Après un AVC, la vie d' Alphonse bascule. Figé dans un fauteuil roulant, impuissant, il est condamné à subir un quotidien qu' il s'apprêtait à quitter : sa femme Clarisse...
Comme derrière une vitre dépolie, Alphonse observe un monde sur lequel il n' a plus d'emprise et décrit avec une saisissante acuité les rouages et les fissures de la vie de couple.
Chloé Schmitt réussit la prouesse de créer par son écriture un rythme alerte et sans répit, qui donne au lecteur, à travers son narrateur paralytique, le sentiment d'être constamment sur le qui-vive.
De cette noirceur implacable et de cette position d' observateur unique se dégage une ironie qui insuffle au récit toute sa vitalité.

C'est sur ce premier roman au quatrième de couverture intriguant que s'est porté mon choix lors de la dernière opération Masse Critique de Babelio.

Si ce résumé est proche du fond, il est trop prometteur... Après un départ qui colle au ton annoncé, ce vieux grincheux devient un peu lassant, on tourne un peu en rond ! Parce que même si l'action, elle, évolue, lui pas ou peu et ses réactions et pensées sont un peu répétitives.
Pas suffisamment toutefois pour gâcher la lecture, on tient le cap par curiosité et goût du sordide. Il y a une indéniable cruauté-dureté dans ce roman qui choque et fascine à la fois.

La vraie difficulté de ce roman c'est le style. A vouloir faire trop et trop bien, ça en devient légèrement indigeste.
Chloé Schmitt écrit bien, mais elle devrait s'abstenir d'être perpétuellement entrain d'essayer de le prouver, c'est usant et bien trop ampoulé par moment.
Déjà que sa focalisation (narrateur en "je" ne pouvant communiquer simplement avec l'extérieur et dont les pensées errent de-ci de-là) ne joue pas la facilité, pour le coup l'ensemble n'est pas très fluide, c'est dommage !

En somme si j'ai aimé le sujet abordé et le traitement de Schmitt je ne peux pas en dire autant du rythme et de sa plume.
Au final, même si le fond est marquant il est désagréablement parasité par la forme ce qui n'en fait pas une lecture des plus agréables. Il s'agit toutefois d'un premier roman, qui plus est d'une jeune auteur, il faut donc saluer la performance et espérer qu'elle affinera sa plume avec le temps.



Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour cette lecture !

Chloé Schmitt, Les affreux

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