"La mousse s'est transformée en vagues. Des vagues qui bondissaient par-dessus le récif, à l'autre bout de la plage. Ça n'était pas normal. La mer ne venait jamais aussi près. Les vagues ne se brisaient pas, elles ne s'affaissaient pas. Plus près. L'eau brune et grise. Brune ou grise. Des vagues par-dessus les conifères et qui se rapprochaient de notre chambre. Toutes ces vagues maintenant, chargeant, barattant. Soudain folles et furieuses. Soudain menaçantes. " Le matin du 26 décembre 2004, un tsunami frappe l'Océan indien. Sonali Deraniyagala, en vacances au Sri Lanka, son pays natal, en réchappe miraculeusement. Mais, de sa famille, elle est la seule. La vague lui a pris ses parents, son mari et ses deux petits garçons.

Wave raconte l'histoire de ce jour, où elle a tout perdu, et de tous ceux qui ont suivi. Les mois, les années lorsque l'insupportable déchirement du souvenir succède aux premiers moments d'horreur. La matière de ce livre, c'est la peine impalpable, indescriptible de la narratrice.
Sonali Deraniyagala réussit un récit poétique, sans concession et incroyablement digne sur comment survivre à l'inimaginable.

Une lecture qui prend vraiment aux tripes et qui aborde l'inimaginable. Honnêtement avant lecture on a beau savoir, se douter de l'horreur et de l'ampleur de ce type de catastrophe on est bien loin du compte !

C'est donc un roman-témoignage intime principalement sur le après, le souvenir et la survie. Plus que le récit d'une catastrophe c'est celui d'un deuil, extrêmement long et difficile, à l'exact opposé de cette catastrophe si rapide et expéditive.
La perte est brutale, intolérable et difficile à réaliser. L'auteure aborde tout (les souvenirs, les chutes, la culpabilité, le déni...) avec des mots justes et sincères, et si on cerne bien la peine d'une mère, ce n'est jamais parce qu'elle cherche l'apitoiement mais parce qu'elle tente de raconter l'indicible.

Le roman est construit autour des années qui passent et de cette peine qui change sans jamais disparaitre pour autant.
J'avoue que même pour le lecteur elle finit par devenir étouffante et qu'on a hâte d'arriver à la fin au bout d'un moment. Cette femme a continué à vivre tant bien que mal avec ses fantômes et on sait bien qu'il n'y aura jamais de total apaisement pour elle, l'espoir s'effrite peu à peu et donne envie de tourner le regard.
On termine donc avec soulagement ce roman difficile.

C'est un témoignage important mais que j'ai vraiment eu du mal à terminer, une vraie sensation d'étouffement au fur et à mesure de ma lecture.
Pourtant l'ensemble est bien écrit, très honnête aussi je pense, j'avais juste hâte d'en sortir.
J'ai aimé même si j'ai souffert, et j'en garderai un souvenir marquant c'est certain.

Merci à Babelio et aux éditions Kéro pour cette lecture.



Sonali Deraniyagala, Wave

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