Sauter dans un train, un matin. Tout quitter. À l’aube de ses quarante ans, une femme monte dans le Corail pour Toulouse et s’installe dans le premier compartiment venu. Il a suffi d’une séance de relooking, cadeau de ses copines, pour que tout son univers s’effondre : son pavillon de banlieue, son mari, sa fille, son emploi de caissière. Pour mieux marquer le début de sa nouvelle vie, elle change de prénom : Julia, comme Julia Roberts, son actrice préférée. Chaque gare de la ligne est une étape vers la liberté. Comme par contagion, tous les passagers qu’elle croise sont eux aussi emportés : Colette, la vieille dame, amoureuse de deux hommes, Germinal Serna, le contrôleur anarchiste, le Happy Days Band, la chorale déjantée, le sourd-muet, embarqué malgré lui dans le train, l’éternel dragueur, le serveur indien... Et Vincent, spécialiste des bestiaires médiévaux, qui se rend à un colloque en compagnie de sa femme et d’un autre couple de chercheurs. « Les poissons ne connaissent pas l’adultère », écrit l’un des auteurs du Moyen Age qu’étudie Vincent. Mais les historiens peuvent-ils en dire autant ? Dans ce voyage initiatique, tout se joue entre Paris et Toulouse en 6 h 06 : Julia se bat pour se libérer peu à peu de la fatalité qui pèse sur son existence, mais pourra-t-elle en modifier le cours ?

Il y a des lectures plus subjectives que d'autres, Les poissons ne connaissent pas l'adultère est de celles-là.
Clairement j'ai adoré cette lecture, elle a trouvé un écho chez moi et ce n'est un rien un ressenti qualitatif.

Parce que ce roman est improbable, sur bien des points, mais que moi j'ai envie d'y croire. Ça me fait du bien de croire qu'un jour une femme qui ne se sent plus bien dans sa vie, dans son corps et dans son couple peut tout plaquer, monter dans un train au hasard et s'y sentir femme comme jamais, y faire des rencontres et même trouver l'amour.

Alors oui, il y a des tonnes de clichés ; la caissière de banlieue, le couple d'intellos, le contrôleur zélé qui fait son coming-out anarchiste... mais l'ensemble forme un tout déjanté, multicolore qui fait sourire et qu'il fait bon lire.
Jusqu'à la fin j'ai eu envie d'un beau final, de ceux qu'on ne voit vraiment que dans les contes de fées (même si celui-ci a aussi des aspects sordides), que la réalité ne nous (les personnages et moi lectrice) rattrape pas trop vite et surtout pas trop brutalement pour prolonger un peu ce répit bienvenu.

J'ai aimé ce livre que j'ai lu comme on assiste à un spectacle haut en couleur. C'est improbable, déjanté et amusant, peu travaillé mais vivant et on a envie d'y croire.
Aderhold m'a gagné à son jeu parce que j'en avais envie et j'ai plongé avec délice avec sa troupe de personnages dans son délire, le temps d'un voyage un train comme jamais on n'en verra.
Je ne peux toutefois pas dire que ce sera le cas de tous, il faut indéniablement une attirance pour les road trips qui partent un peu dans tous les sens et où les rencontres font tout. C'est mon cas et ce n'est pas une nouveauté XD



Carl Aderhold, Les poissons ne connaissent pas l'adultère