Je me considère comme quelqu'un d'assez terre à terre, de rationnelle, d'ancrée de tout son être dans la réalité (même si comme tout le monde je fais ce qu'il faut pour m'en échapper parfois mais de manière intentionnelle), d'analytique, de réfléchie peut-être même un peu calculatrice je le reconnais, cartésienne...

Quelqu'un qui n'étale pas particulièrement ses sentiments, qui les dissimule même avec une certaine facilité au besoin, qui n'est réellement spontanée qu'en confiance et terrain sûr, expressive surtout pour faire plaisir (ou pour râler oui oui ça va, je sais que çà je sais faire !)...

Et pourtant, depuis toujours, je suis victime de peurs irrationnelles, de bouffées d'angoisse incontrôlables qui une fois passées me mettent hors de moi, mi-colère mi-honte de n'avoir su se contrôler...
Il faut que je vois le bout d'un tunnel, c'est comme ça.
Il faut absolument que j'aie le hublot dans l'avion, cherche pas.
Je n'approche pas à moins de 3m d'une araignée, oui même petite comme ça.
Je dois descendre de ce wagon de métro là tout de suite, je ne l'explique pas.

C'est ridicule, instinctif, j'en perds toute raison et la grande adepte du contrôle que je suis en devient verte de rage à chaque fois. Mais même en "prenant sur moi" même en rationalisant au possible, même en me préparant, rien à faire. Le moment venu, quand l'angoisse naît mon esprit s'évapore, ne reste plus qu'un corps et une émotion qui submerge l'ensemble.

Ce n'est pas vraiment de la phobie, parce que ce n'est pas systématique : un tunnel que je connais bien ne me fera rien, l'araignée c'est au feeling et en fonction du lieu où je me trouve, l'avion me fait plus ou moins d'effet selon les circonstances et les bouffées d'instinct de survie dans les transport sont très aléatoires... Bref ce n'est même pas prévisible !

Je ne me suis jamais vraiment posée la question du "pourquoi", remonter à l'enfance et autre psychologie de comptoir parce qu'au fond je m'en fous un peu. J'ai beau me décevoir à chaque épisode, je sais que ça fait partie de moi et que j'ai beau vouloir le contraire (ou tout du moins le faire croire) j'ai des faiblesses comme tout à chacun.
Il m'a déjà fallu du temps pour en arriver là, c'est déjà un sacré pas.



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