Je suis affamée. De choses inutiles, inaccessibles, pas raisonnables.

Je comble le manque à la magie du code secret de carte bleue, pour une énième paire de chaussures que je mettrais tout au plus à deux occasions et qui une fois dans le dressing ne sont déjà plus si intéressantes.
J'ai soif de changement, et plutôt que de m'attaquer au vrai problème je pense "un nouveau piercing ? non plutôt un tatouage cette fois".
J'aveugle le vide, du moins j'essaye de le remplir tant bien que mal à coup d'objets et de nouveautés, de pulsions mal contrôlées, d'ennui détourné.

Et çà marche, au moins un moment. Çà passe le temps, toujours çà de pris, de moins à ruminer, à réfléchir, à avancer. Un peu de temps de gagné pour continuer à stagner... mais dans une paire de nouvelles ballerines.

Dans les films ou les romans, les grands changements sont toujours symbolisés par de l'eau : une résolution prise sous le douche, un baiser sous la pluie... Moi je voudrais être inondée, que çà déborde, que çà fuit, exsudé par tous les bords mais pour le moment je resserre juste les vannes. Plutôt que l'eau je choisis l'encre, celle indélébile qui marquera ce tournant ou tout du moins fera office de détournement... (souhaitons-la plus efficace que les chaussures).