Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.

J'ai vraiment savouré ce roman, plongée dans la vie tranquille de Jocelyne tout à coup chamboulée par ce gain improbable et dont elle ne sait que faire, qu'elle vit comme un danger terriblement tentant.
Ce n'est pas tellement une question de style, qui est somme toute assez sobre, plutôt l'aspect humain de ce récit et ce personnage un peu improbable qu'est Jocelyne.

C'est la dame bien trop gentille du quartier, celle qui subit et qu'on a parfois envie de secouer un peu même si elle trouve son bonheur dans sa situation d'éternelle satisfaite.
Cette femme qu'on peut trouver niaise souvent mais qui peut, de manière surprenante, se révéler bien plus riche qu'on ne l'aurait cru.
Cette femme c'est Jocelyne. Un peu cliché sûrement, mais attachante sans aucun doute.

J'ai aimé aussi cette réflexion sur richesse et bonheur, sur ce qu'on a, ce dont on a envie, ce dont on a besoin... C'est assez sain tout ça, surtout si on fait l'effort d'y mettre son propre calque, et drôle souvent dans le cas de Jocelyne.

Enfin voilà, je crois que je pourrais continuer la liste longtemps sans que ce plaisir de lecture ne soit plus clair. C'est un roman léger et sobre, dont l'ensemble de petit détails m'a touché au cœur. Ce ne sera peut-être pas le cas de tout le monde, mais ça vaut la peine d'essayer !



Grégoire Delcourt, La liste de mes envies