couv58345534.jpg Après quatre ans de prison pour un homicide involontaire lors d'une bagarre de bal de village, Tom Joad revient au pays.
Il ne trouve qu'une région désolée par les tempêtes de poussières, des terres saisies par les banques et la ferme familiale prête à être désertée.
S'en suit un long périple à travers le continent américain, une famille de métayers expropriée comme tant d'autres, les Joad, chassés par les tracteurs et en quête d'une nouvelle vie, d'une Californie prometteuse...

Long roman que ce récit historique de Steinbeck qui laisse tout loisir à sa formidable plume de s'exprimer.
Lecture difficile, souvent pénible, et pourtant essentielle encore aujourd'hui aussi bien pour le thème de l'agriculture que pour celui des sociétés modernes et des misères humaines qu'elles engendrent.

Il faut un petit moment pour pleinement entrer dans ce roman et s'attacher à cette famille ; le temps de saisir le contexte, d'identifier tous les membres qui la composent et de s'habituer à ce jargon paysan et imagé.
Mais une fois ce pas franchi plus de retour en arrière et le lecteur doit lui aussi affronter les épreuves, les espoirs déçus...

Pourtant, même si ce roman est sombre c'est indéniable, on ne tombe à aucun moment dans le misérabilisme. Au contraire, on ne peut que s'incliner devant le courage et la détermination qui sans cesse poussent ces "okies" en avant, la ténacité de la mère à préserver l'unité de sa famille et par dessus tout la grande humanité qui continue à animer les uns et les autres à travers une solidarité de tous les instants.
Steinbeck nous livre donc un récit dur mais pleinement humain, qui sert de toile de fond à bien des messages : le sens de la famille, le rapport de l'homme à la terre et à la richesse, la valeur de la solidarité, la considération des "étrangers", la peur et la cupidité qui pervertissent nos sociétés modernes...

Un roman riche et éprouvant qui relate la mise à mort d'un mode de vie, la fin d'une ère mais sans offrir de solution.
Le plus dur dans ce périple, ce ne sont pas finalement les épreuves mais l'absence de rédemption.
J'aurai voulu - j'ai espéré - une fin, quelle qu'elle soit et sans doute pas heureuse vu l'ensemble du roman, mais qu'il y ait un apaisement, que tout çà s'achève d'une façon ou d'une autre. Mais Steinbeck est encore sur ce point rude et fidèle à son réalisme.

Je ne suis pas férue d'Histoire Américaine et pourtant ce livre m'a ému. En un sens il pourrait ne pas avoir de nationalité et prendre place dans n'importe quel pays ayant vécu l'industrialisation et la fin de la culture agricole traditionnelle.
Au-delà encore de cet aspect historique, il y a encore de nos jours trop souvent des personnes sur les routes, chassées ou en exil pour diverses raisons, toutes dans des conditions difficiles, dans des camps de fortune, tentant de préserver leur humanité et en quête d'un avenir meilleur pour que ce roman puisse tout bonnement laisser quiconque insensible !

Une lecture rude mais salutaire.

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John Steinbeck, Les Raisins de la colère

C'était la lecture du mois de mars (en retard :p )
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6/14


Vous trouverez une biographie très complète de Steinbeck chez Danyel