Yaël tient son journal depuis le 3 septembre, jour où son mari l’a quittée pour une de ses amies, et jour depuis lequel elle doit « partager » son fils de 3 ans avec celui qui l’a trahie, abandonnée. Elle dépérit, s’autoflagelle. Yaël va pourtant finir par se reconstruire loin du monde avec ses auteurs préférés (Montaigne, Woolf, Proust…), reprendre ses cours à la fac, revoir ses amis, rencontrer des hommes, bref renaître à la vie. Ce sont les morceaux disjoints d’une vie qui s’organisent dans ce journal d’une femme quittée, d’une mère inquiète, d’une intellectuelle. C’est aussi le récit de la quarantaine, fantasme, obsession ou réalité d’un âge qui signifie pour beaucoup la fin de la séduction et du désir. L’auteur en explore tous les aspects avec intelligence, précision et attention. Le ton est juste, parfait, lumineux pour évoquer le quotidien, effrois et bonheurs mêlés.

C'est un roman très féminin que nous livre ici Marianne Rubinstein à travers de journal d'une femme au bord du gouffre.
On ne sombre jamais toutefois dans le larmoyant, la narratrice confie sa douleur et ses difficultés à son journal mais sans auto-apitoiement, on est plutôt dans la clairvoyance intelligente et froide presque distante...

J'ai beaucoup aimé ce personnage narrateur et la forme journal de ce roman.
Yaël est une femme de mots et Rubinstein lui prête une plume efficace et intelligente, plaisante à lire.
A la lecture du résumé je m'attendais un peu à une complainte sur la difficulté de nos vies de femme et la crise de la quarantaine... Au final non, c'est juste une belle photographie féminine à la fois réaliste et touchante, une tranche de vie qu'on savoure.

J'ai appris après lecture que c'était le second roman de Rubinstein mettant en scène ce personnage, le premier Le journal de Yaël Koppman qui se passe dix ans avant et je regrette bien de ne pas avoir commencé par celui-là mais je le lirai tout de même à l'occasion.
C'est en tous les cas une belle découverte de l'auteur à travers ce roman qui me donne envie de découvrir le reste de son œuvre.



Marianne Rubinstein, Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel