Clay, l’anti-héros du premier best-seller de Ellis, Moins que zéro, revient à Los Angeles. Il a vingt ans de plus, il est un peu plus vieux, un peu plus seul et désoeuvré. Il retrouve ceux qu’il a connus dans sa jeunesse, Blair, Trent, Julian, Rip… les représentants d’une génération dorée et perdue, abandonnés à la vacuité, la solitude et la vanité qui les détruisent. Producteur associé à l’adaptation cinématographique de son dernier scénario, Clay participe au casting du film, joue de son pouvoir, séduit Rain, une jeune actrice sublime et sans talent, lui fait de fausses promesses. Il est prêt à tout pour la posséder. Mais qui manipule qui ? Clay découvre vite qu’il est constamment observé et suivi…Jalousie, trahisons, meurtres, manipulations… ici, dans la Cité des Anges, chacun se heurte aux mêmes jeux d’emprise et aux mêmes démons, s’enivre de sexe, d’images, de drogues, de fêtes irréelles… et se révèle toujours plus amer et désespéré. Le vide et la fureur aspirent les personnages, et leur font perdre tout sens des limites. On est saisi par la virtuosité du style sobre et acéré, les chapitres courts donnent à la narration un rythme percutant. L’atmosphère est oppressante, la noirceur non dépourvue d’humour. L’angoisse et la tension croissantes annoncent une lente descente aux enfers. Le portrait de notre époque est aussi violent que subversif.

J'ai lu Moins que Zéro l'année dernière (il me semble), cette lecture était donc encore assez récente dans mon esprit, et j'avais aimé ce portrait d'une jeunesse décadente et à la dérive.
J'ai également lu quelques autres romans de Easton Ellis (dont Lunar Park que j'ai critiqué ici), c'est un auteur que j'apprécie.

Pourtant j'ai moins accroché avec Suite(s) Impériale(s). Clay et ses proches ont finalement peu évolués en 20 ans, et les déboires (fêtes, sexe, alcool, drogue, argent facile...) d'un groupe de jeunes premiers passent tout de même mieux que ceux d'un groupe de quadragénaires qui s'ennuient... Au-delà de l'intérêt vite passé, il y a un aspect pitoyable pour des personnes qu'on ne peut même pas plaindre.

Parce que clairement Clay n'est pas satisfait de sa vie (il tente de se rattraper sur les femmes d'ailleurs), il tourne en rond, est un peu usé par ses vingts années de débauche mais profondément il s'ennuie... le lecteur avec.
Une intrigue de fond apporte un peu de suspens, mais finalement entre véritable machination et paranoïa du narrateur on ne sait plus trop à quel saint se vouer (un grand classique chez Ellis), la fin elle aussi laisse perplexe.
Malheureusement çà ne laisse pas beaucoup de branches auxquelles se raccrocher pour le lecteur !

Alors on fait défiler les pages : c'est répétitif, l'ambiance est connue... Heureusement le style est toujours là et sauve l'ensemble d'un abandon mérité !
Ce n'est pas ce qu'il a fait de meilleur, mais çà reste du Bret Easton Ellis dans la forme :)

Pour conclure que ceux qui espéraient retrouver le plaisir de lecture avec Moins que Zéro s'attendent à une probable déception ! Que les fans de Lunar Park passent leur chemin ! Mais que les férus d'Ellis et de sa plume prennent le temps de savourer ces quelques passages attendus !

Merci au groupe FB "Nos piles à lire 2011" et plus particulièrement à Alexandra qui fait voyager ce livre :)

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Bret Easton Ellis, Suite(s) impériale(s)