Il y a quatre cents ans, le monde tel que nous le connaissons a connu une fin tragique. Désormais, sur la côte de ce que l on appelait jadis le Brésil, ce sont les femmes qui dirigent la légendaire ville-pyramide de Palmares Três. La Reine ne cède le pouvoir à un homme qu'une fois tous les cinq ans, à un Prince d'été dont l'histoire enfiévrera la cité le temps d'une année.
Pour June Costa, la vie n'est qu art. Ses œuvres géniales des peintures murales aux hologrammes, en passant par des tatouages lumineux impressionnent, voire irritent ses professeurs tout autant que ses camarades. Elle rêve de remporter le prestigieux Trophée de la Reine pour jouir d'une célébrité instantanée et de tous les privilèges qui vont avec. Un rêve qu'elle n'avait jamais remis en question... jusqu'à ce qu'elle rencontre Enki.
Fraîchement élu Prince d'été, Enki est le garçon dont tout le monde parle à Palmares Três. Mais lorsque June le regarde, elle voit plus loin que ses fascinants yeux d'ambre et sa samba ravageuse : elle reconnaît en lui un artiste total, comme elle. Ensemble, June et Enki décident alors de créer un chef-d'œuvre qui restera gravé à jamais dans les annales de Palmares Três, attisant la flamme rebelle qui se lève contre les restrictions anti-technologie qu impose le gouvernement matriarcal. Mais June va bientôt tomber profondément et tragiquement amoureuse d'Enki...
Or, à l'instar de tous les Princes d'été qui l'ont précédé, Enki va devoir être sacrifié.

Roman attendu, un phénomène annoncé, je dois reconnaître que je suis finalement assez désœuvrée maintenant que je dois vous en parler ! Clairement j'ai aimé, ce n'est pas un coup de cœur mais l'appréciation et la reconnaissance d'un roman à part, inclassable à vrai dire.

C'est à la fois de la romance, de la littérature young-adult, du fantastique quasi SF et de la dystopie mais en même temps bien plus que ça. Le nombre de thèmes abordés est vraiment vaste : bioéthique, suicide, homosexualité, matriarcat, dictature, art, musique, sexualité adolescente... et l'ensemble forme une trame riche, un tableau d'ensemble dont on ne peut se contenter de décrire quelques détails.

La difficulté est là en vérité. Je peux vous dire que le récit est prenant, de plus en plus lorsqu'on avance dans les pages, que parfois on ne comprend pas tout mais que l'on "sent" ce qu'il se passe tout de même. Il y a de l'abstrait dans ce roman parce que la lecture est souvent faite de ressentis sur lesquels il est dur de mettre des mots maintenant.

J'ai apprécié les personnages, l'imaginaire déployé et cette ville si particulière de Palmares Três, l'intrigue et ses enjeux... mais tout ça n'est finalement que secondaire à mes yeux.
Ce que j'ai le plus savouré c'est la nature profondément libertaire de ce roman, il évoque des thèmes sensibles sans tabou, il mêle les cultures et s'affranchit de nombreux limites ou frontières. C'est ce que j'en retiendrai plus qu'autre chose.

Comme tout roman qui sort des sentiers battus je ne saurai le conseiller et lui trouver une cible. Il plaira à certains (beaucoup j'espère !) et ennuiera certainement d'autres, suivez votre instinct !

Merci aux éditions Robert Laffont et tout particulièrement à l'équipe de la Collection R pour cette lecture.



Alaya Dawn Johnson, Le prince d'été