Il comprit très vite que ça allait mal tourner.
Que le mariage de son fils allait lui coûter cher, très cher.
Beaucoup trop cher pour ses revenus, pourtant confortables.
Alors, pour ne pas déchoir, il dut inventer quelques entourloupes -trois précisément-, manière de financer château, champagne et autres ruineuses excentricités.
Rien d'illégal dans ces escroqueries. Rien de moral non plus. Et sa vie en fut changée.

Un roman d'actualité en ce qui me concerne qui m'a donc naturellement fait de l’œil lors du dernier masse critique !

Et une chronique qui va être pleine de "si" je le sens... Parce que ce roman bien que plaisant et vite lu a tout de même un goût de dommage.
A lire le quatrième de couv' on s'attend tout de même à une trame autour du mariage façon comédie et on en est loin.

Oubliés les mariés, vous les verrez à peine, façon XIXème quand les parents bourgeois prenaient tout en charge sans même les consulter.
Occultés les fameuses combines, à profit d'une rivalité entre les deux pères qui prend le dessus sur tout le reste, on en frôlerait la paranoïa...

Et je crois que c'est ce qui m'a le plus agacé avec ce roman, ce combat de coq fantasmé façon "qui de nous deux aura le plus chéquier ?" bien mal déguisé sous des sourires courtois et les ronds de jambes bourgeois.
Le vice est poussé jusqu'au cliché, mal jaugé et ce qui aurait pu être un à côté de la comédie en cours prend le premier rôle. Pour le coup on est presque soulagé que le roman soit si court, finalement !

Et ces fameuses combines sont bien fades, vites expédiées alors que la matière était pourtant là (et là on peut commencer à caser tous les fameux "si"), le protagoniste a de la ressource il faut le reconnaître.
J'ai apprécié notamment son évolution au milieu des cercles littéraires et le côté coulisse de son prix littéraire qui m'a fait sourire, son admiration pour Balzac l'homme autant que l'auteur.

Il y a donc bien évidemment des points positifs, ajoutons que c'est bien écrit en passant, qui rendent cette lecture plaisante malgré la déception sous-jacente.
A mon sens l'auteur est passé à côté de sa promesse pour finalement livrer autre chose d'un peu moins satisfaisant.

Merci à Babelio et aux éditions Fayard pour cette lecture.



Michel Richard, Le mariage des enfants