Elle a 18 ans, il en a 20. À eux deux ils forment le Phænix, l'oiseau mythique qui renaît de ses cendres. Mais avant de le devenir, ils devront se retrouver et s'unir dans un amour pur et éternel...

Depuis l'origine du monde, le Phænix meurt et renaît perpétuellement de ses cendres. L'être fabuleux est constitué de deux âmes sœurs. À chacune de ses résurrections, ses deux moitiés doivent se retrouver et s'aimer pour reformer l'oiseau légendaire. Car lui seul a le pouvoir d'éloigner les menaces qui pèsent sur l'humanité. Malheureusement, les deux amants ont été séparés et l'oubli de leurs vies antérieures les empêche d'être réunis... Aujourd'hui, dans le Sud de la France. Anaïa a bientôt dix-huit ans. Elle a déménagé en Provence avec ses parents et y commence sa première année d'université. Passionnée de musique et de théâtre, Anaïa mène une existence normale. Jusqu'à cette étrange série de rêves troublants dans lesquels un jeune homme lui parle et cette mystérieuse apparition de grains de beauté au creux de sa main gauche. Plus étrange encore : deux garçons se comportent comme s'ils la connaissaient depuis toujours... Bouleversée par ces événements, Anaïa devra démêler le vrai du faux, comprendre qui elle est vraiment et qui saura la compléter. Elle devra souffler sur les braises mourantes de sa mémoire millénaire pour redevenir elle-même. S'ouvriront alors les portes d'une nouvelle réalité dans laquelle amour et fantastique sont étroitement liés.

Je suis maintenant depuis le début cette collection de Robert Laffont et je dois avouer que c'est toujours un plaisir de commencer l'un de ses romans. Pour la couverture déjà, elles sont toutes magnifiques et celle de Phaenix ne déroge pas à la règle et pour la surprise aussi ! On ne sait jamais trop à quoi s'attendre avec cette collection qui varie les styles et les plaisirs de manière surprenante et toujours innovante.

Ce roman aussi comporte son lot de nouveautés pour une littérature young adult qui peine pourtant souvent à se renouveler.
En partant d'un mythe Rozenfeld prend un pari risqué : celui de s'approprier un existant fantastique tout en s'éloignant des carcans habituels de l'urban fantasy (vampires, sorcières et autres loups-garous...). C'est déjà courageux en soi, alors si en plus c'est réussi :)

Au delà de l'usage du mythe annoncé en quatrième de couverture, la trame de fond de ce roman est assez simple et même assez classique pour les habitués du genre : une jeune femme, un triangle amoureux dont un garçon ténébreux, un fond fantastique mystérieux... De quoi faire lever les yeux au ciel à nombre de lecteurs (et surtout lectrices) et pourtant Carina Rozenfeld arrive à en faire quelque chose de différent et dont on aura finalement bien du mal à lever les yeux !

Le premier point marquant qui le différencie des autres romans à trames grossièrement similaires c'est le fait qu'il prenne place en France. Alors oui dit comme ça ce n'est pas grand chose mais pourtant c'est plus qu'appréciable ! Déjà l'auteur maîtrise son environnement, ensuite le lecteur l'identifie et y est plus familier et en dernier lieu son décor ne lui sert pas à combler des manquements narratifs (ne me dites pas que vous n'avez jamais été exaspéré par les auteurs qui se servent d'un lieu très romantique ou très connu pour ne pas dire époustouflant à seule fin de donner un peu de relief à une scène plate et dépourvu d'intérêt).
Et puis soyons un peu chauvin, un roman fantastique jeunesse qui se passe en France (et en plus de ça même pas à Paris) c'est suffisamment (et trop) rare pour qu'on ne le note pas !

On retrouve aussi cette volonté de ne pas en "mettre plein les yeux" à travers l'héroïne : Anaïa est une jeune femme tout ce qu'il y a de plus normale, avec ses doutes et ses complexes, ses fragilités, ses passions... Elle n'a pas un caractère de plomb ou de guerrière, aucun super pouvoir ni même un corps de déesse ; ce qui fait qu'au final on ne s'y attache que deux fois plus facilement :p

Ensuite et là c'est le gros point fort du roman pour moi, l'auteur instaure tout au long de son roman une ambiance musicale et un rapport de ses personnages à la musique qui sont d'une efficacité et d'un réalisme saisissants. C'est une question de sensation assez difficile à mettre en mot mais l'effet est surprenant ! Petit bonus en fin de tome on retrouve la liste de toutes les chansons / morceaux évoqués ainsi que le lien vers la playlist de l'auteur, je suis fan !

Pour le reste je déplore un peu que le mythe ne soit pas plus abordé dans ce premier tome. Somme toute l'aspect fantastique est assez long à se mettre en place au profit de la découverte des personnages, j'en attends donc plus dans le second tome.
Ce qui fait qu'au final il ne se passe pas grand chose du point de vue de la trame de fond dans cette mise en place, il faut le reconnaître !

Pour autant on ne s'ennuie pas une seconde, Carina Rozenfeld écrit bien et comme déjà dit maîtrise son ambiance d'un bout à l'autre du tome. Elle plonge tellement le lecteur dans son univers qu'il brûle, une fois arrivé à la dernière page, d'avoir la suite entre les mains :)
Pour tout dire j'ai refermé le livre séduite mais avec un soupçon de frustration... Et je me suis surprise plus d'une fois les jours suivants à y repenser, à me passer la playlist, à le digérer en quelque sorte et à en voir apparaître tous les aspects positifs (à tel point que je pense le relire avant le prochain tome !).



Carina Rozenfeld, Les Cendres de l'Oubli- Phænix T1 Sortie le 6 septembre 2012

Merci à l'équipe dynamique de la Collection R pour cet envoi et lecture en avant-première ainsi qu'à la communauté du Club R pour nos échanges autour de Phaenix :)