. Jusqu'où est-on prêt à aller pour rendre service à un ami ?

Tout le monde ou presque connait Eldiablo pour sa participation aux Lascars, Cha peut-être un peu moins mais il me semble vous avoir parlé il y a quelques années de son blog BD (ahaha même qu'en cherchant bien on retrouve, l'article est et date de 2009 déjà !).
J'étais vraiment très curieuse de voir le travail de ce duo quand j'ai découvert qu'il avait fait un album ensemble lors du dernier Masse Critique BD de Babelio.

Qu'en dire au final... C'est une vraie alliance de talents. On retrouve l'ambiance et les anecdotes "racailles" de Eldiablo et le trait si reconnaissable de Cha qui vaut vraiment le détour (avec mention spéciale pour ses jeux de colorisation que j'ai beaucoup apprécié).
L'ensemble est à la fois sombre et drôle, grinçant même par moment que ce soit du fait des situations ou des répliques avec un petit côté déjà vu parfois mais bien pardonnable.

Plus que la mise en avant d'une amitié bancale c'est le personnage de Mathilde qui m'a le plus marqué, une petite amie grande gueule sûre d'elle et aucunement victime qui gère la galère avec recul, une fille qui en a quoi ! Au point qu'elle en devient même un peu flippante pour tout dire :p

J'ai donc apprécié la découverte de ce duo et cette bédé qui somme toute se lit très rapidement, ce n'est pas vraiment humoristique même si c'est drôle par moment, l'ensemble est globalement assez sombre mais pas déplaisant et vaut la peine qu'on s'y attarde.



Merci à Babelio/ et aux éditions Ankama pour cette lecture !

Cha & Eldiablo, Pizza Roadtrip

tous les livres sur Babelio.com

mardi 20 novembre 2012

[BD] Les grands moments de solitude de Mikaël Guérin

Un moment de solitude, ce n’est pas seulement débuter dans une entreprise dont on ne comprend rien et tenter de se faire des amis sans succès. Non. ça, ça arrive à tout le monde. Pour avoir un VRAI moment de solitude, il faut s’appeler Michaël Guérin, avoir un humour totalement incompris par les autres, reprendre le poste d’un salarié décédé et essayer de se faire une place parmi un patron sadique, un DRH aveugle ou des collègues incompétents et alcooliques. Ah, et au fait : on vous a dit que la hotline informatique était gérée par la femme de ménage ?

Je connaissais déjà Dubuisson pour avoir adoré sa Nostalgie de Dieu (que je vous recommande chaudement soit dit en passant).

Mikaël Guérin est jeune salarié fraîchement débarqué dans l'administration, et il est un peu du genre looser il faut le reconnaître !
Dubuisson est vraiment drôle, enfin moi ça me fait beaucoup rire, et ce jeune homme mis en situation d'échec en permanence (blague qui tombe à plat, maladresse sociale et situations cocasses...) est touchant. Du genre à vous faire dire "pas de bol" plus d'une fois pendant la lecture !
Ajoutons à ça le contexte de l'administration, avec ces codes étranges et leurs fonctionnements si particuliers et il a fini de me convaincre :)

J'aime aussi ce style épuré et qui fonctionne si bien ! C'était déjà le cas avec la première BD et je retrouve ici ce même style si efficace.
Si vous ne connaissez pas vous pouvez découvrir Dubuisson en ligne sur son blog ou encore des extraits de La nostalgie de Dieu sur http://pourdieutapezun.canalblog.com (qui vient d'être adaptée au théâtre d'ailleurs).
Et pour les connaisseurs la suite des aventures de Guérin est en ligne sur http://bureau.lapin.org/, miam !



Marc Dubuisson, Les Grands Moments de solitude de Michaël Guérin

jeudi 26 juillet 2012

Les Conquérants de Troy T1

Troy est un monde neuf, découvert depuis peu. Il appartient au puissant et transplanétaire Consortium des Fleurs. Cette compagnie se livre à une expérience de colonisation basée sur les pouvoirs parapsychologiques, et les colons débarqués sur Troy sont rarement là de leur plein gré. C'est le cas de Page Blanche et de son frère Zuynn, à la recherche de leurs parents dont ils ont été séparés. Mais Zuynn est enlevé par les Grades Fleuris du redoutable Van Laack. Il est contraint à travailler à l'édification d'une immense tour qui doit servir à relayer sur Troy la puissance du Magohamoth. Quatre mille ans avant l'histoire de Lanfeust, cette nouvelle fresque raconte le monde de Troy des origines...

Je suis une grande fana de Trolls de Troy depuis des années, un peu moins de Lanfeust... Quand j'ai découverte cette autre série sur les origines de Troy je n'ai pu que craquer !

Au final c'est assez plaisant, et c'est vraiment à mi-chemin entre les deux séries pré-citées... Nous sommes aux prémices de la société humaine sur Troy, l'homme découvre les pouvoirs que lui octroie cette étrange planète et les trolls bénéficient encore d'une certaine liberté même si ils apparaissent peu dans ce premier tome j'ai bon espoir de les croiser dans les suivants !

C'est même assez plaisant de découvrir en chair et en os les héros si souvent mentionnés dans Lanfeust, de parcourir ce royaume encore si sauvage et les raisons qui ont poussé les hommes à l'investir ainsi que l'origine somme toute assez modeste de ses premiers habitants...

A suivre !



Arleston & Tota, Les conquérants de Troy, Tome 1 : Exil à Port-Fleuri

lundi 4 juin 2012

Alice au pays des merveilles

Le monde magique que découvre Alice en tombant dans le terrier du Lapin Blanc est sombre, effrayant... délicieusement dangereux. Il a perdu toute logique et, pour qui ne connaît pas les règles, le risque est grand de perdre la tête, au sens propre du terme ! Voici une nouvelle version du chef-d'oeuvre de Lewis Carroll, très fidèle à l'histoire originelle et magnifiée par un dessin délicat, rehaussé d'une subtile mise en couleurs. Petits et grands y (re)découvriront ainsi un imaginaire extraordinaire, qu'aucune entrave ne vient limiter. Pour leur première collaboration, les auteurs David Chauvel et Xavier Collette livrent avec Alice au pays des Merveilles un hommage amoureux à ce conte onirique, d'une évidente modernité.

J'adore Alice au pays des merveilles, de l’œuvre originale en plusieurs éditions (et en VO !) aux adaptations en tout genre je suis collectionneuse dans l'âme.
C'est donc tout naturellement que j'ai craqué sur cet album, tombé sous le charme de cette couverture prometteuse...

Et je dois reconnaître que l'illustration a été au rendez-vous, c'est tout bonnement magnifique et d'une grande qualité aussi bien au niveau de la colorisation que des détails (et puis ce chat, ce que j'ai aimé ce chat !).
On est entre romantisme et ambiance à la Burton, c'est vraiment très réussi.

Je ne peux malheureusement pas en dire autant de l'adaptation du texte : on ne peut pas à la fois vouloir être si fidèle et proche de l’œuvre originale en si peu de pages !<
Ceux qui ont lu le roman de Lewis Caroll savent qu'au-delà des apparences c'est une œuvre difficile, pleine de non-sens, de jeux de mots ; un monde de l'absurde et de la fantasmagorie alternant merveilles et angoisses.
Or ici on tente de couvrir l'ensemble des épisodes en un tout bien trop court, donnant un sentiment de non-continuité dérangeant. On passe du coq à l'âne sans transition ou presque pour ainsi dire, on tronque des épisodes qui en perdent tout intérêt, etc... à défaut de faire l'impasse sur certains passages. J'aurai préféré moins (quitte à être déçue de l'absence de certaines scènes) mais mieux ! Pour le coup c'est un peu bâclé et ne donne pas un résultat uniforme voire même carrément bancal pour certaines scènes, dommage.

Surprise aussi par ce choix d'adaptation du texte, somme toute assez proche de l'original, qui n'en fait pas un album véritablement accessible pour les plus jeunes. Je ne sais pas pourquoi à mes yeux c'était une adaptation et un album jeunesse, dans les faits il ne convient pas selon moi à un moins de 10 ans.
L'intérêt est autre toutefois, à défaut d'être pré-digéré pour un jeune public, on colle au plus près du texte original ; pour les puristes c'est appréciable.

Bilan en demi-teinte pour cet album donc : à la fois les illustrations et la mise en page sont plus que séduisantes mais l'adaptation de texte bien que se voulant fidèle à l’œuvre originale est à mes yeux maladroite et bancale.
Plus que la magie du monde de Lewis Caroll nous sommes face à un hommage se voulant fidèle mais raté d'un copiste frustré de ne pouvoir faire tenir tout l'art de Caroll en 72 pages, qui n'a pas osé faire les choix nécessaires face à cette question du format réduit et qui par là même n'a pas su s'approprier le texte.
C'est d'autant plus dommage que la qualité esthétique de l'album vaut vraiment le détour !

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David Chauvel & Xavier Collette, Alice au Pays des Merveilles

samedi 14 avril 2012

Une bien belle nuance de rouge T1 : Garance

Un conte gothique et atypique qui nous parle aussi du mal-être de l’adolescence. Un délicieux moment de vampirisme surnaturel… A 16 ans, Garance est une ado mal dans ses Converse. Comme beaucoup de filles de son âge, elle se trouve trop grosse et moche. Orpheline de mère, Garance a vécu ce décès comme un abandon, d’autant que les absences répétées et le manque d’affection de son père n’ont fait qu’aggraver son traumatisme. Heureusement qu’il y a l’obscurité, la nuit… Ces ténèbres rassurantes et fascinantes dans lesquelles elle peut se blottir et trouver refuge. C’est ainsi qu’un soir, Garance fait la rencontre d’Ambroise, un personnage sans âge, étrange et troublant, qui ne la laisse pas insensible… Dépassant les âges, les genres, les interdits et le réel, l’histoire d’amour et de mort que met en scène Mauricet tient autant du Dracula de Bram Stoker que de Roméo et Juliette. Associant le mal être adolescent, la passion interdite et le surnaturel, l’auteur flirte avec un genre inédit pour lui et montre une nouvelle facette de ses talents de conteur et de dessinateur. Une nouvelle série atypique où le danger est palpable à chaque page.

C'est le titre (oui c'est une habitude décidément) qui a orienté mon choix vers cette BD lors de la dernière édition Masse critique spéciale BD.
Je connaissais Mauricet de nom, surtout pour ses BD jeune publique ou humoristiques et j'étais donc curieuse de voir ce qu'il offrirait dans un autre répertoire qui me concerne plus.
C'est donc alléchée par cette promesse d'un "conte gothique" que je me suis plongée dans les cases de ce premier tome...

Première constatation : graphiquement c'est atypique mais très réussi, j'aime, je valide. Les couleurs, le traits, les personnages et les décors rien n'est laissé au hasard, l'ensemble est soigné, travaillé : rien à dire.
Au niveau de l'ambiance couleur on est dans ce à quoi je m'attendais, assez sombre avec du rouge vif souvent qui contraste bien.
C'est fluide et instinctif à la lecture ; on n'est pas "à la recherche de la case suivante" comme çà peut parfois être le cas avec certaine mise en page farfelue !

Là où le bât blesse c'est au niveau du fond : l'intrigue ne décolle pas, elle est plate et plus que prévisible, aucun mystère, aucun suspens, aucune surprise, aucune tension... Bref on s'ennuie un peu !
Ajoutons que Mauricet prend plaisir aux filles dénudées, on a donc du prétexte aux nues à toutes les sauces... Pour combler les vides peut-être ?
Alors oui, bon, c'est sûr, le vampire fait vendre en ce moment et les filles nues depuis toujours mais quand même ! Il faut donner un petit quelque chose au lecteur non ?

C'est donc un bilan plus que mitigé, à la fois j'ai apprécié la forme : aspect graphique, mise en page, cahier en supplément à la fin, les détails sur le personnage principal ; autant le fond est d'une platitude décevante et un peu ennuyeuse...
Je ne pense donc pas que je continuerai avec cette série, mais j'espère tout de même qu'elle prendra un peu d'ampleur dans ses prochaines intrigues !

Une nouvelle fois merci à Babelio, ainsi qu'aux éditions Bamboo pour l'envoi

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Mauricet, Une bien belle nuance de rouge, Tome 1 : Garance

lundi 5 mars 2012

La page blanche


Une jeune femme reprend ses esprits sur un banc sans se rappeler ni de son nom ni de ce qu’elle fait là. Menant l’enquête tant bien que mal, elle tente de recouvrer la mémoire et de retrouver son identité. Mais que va-t-elle découvrir ? Un passé romanesque fait de drames et de romances ou l’existence banale d’une femme ordinaire ? Et dans ce cas, saura-t-elle devenir quelqu’un après avoir été quelconque ?


Ça faisait déjà quelques temps que je bavais devant cette BD et de plus en plus à la lecture des avis de mes comparses.
Finalement ce n'est pas un coup de cœur mais le plaisir a été plus qu'au rendez-vous !

Déjà c'est une sacrée BD, point de vue épaisseur on sait d'office qu'on va être gâtée, avoir le temps de s'installer et de savourer cette histoire. On est même limite plus près du roman graphique que de la BD si on se fie au nombre de pages.
Passée la très belle couverture on replonge tout de suite avec le trait si reconnaissable de Bagieu et sa colorisation marquée qu'on trouvait déjà dans Cadavre exquis et où l'ambiance sert de couleur de fond (personnellement j'aime beaucoup).

L'histoire en soi est plus banale, même si ponctuée de petites touches réalistes et humoristiques. Et pourtant on accroche bien, on veut le fin mot de l'histoire et découvrir ce qui a bien pu arriver à cette fille, Éloïse, et surtout qui elle est même si petit à petit on apprend à la connaître (en même temps qu'elle au final).

Je n'ai pas vraiment retrouvé la marque de Boulet au départ, mis à part peut-être dans cette pointe de mystère médical supposément impossible... et jusqu'à cette fin si étrange !
Je ne voudrais pas vous gâcher le plaisir mais elle est perturbante il faut le dire. Pour moi elle s'est faite en deux temps : je me suis tout d'abord dit "et c'est tout ?" avec une pointe de déception, parce que cette fin n'était pas celle que j'attendais et puis ensuite, en y repensant, repensant encore (parce qu'on y repense pas mal hein au cas où tu n'aurais pas saisie la subtilité de ma répétition) cette fin un peu choc qui fait réfléchir elle n'est pas si mal ;)

En résumé : une alliance réussie, le duo Boulet-Bagieu nous offre une BD splendide qui sans être un coup de cœur (il s'en faut de peu) reste un moment de lecture très agréable et prenant.
Malgré son épaisseur elle se lit bien trop vite !

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Boulet & Pénélope Bagieu, La Page blanche

***De la même illustratrice***
Ma vie est tout à fait fascinante
Joséphine (Tome 1, Tome 2, Tome 3)
Cadavre exquis

jeudi 26 janvier 2012

Zombillénium T2

Tags sur les murs, avertissement du curé du coin : visiblement les esprits s'échauffent autour de Zombillénium. Quand on n'embauche que des morts (ou des sorcières !) dans une région où le taux de chômage est à 25%, il faut bien s'attendre à quelques frictions. Si l'on ajoute à ça des visiteurs une miette pénibles et des employés qui, pour être morts, n'en aimeraient pas moins prendre des vacances, on comprend que ce n'est pas trop le moment de venir parler revendications salariales à Francis Von Bloodt.

Après le véritable coup de cœur du premier tome j'attendais beaucoup de ce second tome, et malgré nombre d'avis mitigés voire négatifs chez mes comparses je me suis tout de même lancée.

Au final je dois dire que je suis un peu déçue aussi...
Certes çà reste bon, aussi bien le dessin que l'humour mais je n'ai pas ressenti de véritable continuité avec le tome précédent et j'ai trouvé l'intrigue de celui-ci plus brouillon. Bref j'ai moins adhéré, j'en attendais un peu trop !

L'ensemble reste une fois de plus impeccable. Arthur de Pins pousse l'humour jusqu'à ajouter un fac-similé du journal local (en l'occurrence la Voix du Nord) en deux pages qu'on peut trouver glissé entre les pages de la BD, j'aime ce sens du détail dans ce petit clin d’œil qui a pour moi une vraie valeur ajoutée.

Chaque tome offre donc une intrigue liée au parc d'attraction mais en se concentrant sur un nouveau personnage, la trame de fond avance assez peu et une fois cette introduction du personnage faite on ne suit pas vraiment son évolution dans le tome suivant (le premier tome mettait en scène principalement Gretchen et Aurélien qu'on ne fait qu'apercevoir dans celui-là)... J'aurai apprécié une plus grande cohésion !

Reste que 2 tomes (un coup de cœur et une légère déception) ce n'est pas très indicateur de ce que sera l'ensemble de la série. J'ai hâte de voir ce que fera Arthur de Pins pour la suite, notamment s'il va continuer à traiter un nouveau personnage par tome ou s'il va se focaliser sur le monde qu'il a déjà mis en place et les personnages déjà introduits...

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Arthur de Pins, Zombillénium, Tome 2 : Ressources Humaines

***Du même auteur***
Tome 1 Gretchen

dimanche 3 juillet 2011

Zombillénium T1 : Gretchen


Francis von Bloodt, vampire de son état, gère en bon père de famille le parc d'attractions Zombillénium. On n'embauche pas n'importe qui, chez Zombillénium : les simples mortels n'ont qu'à passer leur chemin, ici on ne travaille qu'avec d'authentiques loups-garous, vampires et momies.
C'est ce que va découvrir Aurélien, un homme au bout du rouleau, trompé par sa femme ; et qui va se retrouver embauché malgré lui dans cette étrange entreprise. Gretchen, sorcière stagiaire, va l'aider à faire ses premiers pas...


Je ne vais pas tourner autour du pot, j'ai tout simplement ADORÉ cette BD !
La couverture déjà m'avait terriblement appâtée, le synopsis convaincue, le reste a été à hauteur de l'attente.

Question de goût, on aime le dessin ou pas. Clairement c'est moderne, via Adobe c'est même indiqué, mais c'est très lisible, clair, précis et avec un côté un peu comics que j'aime beaucoup.
Même Toi qui ne semblait pas convaincu au départ par les premières pages a finalement apprécié le trait et les couleurs.

Pour le scénario on entre assez vite dedans, c'est rythmé, drôle, décalé, un peu moqueur aussi ! Les dialogues sont particulièrement mordants, et on cherche les clins d'œil avec plaisir !
L'idée du parc d'attraction typé Halloween mais tenu par de vrais monstres est bien développée et offre à la fois rires et surprises.
Les personnages également prennent vite leur place et on plaint le pauvre Aurélien fraîchement débarqué dans ce nouveau monde, tout comme on se laisse gagner par la curiosité au sujet de Gretchen.

Au final plus on avance plus on en veut et on referme le tome avec envie et curiosité. Arthur de Pins qui signe dessins et dialogues excelle dans les deux domaines et aucune part n'est négligée, chapeau !
Vivement le 26 août que je me procure la suite ;)

Grand merci à Babelio pour cette belle découverte dans le cadre du Masse Critique spécial BD et aux éditions Dupuis pour l'envoi !
En cliquant sur la vignette Babelio du tome vous trouverez sur la page dédiée les premières pages en PDF si d'aventure...

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Arthur de Pins, Zombillénium T1 : Gretchen




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