Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. Et de son récit douloureux et intense naît une question, lancinante : y a-t-il une logique qui préside à ces existences ? Tout Jonathan Coe est là : la virtuosité de la construction, le don d'inscrire l'intime dans l'Histoire, l'obsession des coïncidences et des échos qui font osciller nos vies entre hasard et destin. Et s'il délaisse cette fois le masque de la comédie, il nous offre du même coup son roman le plus grave, le plus poignant, le plus abouti.

Ce roman me faisait de l’œil depuis un moment, son titre déjà, sa couverture ensuite, puis les divers avis lus sur la toile...

C'est donc avec ce roman que je découvre Coe et son écriture toute en finesse.
Je ne sais pas si il s'agit selon l'avis général de son "meilleur" roman, mais pour une découverte cette lecture est plutôt engageante.

Pourtant je n'ai pas grand chose à dire sur ce roman. Il n'a rien de spectaculaire ou de vraiment surprenant. C'est juste prenant, bien écrit et efficace ! Tout comme les trois jeunes femmes auditrices de la confession de la vieille dame, le lecteur fait défiler les "photos" et avance dans l'histoire de cette famille avec avidité et curiosité, tour à tour ému et séduit par le charme de Rosamond et de sa vie.

Et çà et là surgissent quelques images poignantes, qui laissent entrevoir une lumière véridique et poétique à la fois, sur ce que nous sommes tous un peu au fond et nos relations avec les autres... et surtout celle mère-enfant.
Celle d'Imogen est particulière, et comprendre son histoire depuis l'enfance permet de mieux situer cette mère si terrible.

Reste qu'à la manière d'une vieille dame qui ressasse un peu le passé, accentué peut-être par l'aspect oral de la confession qu'a voulu donner l'auteur, Rosamond s'égare un peu parfois, s'éloigne de son sujet et se lance dans des descriptions un peu inutiles ce qui il faut bien le dire entretient la frustration du lecteur !
Pour autant ces quelques longueurs ne sont pas un véritable handicap dans la lecture et ne gâche pas grand chose.

En bref c'est une agréable lecture, une de celle qui a du cœur, ce qu'il faut de profondeur et le tout, pour ne rien gâcher, menée d'une jolie plume.

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Jonathan Coe, La pluie, avant qu'elle tombe