« Le cirque arrive sans crier gare. Aucune annonce ne précède sa venue, aucune affiche sur les réverbères, aucune publicité dans les journaux. Il est simplement là, alors qu’hier il ne l’était pas. »
Sous les chapiteaux rayés de noir et de blanc, c’est une expérience unique, une fête pour les sens où chaque visiteur peut se perdre avec délice dans un dédale de nuages, flâner dans un luxuriant jardin de glace, s’émerveiller de la souplesse de la contorsionniste au tatouage et se laisser enivrer par les effluves de caramel et de cannelle qui flottent dans l’air. Bienvenue au Cirque des Rêves.

Cependant, derrière la fumée et les miroirs, la compétition fait rage.Deux jeunes illusionnistes, Celia et Marco, s’affrontent, rivalisant d’audace et d’imagination, dans une sorte de combat magique, pour lequel ils sont entraînés depuis l’enfance par leurs étranges et lunatiques professeurs. Mais chacun ignore qu’il risque ainsi sa vie… Or, Celia et Marco s’aiment, et la compétition devient alors une merveilleuse collaboration. Sans connaître l’issue fatale du jeu, ils cèdent à leurs sentiments. Leur amour profond, passionné et envoûtant va ébranler tout leur univers et la vie de tous ceux qui les entourent…

À la fois magique et séduisant, le Cirque des Rêves est une ensorcelante et universelle histoire d’amour.

On est un peu désorienté en commençant ce roman... L'objet est magnifique, sa couverture déjà et sa tranche d'un rouge envoutant suscitent une belle gourmandise lorsqu'on l'ouvre pour la première fois.
Pourtant Morgenstern prend son temps, quit à laisser quelque peu son lecteur dans le flou dans les premiers chapitres, déroutant donc.
Finalement ce n'est là qu'une part du processus menant à une ambiance envoutante et presque palpable, bienvenue au club des rêveurs !

Comme beaucoup de roman riche et hors du commun, il faut fournir ici aussi un effort de lecture au premier abord ; pas d'unité de temps, d'espace et des personnages multiples... Si on ne se laisse pas rebuter par cette première confrontation (et en contrepartie la curiosité est forte) on se laisse finalement porter par le roman et sa féérie jusqu'aux dernières pages.

Que vous dire de plus, j'ai adoré. Moins que ce que j'aurai pensé mais adoré tout de même et avec surprise, d'une manière différente de ce à quoi je m'attendais.
Il y a un quelque chose qui erre entre romantisme et steampunk que j'ai tout simplement adoré. Cette Angleterre de fin XIX début XXème qui s'industrialise et où la technique qui se développe est encore bien souvent confondue avec magie et mysticisme, Morgenstern la reprend à son compte en y introduisant de manière dissimulée de la vraie magie et nous met des étoiles dans les yeux.

C'est aussi l'histoire d'un cirque itinérant de la belle époque où l'on vit comme dans une grande famille et qui créé l'évènement dans chaque ville étape où il s'installe sans prévenir.
C'est le mystérieux mis en scène pour éblouir et divertir, un lieu où on aimerait soi-même déambuler de chapiteau en chapiteau.

C'est surtout l'histoire de deux illusionnistes, manipulés depuis l'enfance pour s'affronter mais dont le destin va basculer...

Ce roman m'a touché, il est plein de poésie, d'imagination et de féerie. Je ne pense pas pour autant qu'il soit universel et je comprend qu'il puisse ennuyer aussi. C'est toutefois une expérience de lecture à tenter et à partager, parce que si elle vous gagnet vous redeviendrez enfant pendant quelques heures, croirez à la magie pendant quelques pages et le refermerez avec le sourire...



Merci à Babelio et aux éditions Flammarion pour cette lecture !

Erin Morgenstern, Le cirque des rêves