Paris, 1889. Maude Pichon s'enfuit à 16 ans de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage forcé et découvre Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l'Exposition universelle. Hélas, ses illusions romantiques s'y évanouissent aussi vite que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle. L'agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre : le faire-valoir. Etranglée par la misère, Maude postule...

Un roman jeunesse atypique qui remet le Paris de Zola à l'ordre du jour, le tout modernisé bien évidemment !

A la fois belle leçon historique et récit de la mort de la naïveté d'une jeune provinciale, ce roman se lit plus que bien (d'après moi YA mais adolescents tout aussi bien).
Notre jeune héroïne va découvrir à ses dépens l'envers d'une société parisienne élitiste et brillante, un jeu de classe qui se joue carte cachée et au détriment des autres bien souvent.
Comme chez Austen on retrouve cette obsession de la "fille à marier" et à bien marier ! A ceci près qu'ici aucun romantisme ou presque, tout est calcul et apparence.

On reste toutefois dans la romance et ici le trait est grossi. Inspiré de la nouvelle de Zola Les repoussoirs (qu'on retrouve d'ailleurs en fin de roman, bravo !) qui est clairement la dénonciation ironique (qui vise à choquer) d'une société qui se fourvoie, Belle époque est plus nuancé.
Parce que ce n'est plus la même époque en premier lieu et ensuite parce que Maude traverse cette expérience comme un apprentissage. Sans vous en dire trop on a tout de même droit à une "fin heureuse" qui n'aurait certainement pas été le choix de Zola !

Pour autant Belle époque a plus d'un mérite ; c'est bien écrit, réaliste et inspiré du Paris de l'époque tout en dénonçant une fatuité encore valable aujourd'hui. Il offre également une belle leçon sur l'entraide et l'amitié sur fond de libération de la femme qui n'est pas pour me déplaire ;)
Il faut toutefois garder à l'esprit que le roman est à destination d'un public ado / YA et que de fait aussi bien le style que le côté accessible de cette lecture s'en ressentent. Non pas que ce soit "niais" ou simpliste mais reconnaissons-le l'intrigue n'est pas des plus complexes au final et les personnages un peu caricaturés par moment.
Si d'aventure Belle époque donne l'envie de découvrir Zola à ses lecteurs je ne peux qu'applaudir des deux mains !

Merci aux éditions Robert Laffont et tout particulièrement à l'équipe de la Collection R pour cette lecture.



Elizabeth Ross, Belle Epoque : Suivi de la nouvelle Les Repoussoirs d'Emile Zola