Jessie Lamb a seize ans, des parents qui passent leur temps à se disputer, une tante célibataire déjantée, des amis, des flirts, des rêves. Une adolescente normale, en somme. Sauf qu’elle n’évolue pas dans un monde « normal ». Depuis que des bioterroristes ont propagé le virus du SMM, les femmes enceintes meurent toutes en couche. Par conséquent, l’humanité est menacée d’extinction. Alors que tout son univers familier et rassurant s’effrite, Jessie, qui jusque-là ne se sentait que très peu concernée par les problèmes du monde, prend conscience de son pouvoir de changer le cours de l’histoire. Allant à l’encontre de l’avis de ses parents, elle se porte volontaire pour devenir une « Sleeping Beauty », comme on surnomme celles qui acceptent de se sacrifier pour donner la vie en participant à un programme scientifique.

Je m'attendais un autre roman jeunesse / YA dystopique (avec un pitch alléchant tout de même) et finalement même si il y a de ça sur la toile de fond, on touche à autre chose avec ce roman.

J'y ai lu surtout toute la réflexion et le cheminement d'une ado sur le monde qui l'entoure, sa révolte, son désir d'action et l'envie de donner un sens à sa vie... L'ensemble est vraiment approfondi, car ce testament /confession reprend dès les premiers pas la voie qui a conduit Jessie jusqu'à sa résolution finale : le désir de protestation, l'inquiétude pour l'avenir, les groupes de réflexion et les manifestations, les actions collectives et leurs lenteurs, la difficulté d'obtenir un consensus et de passer à l'action de manière collective ce qui la pousse finalement à l'action individuelle.

Au vu du résumé je m'attendais plus à un récit actif qu'à une telle réflexion et je dois dire que je n'en suis pas mécontente au final.
Le seul point dommageable c'est que le récit présente des lenteurs, la jeune femme se livre alors qu'elle est prisonnière et sa confession s'étale, parfois un peu trop, entrecoupée de son quotidien répétitif lié à l'enfermement.
Son isolement la pousse aussi parfois à se remémorer des scènes qui sortent de son récit, ce qui apporte par moment un peu de confusion.

Dans l'ensemble j'ai aimé ce monde privé d'enfant, privé d'avenir et le récit du long cheminement de cette ado que le désir d'agir prend progressivement aux tripes.
A noter tout de même que le récit est bien plus lent et bien moins rythmé par rapports aux autres dystopies jeunesses habituelles.

Merci à Babelio et aux éditions Presses de la cité pour cette lecture.



Jane Rogers, Le Testament de Jessie Lamb