Elio, le fils de Natan et Shaé, a 9 ans quand les forces démoniaques de l'Autre attaque son village.
Et depuis quinze ans, l'âme de l'Autre a étendu son emprise sur le monde : gouvernements totalitaires, contrôles des populations, guerres permanentes entre grandes nations, lente agonie des libertés...
Seul Elio, détenteur du pouvoir des Sept Familles est en mesure de l'arrêter. Isolés et sans nouvelles de ses parents, il va devoir prendre la mesure de la situation mondiale, comprendre et accepter son rôle, maîtriser ses pouvoirs et trouver un moyen de mettre fin aux méfaits de l'Autre...
Heureusement que Rafi et sa sagesse sont tout de même là pour le soutenir et le mettre sur la voie. Mais Elio apprendra aussi que finalement quand on se bat pour ses convictions on est toujours seul...

C'est donc la descendance de Natan et Shaé qui doit prendre le relai et mener à bien le combat final.
On s'attache vite à ce petit garçon bien trop mûr pour son âge et qui pourtant croit aux fées, qui regroupe toutes les qualités et aptitudes des deux précédents héros.

Certes, Natan et Shaé manquent un peu à ce final, mais pas tant que çà. Elio est seul (ou presque) face à une tâche écrasante, il ne peut se réfugier derrière personne et c'est aussi ce qui fait la force de ce dénouement.
Une nouvelle fois Bottero est là où on ne l'attend pas et à aucun moment on ne présage vraiment de cette fin qui s'inscrit pourtant avec naturel et simplicité (j'ajouterai comme d'accoutumée) dans sa trame.

Face à l'Âme de l'Autre et à la situation mondiale désespérante de nouveaux thèmes sont abordés : le prix et la valeur de la liberté, les arguments sécuritaires, la manipulation des masses, la propagande, l'influence des médias...
Autant de sujets pas forcément faciles à aborder pour les plus jeunes sans rentrer dans la moralisation historique. Chapeau !
La grande leçon de ce tome finalement c'est "Apprends à penser par toi-même", sacré message.

C'est toujours un peu triste d'achever une saga de Bottero (surtout qu'il me reste peu à lire maintenant :s ), même si je suis contente d'avoir le fin mot du lien entre la Maison dans l'Ailleurs et Gwendalavir comme je le présumais.
L'Autre ne sera pas ma saga préférée mais j'ai pris plaisir à la lire et je pense qu'aux vues de ses messages et du fait qu'elle prenne pied dans le monde réel moderne c'est une lecture plus qu'intéressante et riche pour la jeunesse.

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Pierre Bottero, L'Autre, Tome 3 : La huitième porte