Le soir même où elle a décidé de se suicider, Grace fait la rencontre d’Ethan. Après une bouteille de vodka en guise de dernier repas, elle se réveille enfermée dans une mystérieuse pièce blanche avec le jeune homme pour geôlier. Ce dernier lui apporte alors stylo et papier afin qu’elle couche par écrit les méandres de sa vie. À première vue, celle-ci semble tout ce qu’il y a de normal. Grace a une meilleure amie, Sal ; un petit ami, Nat. Mais comme elle l’écrit : « C’est quand je suis seule que le doute s’immisce, c’est comme ça depuis des années. Tant que je suis entourée, je peux faire semblant que tout va bien. Mais il me faut ce public pour jouer la comédie. Sinon ça ne marche pas. Seule, je ne suis pas si facile à tromper. » À mesure que les jours défilent, on comprend le désespoir qui a poussé Grace à vouloir s’ôter la vie. Sa façade enjouée de fêtarde cache bien des fêlures : elle s’entaille depuis qu’elle a 15 ans, se saoûle régulièrement, et couche avec tous les garçons qu’elle croise. Son père qui l’a abandonnée lui manque cruellement, et elle en veut à sa mère froide et distante. Tandis qu’Ethan se contente de la nourrir et de la pousser toujours plus à écrire, Grace nous confie ses rêves, alors que son séjour s’éternise. Peu à peu, ses questions trouvent des réponses, et elle sent qu’elle s’apprête à toucher du doigt le fin mot de l’histoire, de son histoire.
Un huis clos troublant et hors du temps qui fait perdre tous les repères, fascine autant qu’il provoque, jusqu’au dénouement inattendu et entêtant qui hantera longtemps une fois le livre refermé.

C'est intriguée par le quatrième de couverture et heureuse (enfin !) d'avoir entre les mains un One Shot YA, que j'ai commencé cette lecture.
Ajoutons que cette collection YA a été plaisante et surprenante depuis quelques mois, j'ai confiance dans leur choix de sélection.

Le roman débute en nous plongeant dans le huis-clos, l'environnement de la narratrice prisonnière et ses interrogations. La curiosité du lecteur est tout de suite piquée au vif et annonce un bon page-turner.
Plus qu'une véritable angoisse ou oppression c'est le questionnement sur la cause de sa détention qui prime. La situation bien qu'étrange n'est pas une réelle pression, et l'ambiance se détend assez vite.

L'héroïne se retrouve donc face à elle-même et ses pensées errent vers ses souvenirs, qu'elle couche sur le papier. Les chapitres alternent donc entre sa détention présente et des morceaux d'enfance, les derniers jours et évènements avant le fameux soir etc...
J'ai apprécié ses aller-retours et ce jeu sur la mémoire qui aide à la compréhension, c'est bien mené et m'a un peu rappelé Le dernier jour de ma vie de Lauren Oliver (et au final à plus d'une occasion).

Là où je suis moins d'accord avec le quatrième de couv' (qui déjà en dit trop selon moi) c'est sur le côté surprenant du dénouement... Une lecture avidement rapide mais pas particulièrement attentive permet de le pressentir assez tôt dans le roman, il n'y a donc pas vraiment cet aspect révélation coup de poing annoncé ! Plus que la curiosité du "pourquoi l'enfermement" c'est finalement celle du "comment va-t-elle comprendre" qui prend le pas à partir de ce moment.
Pour autant pour moi l'intérêt principal de ce roman n'est pas là mais dans les sujets abordés par sa trame : le mal être adolescent et les comportements morbides notamment. D'autant plus que ces points sont abordés avec intelligence et réalisme, c'est que je retiendrai de ce roman

En résumé Confusion est un roman plaisant qui maintient son lecteur curieux et qui aborde des sujets adolescents difficiles de façon honnête et réaliste.
Sa construction, aussi bien narrative que celle de la trame, bien que plaisante a un goût de déjà vu (j'ai cité Oliver mais je pourrais aussi bien faire avec Bal de Givre à New-York de Colin) et joue en sa défaveur : la révélation finale n'est pas vraiment une surprise...
Clarke n'a pas assez joué sur le thème de l'enfermement d'après moi, il en devient presque secondaire et s'efface trop vite alors qu'il aurait pu offrir beaucoup plus (au delà du simple questionnement, de l'angoisse ou une pression supplémentaire qui est somme toute ici bien fade et vite oubliée).

Merci aux éditions Robert Laffont et tout particulièrement à l'équipe de la Collection R pour cette lecture.



Cat Clarke, Confusion

***Cité dans l'article***
Lauren Oliver, Le dernier jour de ma vie
Fabrice Colin, Bal de Givre à New-York




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Félicitations à vous d'être arrivés jusque là.
Voici donc l'extrait suivant de Version Beta :

"— Vous irez chez un courtier qui vous cherchera une position plus prestigieuse, de masseuse, voire de luxistante. Vous recevrez une formation adaptée au poste en question, et vos puces vous montreront quelles qualités les humains apprécient chez leurs employés : cordialité, dévouement, efficacité dans la joie.
Enfin, le docteur se tourne vers moi.
— Quant à toi, en tant qu’adolescente BETA, je ne sais pas encore le sort qui t’attend. La première de ta catégorie a été un échec, et la raison me dicte de ne pas te mettre déjà sur le marché. Mais tu es trop délicieuse pour ne pas tenter le coup. Tu possèdes le physique de rêve que cette île prise tant, même si tu n’es qu’une version BETA.
— Que signifie BETA ?
— C’est un modèle test, me répond-elle. Une version en cours de développement.
Avec un gloussement, elle ajoute : — Exactement comme une vraie adolescente. Une nouvelle projection holographique apparaît
au centre du cercle, nous montrant la procession de clones qui nous ont souhaité la bienvenue un peu plus tôt. Ils nous présentent maintenant leur avant-bras droit.
— La deuxième puce, explique le Dr Lusardi, a été implantée sous la peau de votre poignet droit. Il s’agit du localisateur. Grâce à lui, aucun risque de vous perdre. Vos propriétaires sauront toujours où vous trouver.
Nous plaçons, tous les cinq, les doigts de notre main gauche sur notre poignet droit. Sous la peau, une petite bosse. Quelle chance ! Nous ne pourrons jamais nous égarer dans ce lieu inconnu.
L’image des clones bras tendu cède la place à des plans serrés de leurs visages défilant à toute allure. Ils ont chacun une fleur de lis violette tatouée sur la tempe droite. Leur tempe gauche est ornée d’une seconde fleur, différente selon les individus.
Le docteur poursuit son exposé :
"— Vient ensuite l’aspect extérieur et visible. Vos tatouages faciaux indiquent que vous êtes des clones indigènes. Vous avez déjà découvert votre fleur de lis violette. Une fois que vous aurez été achetés et qu’on vous aura confié un emploi, le côté gauche de votre figure sera décoré d’un second tatouage botanique, symbolisant votre fonction. À partir de ce moment-là, la toile vierge de votre existence commencera à se remplir.
Les images holographiques s’évanouissent pour laisser place à une musique apaisante, qui accompagne avantageusement la conclusion de ce cours introductif.
— Si votre apparence est appelée à évoluer en fonction de vos devoirs sur l’île, votre mission, elle, ne changera pas. Ne l’oubliez jamais : vous avez été créés pour servir. Les avancées scientifiques nous ont permis d’extraire l’âme de vos Originaux. Ainsi, vous pourrez vous dédier sans aucune restriction à votre vocation. Vous ne ressentez aucun sentiment dans un but précis : que vos maîtres éprouvent ce pour quoi ils sont venus à Demesne. Le bonheur."


Voici l'indice pour poursuivre la lecture du chapitre
Quel blogueur a dit à propos de Glitch : "J'ai trouvé cette histoire de contrôle au travers de puces électroniques originale et j'ai hâte de voir ce que ça va donner dans la suite ! Le fait que certains personnages aient des dons rend les choses encore plus attrayantes." ?