Lena vit dans un monde où l’amour est considéré comme le plus grand des maux. Un monde où tous les adultes de 18 ans subissent une opération du cerveau pour en être guéris. A quelques mois de subir à son tour « la Procédure », Lena fait une rencontre inattendue… Peu à peu elle découvre l’amour et comprend, comme sa mère avant elle, qu’il n’y a pas de plus grande liberté que laisser parler ses sentiments. Même si cela implique de quitter ses certitudes…
« Ils prétendent qu’en guérissant de l’amour nous serons heureux et à l’abri du danger éternellement. Je les ai toujours crus. Jusqu’à maintenant. Maintenant, tout a changé. Maintenant, je préférerais être contaminée par l’amour ne serait-ce qu’une seconde plutôt que vivre un siècle étouffée par ce mensonge. »

Depuis ma lecture de 1984 il y a maintenant bien des années, je suis une grande fan des romans dit "dystopiques" (wikipédia mon ami mon amour) et aussi plus généralement tous ceux sur les sociétés de contrôles et/ou liberticides (parce que des petites piqûres de rappel sur les dérives possibles ce n'est jamais mauvais pour la vigilance au quotidien même si nous sommes bien d'accord la plupart des auteurs vont très loin !).

Ici nous sommes confrontés à une société qui a banni l'amour, accusé de tous les maux et considéré comme une "maladie" contre laquelle on vaccine les populations à l'adolescence (il y a un côté Equilibrium pour ceux qui auraient vu ce film (sinon regardez-le) : les arts sont contrôlés, les résistants emprisonnés ou condamnés à mort etc...). L'héroïne Léna est la fille d'une résistante, elle a donc grandi auprès d'une mère aimante sans le savoir jusqu'à ce qu'elle soit finalement dénoncée et se suicide. L'adolescente croit donc assez durement aux conséquences présentées comme désastreuse de l’amor deliria nervosa puisqu'il a coûté la vie à sa mère...

Comme dans toute bonne dystopie qui se respecte il arrive un moment où le personnage central doit entrer en rébellion et çà ne rate pas ici, au plus grand plaisir du lecteur !
Lauren Olivier réussit avec finesse à décrire cet univers puis le revirement sans jamais tomber dans du facile chamallow à l'eau de rose mais tout en conservant une émotion certaine.

Alors on sourit, on soupire, on tremble, on espère, on pleure... et on adore !
Des premiers chapitres à la gifle finale c'est assurément un coup de cœur :)

Quelques extraits juste pour le plaisir de la plume délicate et évocatrice de Lauren Olivier :

De tous les systèmes corporels, le système cardiaque est le plus fragile et le plus sujet aux perturbations. Le rôle de la société est de prémunir ces systèmes contre les infections et les dégradations, au risque de mettre, dans le cas contraire, l’avenir de la race humaine en danger. De même qu’un fruit est protégé des insectes, des chocs et de la pourriture par l’ensemble des techniques agricoles modernes, de même, il nous faut protéger le cœur.

Je préfère mourir selon ma propre volonté plutôt que de vivre selon la leur.

On ne peut pas être vraiment heureux, si on n'est pas aussi malheureux parfois. Tu le sais n'est ce pas ?


Çà donne envie hein ? :)

Merci à Nodrey qui fait voyager ce livre !

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Lauren Oliver, Delirium