Les noces barbares
Par Plume le lundi 14 mai 2012, 21h56 - Lu et Approuvé (ou pas) - Lien permanent
Fruit d'une alliance barbare et d'un grand amour déçu, Ludovic, enfant haï par sa trop jeune mère - Nicole et ses grands-parents, vit ses premières années caché dans un grenier. La situation ne s'arrange guère après le mariage de Nicole avec Micho, brave et riche mécanicien qui cherche à protéger Ludovic. Hantée par ses amours brisées, sombrant dans l'alcoolisme et méprisant son mari, la jeune femme fait enfermer son fils dans une institution pour débiles légers. Mais Ludovic n'est pas l'arriéré qu'on veut faire de lui. Il ne cesse de rêver à sa mère qu'il adore et qu'il redoute. Même une première expérience amoureuse ne parvient pas à l'en détourner. Son seul but, son unique lumière : la retrouver. S'enfuyant un soir de Noël, il trouve refuge sur la côte bordelaise, à bord d'une épave échouée, écrit chez lui des lettres enflammées qui restent sans réponse. Et c'est là-bas, sur le bateau dont il a fait sa maison, que va se produire entre Nicole et son fils une scène poignante de re-connaissance mutuelle - qui est aussi le dernier épisode de leurs noces barbares.
Sur conseils de nombres de mes comparses, et ce malgré mes deux déceptions, j'ai réitéré avec Queffélec et ce roman plus connu que l'on m'a conseillé.
Grand mal m'en a pris, j'ai exécré ce roman comme rarement... C'est sombre, violent et je n'ai pas saisi le sens de tout ça. A quoi bon nous exposer ainsi la torture d'une femme, puis celui de l'enfant qu'elle rejette dans le détail et de manière presque chirurgicale, dénué de toute compassion ? J'ai tenu bon pourtant m'attendant à une finalité, quelque chose mais rien. Ludo malgré les sévices et négligences de sa mère, puis de ses éducateurs prend tout de même le bon chemin, tente de s'en sortir malgré ses failles mais Queffélec ne lui laisse pas une chance...
Je n'ai rien contre les romans sombres, contre les destins tragiques ou sans espoir. Pourtant cette longue énumération de sévices, violences, désamours envers cet enfant m'ont dégouté de cette lecture quand les appels d'affection et l'amour du fils restent désespérément sans réponse, sans même un impact ou une réaction m'ont alourdit la lecture.
La scène la plus violent est pourtant celle d'introduction avec le viol de la jeune Nicole, à la limite de l'insupportable mais je l'ai supporté comprenant bien qu'il avait une raison, qu'il allait justifier la suite du roman et l'expliquer en un sens.... J'aurai aimé pouvoir en dire autant de ce qui est infligé à l'enfant et par la même occasion au lecteur.
Je pense donc en avoir définitivement terminé avec Queffélec. Ce n'est vraiment pas un auteur pour moi.
Même si je reconnais son talent narratif, il le met au service d'un genre qui ne me touche pas, qui me rebute et qui offre un point de vue sur la vie qui ne m'apporte rien et que je trouve vain.
Yann Queffélec, Les Noces barbares
***Du même auteur***
La puissance des corps
La dégustation




Commentaires
J'ai tenté un roman de cet auteur ce mois-ci : Mineure (l'histoire d'un père de famille qui s'éprend d'une gamine de 12-13 ans.) Ce roman est d'une telle crudité que c'était proprement insoutenable. Je l'ai abandonné au tiers. Je ne pense pas non plus que je lirai d'autres romans de Y. Quéffelec.
J'ai lu ça au collège ou au lycée dans le cadre des cours de Français. Une bonne daube
Bon... Je n'ai toujours pas lu cet auteur mais pas dit que je m'y mette après un tel avis !
@Reka : Ça à l'air gai en effet :s
@Eole : A l'école ? sérieusement ? brrrr
@Noukette : Certains aiment après tout... le mieux c'est de se faire son avis (mais ne te précipite pas hein :p )
C'est bien dommage que cet ouvrage soit mal perçu car il est très poignant Il faut savoir que ces situations existent vraiment. C'est le coté obscur de l'être humain Bien que très sombre c'est une leçon et un espoir que nous donne c'est enfant/adolescent en recherchant sans fin l'amour de sa mère. Il la retrouve et elle-même l'accepte comme son fil (bien que ses intentions ne soient pas très louables) Mais le mal est fait et la folie de l'enfant va entraîner la délivrance Pour les deux.
C'est une histoire qui dépasse l'auteur qui vit par elle-même. D'une atrocité, le viol, l'auteur nous fait vivre une atrocité bien plus grande l’absence de reconnaissance C'est un livre douloureux qui laisse des traces mais parfois il faut souffrir comme les personnages pour comprendre et accepter les autres Relisez-le vous verrez