Une prestigieuse université féminine de la Nouvelle-Angleterre dans les années 75. On conteste plus que jamais les valeurs bourgeoises sur fond de drogues, de cigarettes, d'art et de poésie. Gillian Brauer, 20 ans, brillante étudiante de troisième année, voudrait briller encore davantage aux yeux de Andre Harrow, son charismatique professeur de littérature, qui a décidé de faire écrire et lire en classe à ses élèves leur journal intime. Il n'octroie ses compliments qu'aux confessions les plus osées ce qui génère surenchères malsaines et incidents ravageurs parmi des filles survoltées, avides de retenir l'attention - et plus - du maître.

Un des romans les plus ambigus et à l'ambiance la plus lourde qu'il m'ait été donné de lire !
Éminemment bien réussie que cette plongée dans l'univers universitaire féminin sous la coupe d'un professeur pervers et dominateur ; effrayant.

L'ambiance "pensionnat de jeunes filles" parfaitement décrite en début de roman vire peu à peu et avec virtuosité vers celle plus étouffante du trio Gillian / Harrow / sa femme qui donne froid dans le dos jusqu'au coup d'éclat final.

Une nouvelle fois Oates n'est pas là où on l'attend, son style comme son fond étonnent et surprennent. Je crois que le pire dans tout çà c'est qu'elle a véritablement l'art de décrire et d'imaginer le pire (délit, perversité, tension sexuelle ambigüe, fantasmes malsains...) sans jamais tomber dans l'obscénité ou le montage façon fait divers ; pourtant l'ensemble reste peu suggéré et assez explicite, Oates ne se cache pas derrière les mots !
Ça reste juste, neutre, presque chirurgical. Définitivement une grande plume.

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Joyce Carol Oates, Délicieuses pourritures




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