Etretat. Sur le balcon d'une chambre d'hôtel, un homme veille. Au bout de son regard : Les falaises éclairées d'où s'est jetée sa mère vingt ans plus tôt. Le temps d'une nuit, le narrateur déroule le film de sa vie, cherche dans sa mémoire rétive les traces de sa mère disparue. Une question s'immisce peu à peu dans son esprit, lancinante : comment suis-je encore en vie ?

Depuis le temps que j'entends parler d'Olivier Adam il était plus que temps de m'y mettre, je ne suis pas sûre cependant que ce choix hasardeux ait favorisé cette première rencontre !

Parce que je suis passée à côté, clairement.
Si je reconnais la qualité d'écriture, l'amour des mots qui émane de ce roman, le fond lui m'a assez rapidement lassé.

Il faut dire qu'on quitte le livre, une fois la dernière page lue, avec un vrai soulagement. Le héros nous plonge dans ses souvenirs et ses souffrances avec une tendance à l'auto-apitoiement assez prononcée... Vous voyez l'ami dépressif qui voit toujours tout en noir et qui essaye de vous gagner à sa cause ? On en n'est pas loin.
A éviter (que dis-je ? fuir !) en période de blues ou de mauvaise passe, il risque de vous mettre la tête sous l'eau pour de bon !

Ce n'est pas que je n'apprécie que les lectures légères, loin de là même. Dans ce cas c'est juste que ça ne mène à rien, que le narrateur ressasse et s'enlise dans ses propres peines, il revêt ses souffrances comme un manteau douillet et je trouve ça assez insupportable.

C'est donc un rendez-vous raté que ce Falaises. Si j'ai découvert la belle plume d'Adam à cette occasion, le fond lui m'a tour à tour ennuyé ou agacé.
Je retenterai un autre de ses romans à l'occasion mais sans précipitation...



Olivier Adam, Falaises