"J'ai pris le volant un jour d'été, à treize heures trente." On ne sait pas grand-chose des raisons qui poussent le narrateur à quitter Paris et à rouler en direction de Marseille, ville qui s'est imposée à lui comme un mot plus que comme une destination.
Le seul besoin de fuir ? Ce serait trop simple. N'a-t-il pas plutôt l'intuition que c'est justement en s'en remettant au hasard que la vie peut enfin apporter du neuf ? "La géographie n'a jamais été mon fort", apprendrons-nous plus loin. Avec ce road nove' d'un genre très particulier, Christian Oster signe l'un de ses romans les plus forts.

Un roman difficile à cerner que ce Rouler... Entre hasard et errance je me suis moi aussi perdue en chemin, jusqu'à l'ennui.

C'est pourtant bien écrit, sans aucun doute mais sans plus (pas de quoi s'ébahir loin s'en faut), incomplet trop et trop souvent. Au-delà même du sentiment profond du manque de finalité de l'ensemble, on perd vite le goût du pourquoi, lassé par le côté inachevé ; aussi bien celui des étapes et descriptions et que celui des rencontres.

Je me suis pourtant acharnée, convaincue qu'il allait bien finir par se passer quelque chose au milieu de ses longues descriptions de paysages et de brefs indices sur la vie et les motivations du personnage central. En vain. J'aurai moins perdu mon temps devant les Ch'tis à Ibiza c'est dire.
C'est mou, c'est lent, çà manque d'épaisseur, de rebondissements... bref le vide intersidéral.
Qu'on ne se méprenne pas cependant, je tolère tout à fait qu'un auteur ne me raconte rien pour peu qu'il le raconte bien ; qu'il y mette une dose de génie, de tripes, de beaux phrasés, bref quelque chose !! Mais Christian Oster est avare avec son lecteur, il se contente du minimum aussi côté plume.

Je suis pourtant assez gourmande de road trip, pour leur dépaysement, le goût du voyage, et surtout parce que bien souvent ce genre de récits créent la surprise. Aucun de ces éléments ici. On a la sensation d'un mouvement vain, sans but, long et ennuyeux sans même l'envie d'en voir le terminus.
Il est rare qu'un livre arrive au bout de ma patience, je dois au moins reconnaître cette qualité à celui-là !

En résumé je suis vraiment passée à côté de ce roman dont le seul attrait à mes yeux aurait pu être le hasard des rencontres pour peu que celles-ci donnent matière à quelque chose...

Sortie le 18 août 2011

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Christian Oster, Rouler