Défi, réquisitoire, utopie, ce livre mondialement célèbre, chef-d'œuvre de la littérature d'anticipation, a fait d'Aldous Huxley l'un des témoins les plus lucides de notre temps. Aujourd'hui, devait écrire l'auteur près de vingt ans après la parution de son livre, il semble pratiquement possible que cette horreur s'abatte sur nous dans le délai d'un siècle. Du moins, si nous nous abstenons d'ici là de nous faire sauter en miettes... Nous n'avons le choix qu'entre deux solutions : ou bien un certain nombre de totalitarismes nationaux, militarisés, ayant comme racine la terreur de la bombe atomique, et comme conséquence la destruction de la civilisation (ou, si la guerre est limitée, la perpétuation du militarisme) ; ou bien un seul totalitarisme supranational, suscité par le chaos social résultant du progrès technologique.

Je m'attendais à beaucoup en lisant ce livre, un coup de cœur, une révélation, une lecture à la hauteur de 1984. De ce point de vue, quitte à faire le vilain petit canard je peux dire que je suis déçue.

C'est bien pourtant, inventif, bien écrit, précurseur et visionnaire mais je m'attendais à davantage. Passée la découverte initiale, dont la forme m'a d'ailleurs quelque peu gênée, je me suis même ennuyée jusqu'au passage de la Réserve.
Je garde en tête que ce roman date de 1932 et que c'est somme toute impressionnant, très impressionnant même. Pour autant çà manque de jugement à mon goût, ou tout du moins de "prévention" par la crainte / anticipation. Même chose pour la part romanesque. On n'accroche pas plus que çà avec les personnages et il y a au final peu d'enjeu. Cette société de contrôle est présentée comme idéale et rien ne semble pouvoir l'ébranler, ni les personnages, ni les évènements...

Ce n'est pas sombre non plus pour autant, juste dur à définir et à cerner vraiment. À lire sûr çà donne froid dans le dos mais le récit reste détaché, froid presque scientifique... Il m'a manqué quelque chose et j'ai du mal à mettre le doigt dessus !
Ajoutons à cela le fait que les dystopies depuis (et surtout grâce à) cette œuvre sont devenues plus courantes, pour ne pas dire habituelles, l'effet en est forcément diminué. Typiquement Bienvenue à Gattaca reprend un peu les même sujets et le même type de société ou la technologie gouverne l'homme et son destin (attention cependant chez Huxley il y a un aspect totalitaire plus prononcé tout de même) mais en présentant un point de vue plus engagé.

Au final c'est un bilan en demi-teinte de ce classique dont je reconnais pourtant la valeur, mes attentes ont malheureusement portées préjudice à ma lecture !

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Aldous Huxley, Le Meilleur des mondes

C'était la lecture du mois de mai (honte sur moi )
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