Oskar, 9 ans, est surdoué, ultrasensible, fou d'astrophysique, fan des Beatles et collectionneur de cactées miniatures. Son père est mort dans les attentats du World Trade Center en lui laissant une clé. Persuadé qu'elle expliquera cette disparition injuste, le jeune garçon recherche la serrure qui lui correspond. Sa quête désespérée l'entraîne aux quatre coins de la ville où règne le climat délétère de l'après 11-Septembre.

Un roman à la fois émouvant et atypique qui m'a laissé sous le charme !

Facile finalement avec un tel sujet de se laisser aller à la facilité, aux processus d'apitoiement accessibles et aux scènes larmoyantes...
Rien de tout çà ici. On est ému certes, mais principalement par ce petit garçon si intelligent, si mature mais qui sans être un être surnaturel ou peu crédible reste avant tout un enfant qui souffre de la perte de son père.

Oskar est un personnage réaliste, atypique et éminemment bien réussi. Il est rare que je m'attache autant à un personnage, encore moins à un enfant (je les trouve rarement plausibles ou alors ennuyeux).
Reste que la sphère familiale et amicale qui gravite autour de lui est elle aussi attachante, que les différents récits qui s'alternent font ressortir la poésie et l'émotion de ce processus de guérison qu'est le deuil : celui d'un père, d'un fils chéri, d'un fils méconnu...

Je regrette juste que Foer n'ait pas aussi donné voix à la mère d'Oskar. Elle est finalement assez en retrait dans ce roman, et je dirai même sans importance jusqu'aux dernières pages.Peut-être justement pour ménager ces derniers chapitres au fond, mais dommage tout de même.

Les autres récits alternés en sus de celui du petit garçon sont principalement celui de la grand-mère qui s'adresse à son petit-fils et celui du grand-père inconnu, plus aussi quelques prises de paroles du vieux voisin M.Black.
J'ai adoré M.Black, tout comme j'ai adoré la grand-mère mais je dois reconnaître que j'ai été moins séduite par le grand-père disparu... Son histoire m'a semblé plus bancale, moins réaliste, j'ai moins adhéré.

Au final j'ai vraiment apprécié ce roman, ses qualités comme ses défauts parce qu'il ne se laisse pas aller à la facilité mais propose vraiment quelque chose. Un personnage déjà, une histoire aussi et en un sens une réflexion sur le deuil différente des voies habituelles et que j'ai trouvé assez intelligente.
Alors oui c'est un roman qui fait appel à l'affect, qui utilise un évènement marquant et catastrophique, mais il va au-delà de ça et je ne peux que vous encourager à le lire pour le constater par vous-même ! (et vite avant sa sortie au cinéma parce qu'à l'inverse je ne gage pas grand chose sur l''adaptation qui après cette lecture me semble très difficile !!)

Une nouvelle fois merci à Babelio, ainsi qu'aux éditions Points pour l'envoi.

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Jonathan Safran Foer, Extrêmement fort et incroyablement près