En s'engageant sur un coup de tête à la Milice Française, Henri de la Roche n'avait pas imaginé combien ses futurs collègues étaient aussi violemment imbéciles et qu'il serait contraint de manger du cassoulet plusieurs fois par semaine. Sinon, le jeune esthète et idéaliste, à l'humanisme éloigné du national-socialisme, plus porté sur la diététique de Lord Byron que sur les recettes de Castelnaudary et de Toulouse, aurait accepté l'invitation de ses amis résistants à les rejoindre dans le maquis. D'autant que l'on ne déserte pas de la Milice à moins d'en assumer les lourdes conséquences. À commencer par être séparé de Françoise, sa jeune et douce fiancée qu'il n'aura de cesse de retrouver tout au long d'un long périple mouvementé qui conduira Henri, de Paris à Berlin, jusqu'à Buenos Aires devenu terre d'asile pour nazis en fuite. Une odyssée dans la quelle le jeune dilettante rencontrera, aux hasards de ses tribulations, des personnages aussi emblématiques de son époque mouvementée que Coco Chanel, Joseph Darnand, Elisabeth Lee Miller, Adolf Hitler, Eva Braun, Juan Perón et Evita.

J'aime assez les romans de ce genre, qui allie contexte historique, loufoqueries et situations absurdes ; c'est donc avec plaisir que je me suis portée volontaire pour cette édition spéciale de Masse Critique.

Et je ressors globalement satisfaite de cette lecture.
J'ai vraiment savouré le parcours de ce jeune homme et les rebondissements rocambolesques de ses frasques sur fond de Seconde Guerre Mondiale.
On croise toute une série de grands noms, un peu à la manière Du vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire.

Là où j'ai eu un peu plus de mal c'est avec le personnage principal, son côté dandy insouciant et plus esthète que militant a fini par m'agacer légèrement !
Ajoutons que la plume de Tran est très travaillée, on cherche le bon mot et bien souvent le jeu de mot. On tombe dans le trop plus d'une fois et ces effets alourdissent le texte par moment mais tout autant qu'on en sourit à d'autres toutefois ; l'ensemble laisse un sentiment de "mal dosé" et de surenchère.

Le contexte historique est quant à lui (toute loufoquerie à part) vraiment bien exploité, c'est riche et documenté, plus que sérieux et c'est très appréciable.

Le rythme de lecture est assez soutenu, peu de temps morts et on file de péripéties en péripéties sans souffler.
Le roman se lit donc vite et se referme sans regrets sur une conclusion assez évidente mais convaincante !

En résumé c'est un roman sympathique que nous livre Edmond Tran. Les lecteurs appréciant les romans loufoques et les fanas de la Seconde Guerre Mondiale y trouveront leur compte, si tant est qu'il surmonte les quelques lourdeurs de style qui parasitent un peu le récit par moment.



Merci à Babelio et aux éditions Stéphane Million pour cette lecture !

Edmond Tran, Cavale héroïque

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