Lilas, une naine flamboyante, a choisi, depuis la disparition de Frêne, son époux, de prendre sa retraite de Chef de la garde du palais de la Haute Fée pour ouvrir une auberge au bord de la mer, à l'endroit même ou Frêne s'est "ancré" pour l'éternité. Entourée de quelques amis et d'Errence, un elfe qui est aussi son amant, elle mène une existence un peu trop paisible à son goût.
Alors qu'elle s'interroge avec angoisse sur son devenir, son fils Saule, pourchassé par un groupe de miliciens au service de la Haute Fée, fait irruption dans l'auberge. Il serre dans ses bras une adolescente de 16 ans, Brune, qui est à l'agonie.
Après quelques heures d'hésitation, et bien que pressentant l'immense danger qui émane de façon indicible de la personnalité de Brune, Lilas décide de les protéger envers et contre tous.

C'est toujours un plaisir d'ouvrir un nouveau Gaborit, on sait que jolie plume et créativité seront au rendez-vous.

C'est encore le cas avec Chronique du soupir qui nous plonge dans un monde fantaisie tout droit sortie de la folle imagination de Gaborit et où les fées, sources de la magie remplace le cœur des hommes. Chaque être, en lieu et place de cet organe, doit sa survie et sa magie à cette fée.
C'est bien plus complexe que çà, il y a également une raison historique à ce fait et les conséquences apportent aussi leurs lots de mauvais côtés mais pour un résumé grossier c'est à peu près çà.

On débarque donc dans cet univers, basé sur les fées et le souffle pas vraiment préparé (là encore une habitude de l'auteur) et l'on découvre peu à peu les rouages. La compréhension ne va donc pas de soi, il faut un moment pour vraiment saisir de quoi il retourne et on a une sensation d'égarement qui persiste en partie jusqu'aux dernières pages.
Plus qu'un univers qu'il faut comprendre c'est une ambiance, de la sensation. Il faut donc se laisser porter par les mots pour vraiment profiter du roman.

Pour autant, et en bonne cartésienne que je suis, j'ai parfois eu l'impression de passer à côté de quelque chose, c'est assez frustrant !
Je reconnais que Gaborit une nouvelle fois fait preuve d'une grande poésie et d'une grande imagination mais pourtant je l'ai connu plus accessible, plus convaincant.
Ce qui est sûr c'est qu'il me faudra une relecture pour vraiment saisir les tenants et aboutissants de son monde, en dessous de la simple sensation de lecture.

En résumé Gaborit est vraiment un auteur à part, un véritable ovni de la fantaisie que je ne peux que vous encourager à lire. Chacune de ces œuvres est une expérience de lecture unique mais on ne trouve pas ici la plus convaincante.
C'est un bon roman, marquant mais difficile d'accès et je ne pense pas qu'il soit le roman par lequel il faille découvrir ce formidable auteur. Préférez lui Les chroniques Crépusculaires.
Pour les lecteurs déjà familiers de l'auteur le plaisir sera là, mais différent de celui auquel vous pourriez vous attendre !

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Mathieu Gaborit, Chroniques du soupir

Merci à Livraddict et aux éditions Le Pré aux Clercs pour cette lecture.