Roman autobiographique mis en image par Jean-Jacques Annaud, L'amant est l'un des récits d'initiation amoureuse parmi les plus troublants qui soit. Dans une langue pure comme son sourire de jeune fille, Marguerite Duras confie sa rencontre et sa relation avec un rentier chinois de Saigon. Dans l'Indochine coloniale de l'entre deux-guerres, la relation amoureuse entre cette jeune bachelière et cet homme déjà mûr est sublimée par un environnement extraordinaire. Dès leur rencontre sur le bac qui traverse le Mékong, on ressent l'attirance physique et la relation passionnée qui s'ensuivra, à la fois rapide comme le mouvement permanent propre au sud de l'Asie et lente comme les eaux d'un fleuve de désir. Histoire d'amour aussi improbable que magnifique, L'amant est une peinture des sentiments amoureux, ces pages sont remplies d'un amour pur et entier.

Un grand classique dont je m'étais malheureusement quelque peu spoliée la lecture en ayant vu le film il y a quelques années. Ce sont donc principalement ses images là qui se sont imposées à moi alors que je faisais défiler les page.

Étrangement le livre m'a plus dérangé que le film ! La part autobiographique est beaucoup plus sensible d'une part et les mots peut-être plus crus... (çà reste léger mais j'ai trouvé cette lecture assez rude au final).

Si j'ai aimé cette description de l'Indochine coloniale et l'ambiance qui imprègne ces pages, j'ai eu plus de mal avec cette petite Marguerite si dure et blindée qui agit avec une certaine froideur, résolue et résignée.
Possible aussi que l'auteur malgré les années se doit de prendre une certaine distance avec les évènements passés qu'elle retranscrit ici, toujours est-il que la sensation a été pour moi dérangeante.

Le 4ème de couverture parle d'amour, je n'en ai pas vu. J'ai lu de la passion émotionnelle et physique, celle du jeune homme est certaine, mais rien de romantique ou de sentimentale...

Reste que Duras écrit admirablement bien, son style est à la fois épuré et poétique, chaque mot est à sa place, mesuré, choisi. Un délice.
Un livre donc qui mérite sa bonne place au sein de la littérature française, et également qu'on s'y attarde mais qui ne m'aura pas convaincu outre mesure au delà de son ambiance et de sa forme.

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Marguerite Duras, L'Amant

C'était la lecture du mois de juin (Je ne l'ai pas publié dans les temps, tant pis et de toute façon je m'acharne à finir ce challenge !)
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