Etre Harry Potter n'a jamais été facile et ne l'est pas davantage depuis qu'il est un employé surmené du ministère de la Magie, marié et père de trois enfants. Tandis que Harry se débat avec un passé qui refuse de le laisser en paix, son plus jeune fils, Albus Severus, doit lutter avec le poids d'un héritage familial dont il n'a jamais voulu. Le destin vient fusionner passé et présent. Père et fils se retrouvent face à une dure vérité : parfois, les ténèbres surviennent des endroits les plus inattendus.

Voilà voilà ! Comme pour les Reliques de la Mort je n'ai pas pu attendre la sortie française et je me suis donc jetée sur la version originale cet été.
Je vous préviens de suite, je suis fan de la première heure, mon avis en sera obligatoirement impacté !

C'était une grande joie de retrouver l'univers d'Harry Potter, une joie pleine d'attente, d'impatience et d’appréhension à la fois ; une vraie gamine quoi !
J'avais surtout peur d'être déroutée par ce format narratif, passer du roman à la pièce de théâtre ce n'est tout de même pas rien !

Au final c'est certes différent, ça allège et simplifie la lecture également (du coup pour les lecteurs peu habitués à lire en anglais et effrayés par la langue peuvent se rassurer, c'est franchement accessible puisque qu'à quelques indications scéniques près ce sont des dialogues !). Rien de choquant pour moi, j'ai aussi apprécié ce format qui apporte autre chose.

On replonge de suite dans l'univers HP cher à Rowling, et j'ai trouvé ça très fidèle au niveau des détails (oui on peut être pointilleux sur certains éléments mais globalement c'est raccord), de l'ambiance, des lieux etc... On retrouve également la quasi intégralité des personnages de la saga et là c'est un pur bonheur !
Là où certains ont pu être dérouté c'est que :
- jusqu'à présent on suivant Harry et sa bande d'une année sur l'autre dans une sorte de continuité qui est ici rompu puisqu'on fait un bond de 19 ans dans le temps
- Harry a toujours été le personnage central des intrigues, dans cet opus c'est son fils Albus qui tient le rôle principal
A partir du moment où on intègre ses différences on ne peut que savourer cette lecture à mon sens.

Certes Rowling n'a pas écrit l'intégralité de ce tome 8 mais tout le monde n'a pas des talents de mise en scène ou d'écrivain de théâtre, je trouve ça plutôt intelligent de sa part d'avoir cédé la main...
Surtout qu'au final pour moi l'essence même de la saga est là et le but est atteint. Ce que j'admire dans la saga HP c'est qu'elle a su évoluer avec ses lecteurs, chaque tome grandissant avec son lectorat : la lecture devient plus complexe, les intrigues plus fournies, les problématiques plus adultes, les conséquences plus graves de tome en tome. Nous avons donc suivi Harry avec ses préoccupations de petit garçon, puis d'ado et de jeune adulte pour finalement le retrouver ici en père et la grosse thématique du tome c'est la parentalité, la relation père-fils. A mes yeux c'est là qu'on touche au génie et c'est ce qui explique le succès de cette saga.

Pour moi c'est donc bien dosé entre la nouveauté et la saga existante ; on retrouve ce (et ceux) qu'on a apprécié dans la saga et en même temps Albus est très différent de son père.
A bien y réfléchir, nous serions-nous vraiment régalé avec un petit Harry Potter Junior ? Ou aurions-nous crié au scandale, à la redite purement commerciale ?



Jack Thorne, John Tiffany & J.K Rowling, Harry Potter 8 : Harry Potter and the Cursed Child Parts 1 & 2 : The Official Script Book of the Original West End Prod

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