Palmier_MR.JPG

On me reproche, savamment, de ne pas assez vous faire baver sur cette nouvelle vie au soleil.
Je m'incline...

Aujourd'hui donc il fait particulièrement beau, comme la plupart du temps depuis début mai.
Il fait si chaud que j'en ai perdu le courage d'aller à la plage qui doucement se fait envahir. Journée libre et je me suis levée un peu trop tard pour çà de toute manière...
J'ai opté pour la piscine, même si l'eau déjà trop chaude ne rafraîchit que brièvement.
J'alterne lecture, écriture (sur ce carnet qui sert aussi pour mes chroniques) et la nage.

Aller brasse coulée, retour dos suivi d'un aller-retour crawl, en boucle... Routinier, juste assez pour ne pas avoir à penser et laisser le corps prendre le relais.
S'en serait presque érotique cet abandon, en tout cas essentiel, à la limite de l'instinct de survie. Alors je n'y pense pas tellement la plupart du temps, je me donne tout simplement, moi qui cultive si bien mes addictions je ne trouve pas là la plus malsaine de toutes !
Dans ces moments-là je me dis que j'ai peut-être finalement laissé ma tête trop lourde plus au nord, hors des cartons de déménagement. Je me leurre je le sais bien, c'est tout juste un espace-temps, un angle mort pour l'esprit. Ce qui est sûr c'est que là le contrôle est plus au sud, la tête s'incline.

Il fait trop chaud sur ce transat et rien que de tenir le stylo j'ai les doigts qui y adhèrent désagréablement. J'ai hâte de voir débarquer le propriétaire des lieux ; sourire pétillant, un commentaire sur la jeunesse, un café noir et sucré en début d'après-midi, un cocktail à base de rhum vers 16h, quelques mots échangés à peine.
On me connait bien ici.

Au-delà de moi, s'en est même culturel ce respect de la tranquillité et de l'espace de l'autre. Respect qui ne dit pas son nom, qui ne se vante pas, qui n'est jamais prétexte.
On ne force pas les choses tout simplement. Être avenant et laisser venir.
Ce qui colle parfaitement avec mon côté solitaire, asociale aussi.

Moins avec la partie sauvage qui claque les portes, qui prend la fuite, qui écoute (là tout de suite les Beach Boys) la musique trop forte, qui fume trop, qui boit à l'excès... Et pourtant çà ne s'arrange pas, c'est même de pire en pire. Une nature qui s'exprime et qui cède de plus en plus de place aux pulsions. J'ai perdu en chemin l'envie de faire l'effort, d'être raisonnée et raisonnable...

Mais on fait avec, comme quand la tramontane se met à souffler, on sait que peu importe sa violence, elle s'arrêtera. On ne lui reproche rien, pas plus qu'on ne lui cherche d'excuse. Elle est agaçante, à la longue même carrément chiante mais nécessaire et une fois qu'elle a tout balayée sur son passage, qu'elle s'apaise enfin, la plénitude est là.
Je suis bien accueillie partout - avec parfois même cette sollicitude de trop - comme je suis, sans faux semblant.

Au point que j'en deviens étrangère partout ailleurs. Pas à ma place.
Ma dernière escapade a eu ce goût amer de rappel à l'ordre. Plus possible de faire semblant, d'être juste "cette fille sympa qu'on n'a pas vue depuis longtemps". Quand je n'ai pas envie d'être là maintenant çà se voit. Quand je n'ai pas envie de parler ou d'une présence je ne joue plus le jeu je m'enfuis.
Et c'est ce que j'ai fait, à de multiples reprises pendant cette semaine là.
Jusqu'à finalement rentrer chez moi, soulagée, déçue aussi de ce vide que j'ai créé sans réussir à le combler, retrouver mon soleil qui brûle trop fort, la piscine et mon transat que je quitte maintenant pour l'eau, cédant à l'appel du corps...