Souvent le meilleur moyen de vider sa tête c'est encore d'épuiser son corps, alors je cours, je nage, je m'essouffle, je me fais mal un peu.
Pour la bonne cause.

Et quand il en faut encore un peu il reste la musique, le son et ses secousses. Pas de ces chansons à assortir à ses humeurs, à larmoyer, déprimer...

Juste du son qui claque un peu contre les murs, des rythmes vifs pour se mettre en transe, de quoi se tordre la nuque en tous sens, délasser les épaules et oublier le monde un instant.
Parce que quand je danse plus rien n'existe que moi, la musique et mon corps qui prend le dessus...

On dirait une furie, échevelée, possédée... je m'en fous. Je ne fais pas çà pour le spectacle, pas pour les autres, c'est juste une thérapie, un point de décompression, un moyen de dire à ma tête que c'est encore moi qui contrôle et que je peux m'évader quand je veux, ou presque. Parce que je cède facilement à ce jeu avec l'esprit embrouillé, alcoolisé, drogué rappelé à l'ordre par la présence des autres qui ressurgit tout à coup et que j'accueille avec un sourire qui se moque de lui-même, folle je suis folle, je le lis dans leurs yeux !

J'ai une danse de la victoire, ridicule mais jouissive, qui s'impose d'elle-même dans les moments de joie ou de réussite comme d'autres crieront "yes" en repliant leur coude poing serré.
Je fais mes courses musique à fond dans les oreilles, sautillant derrière mon caddy, virevoltant dans les rayons.
Je marche en rythme, dansant dans ma tête dans la rue, défiant quiconque de se mettre sur mon chemin.
Je me donne confiance et recharge les batteries avec quelques déhanchés dans mon salon,
Provoque mon voisin mateur en le fixant pendant que je danse jusqu'à ce qu'il rentre chez lui, honteux...
Je me trémousse avec les enfants, moi aussi libérée de ces appréhensions adultes.
Je bouge, en transe, en concert, en oubliant la foule.


Quand je danse c'est mon corps qui chante.

Je danse avec moi-même
Eh il n'y a rien à perdre
Et il n'y a rien à prouver
Je serai là à danser avec moi-même