Les grands platanes autour de la place d'Arezzo sont envahis par les perruches et les perroquets. Dans ce lieu vit une des populations les plus huppées de Bruxelles. Toutes sortes de personnes se croisent gouvernées par leurs passions, leurs désirs, leurs fantasmes amoureux et sexuels. Jusqu'au jour où leur parvient une lettre anonyme, identique, envoyée par une colombe...

Si il n'y a rien de surprenant à voir un nouveau Schmitt sur les étals de la rentrée littéraire j'ai tout de même été étonnée cette année par l'épaisseur de celui-ci. Intriguée même.

Et je dois dire que la surprise ne s'est pas arrêtée là.
Je ne suis pas une grande lectrice de Schmitt (il a ses fans c'est indéniable) mais je ne suis pas non plus passée à côté ses dernières années et j'ai quelques lectures à mon actif. J'en ai un souvenir et une image assez simple : c'est fluide, ça se lit bien, c'est gentillet limite enfantin même quand on aborde des thèmes plus sombres.
En gros j'en étais là avant de m'attaquer à ce gros roman.

Si le départ est assez déconcertant (prologue sur les perroquets, succession rapide des personnages) on comprend toutefois très vite que le ton sera différent.
On est face à une écriture bien plus adulte même si on garde l'aspect "œil amusé" du narrateur externe et qui se prête parfois au vulgaire sans se censurer.
Le sexe a une place prédominante également, au point de devenir un thème central.

Il s'avère également que si l'énoncé de départ est assez simpliste, ces fameuses lettres anonymes sont finalement prétextes à se plonger dans la vie des habitants du quartier et au-delà de l'impact de celles-ci sur leur quotidien à lever le voile sur leurs vies en apparence bien rangées.
Je me suis prise au jeu clairement même si j'ai parfois soupiré devant la grossièreté sexuelle récurrente et les éléments quelques fois trop convenus.
A mes yeux l'équilibre est toutefois maintenu eton trouve une certaine richesse ailleurs ; au travers de réflexions sur l'amour et le couple notamment que ce soit ces deux adolescents, les fleuristes mal assortis, le beau et la bête ou les libertins assumés.

En résumé je me suis fait surprendre par ce roman qui malgré ces défauts a un véritable charme. On suit, à la fois intrigué et amusé, les circonvolutions des personnages du quartier autour de l'amour qu'il soit physique ou non (et il l'est souvent !).
C'est bien différent de ce que j'avais pu lire de Schmitt jusqu'à présent !



Merci aux éditions Albin Michel pour cette lecture !

Eric-Emmanuel Schmitt, Les perroquets de la place d'Arezzo