Ils semble que les livres et les adaptations ne soient pas véritablement considérés de la même manière (entre ceux qui ont lu et vu, ceux qui ont juste lu, juste vu blablabla...)
Chaque billet traitera donc du roman et de son adaptation histoire de se faire une meilleure idée (à l'exception du dernier, forcément).

Entrons donc dans le vif du sujet avec ce premier opus Fascination.

Bella Swann, 17 ans, s'installe à Forks pour vivre avec son père.
Dans cette petite ville américaine classique, la jeune fille ne passe pas inaperçue : nouvelle arrivée, timide et maladroite, elle ne cesse à son grand désarroi de se faire remarquer.
La ville trouve cependant vite un intérêt aux yeux de Bella : la curieuse famille Cullen et tout particulièrement le fils cadet Edward.

On commence donc un récit assez simple, à la première personne et présentant le point de vue de l'héroïne.
Dans cette petite routine adolescente, l'entrée du personnage d'Edward et leurs premières rencontres sont plutôt les bienvenues et amènent un peu de curiosité.
Au-delà de çà, Bella n'est pas très attrayante : elle est maladroite, peu sociale et constamment dans l'auto-dénigrement.
Les prémices de cette amourette adolescente n'a rien de vraiment remarquable (et que je t'épie à la cantoche, que je rêve de toi...) jusqu'à l'épisode de l'accident de voiture et surtout de Port-Angeles lors de la première discussion sincère entre les deux personnages.
On bascule donc dans une optique fantastique avec l'introduction des vampires. Je reconnais que là, aucune surprise. Déjà on le sait tous, et puis quand bien même on aurait oublié c'est gros comme une maison. Mais je suppose tout de même que ce fut plus agréable à lire pour les premiers lecteurs et tous ceux qui ont eu un peu de "surprise" à cette découverte.
De là également on commence à cerner le comportement étrange d'Edward.

Mais cette "révélation" s'accompagne tout de même d'une certaine déception à mes yeux ; une conception du vampire trop lisse (pour ne pas dire aseptisée) qui ne suscite quasi aucune crainte et une attirance assez limitée, on est loin des personnages charismatiques de ce genre de littérature, bref un vampire un peu terne c'est dommage...

S'en suit une toute petite intrigue avec un vampire lui très méchant. Mais le tout est vite bouclé et au final sans action ou presque car la demoiselle est dans les vapes au moment crucial (et comme c'est elle qui raconte...).

Il ne faut donc pas se leurrer, ce tome est uniquement centré sur la rencontre entre Bella et Edward et sur la mise en place de leurs deux univers : la prise de conscience sur leurs différences et les difficultés à être ensemble.

Pour être honnête, heureusement que je lis vite parce que parfois c'est long et il ne se passe pas grand chose.
Heureusement aussi les dialogues entre les deux personnages sont assez savoureux et offrent de bons moments.

Une fois le rapprochement "conclu" (et oui c'est un jeu de mot au moins au 20ème degré), on a le droit à des lourdeurs qui correspondent bien à la narratrice ado sans expérience et empotée, s'en est même agaçant par moment (le coup de "l'haleine fraîche" dès qu'il s'approche m'a vraiment rendu dingue, la fille qui me raconte çà comme çà en face je lui mets des pains je crois).

Le tout reste très chaste (trop ?) et ce motivé par diverses raisons : la timidité-retenue de Bella, la lutte d'Edward contre ses instincts...

Donc pour résumer le résumé il ne se passe pas grand chose.
Et pourtant çà marche. La lecture est rapide, on se prend au jeu de la curiosité et l'attrait est réel.
On sait qu'on ne lit pas le "livre de sa vie" (si tant est qu'il existe je cherche encore) et encore moins "le roman du siècle" mais on prend plaisir.



Passons au film :



(superbe affiche qui donne envie de la mort)


Tout d'abord l'adaptation est vraiment très proche du livre (à quelques détails près mais moindres tout de même) mais en plus condensé.
La rencontre entre les deux tourtereaux jusqu'à la révélation de la nature de celui-ci est beaucoup plus rapide et moins détaillée. À la fois tant mieux, sinon en image ce serait looong, mais en même temps on a l'impression que la pauvre Bella crève d'amour en une demie-seconde et ce n'est pas trop crédible non plus.

Au niveau du choix des acteurs, pourquoi pas, ils correspondent assez aux descriptions. J'ai même été ravie par le personnage d'Alice qui de mon point de vue correspond totalement au personnage du livre. Peut-être un peu plus déçu par Edward, mais principalement à cause du jeu de Pattinson que je trouve un peu trop forcé, même carrément maniéré (et puis sérieux, ils auraient pu mettre un putain de vrai bogoss non ? *troll*) (et sinon oui, Kristen Stewart on dirait qu'elle est toujours sur le point de se faire dessus, ben désolée mais çà colle assez au personnage *re-troll*).

Plutôt réussi sur les décors et ambiances extérieures (y'a même de beaux visuels par moment). Et un peu plus d'action (mais vraiment léger) avec par touche un point de vue extérieur qui amorce l'arrivée du vrai vampire méchant. Il faut également saluer la BO qui nous épargne la guimauve.


Au final :


Meyer fait plusieurs fois référence à Austen dans ce roman et je pense que sans aller jusqu'à l'imitation ou l'inspiration il y a une influence indéniable. Non pas sur le style (on en est loin et c'est dommage) mais plutôt dans cette tentative pour décrire un premier émoi "love at first sight" très chaste et où le regard et l'étude de l'autre sont les points centraux. La touche "je t'aime moi non plus" et "il m'aime puis me rejette avant de se jeter à mes pieds" se faisant également l'écho de nombres de romances classiques.
Ajoutons l'aspect amants maudits éperdument amoureux mais que tout sépare, une touche de fantastique et la recette fonctionne.

C'est donc un premier chapitre dont je cerne à la fois tous les défauts et tous les bons points mais qui ne suffit pas à expliquer pour ma part le succès rencontré.
Par comparaison, sans pour autant l'avoir lu à la bonne tranche d'âge, je comprends aisément celui de Harry Potter. Ici je suis plus perplexe.
Peut-être que cette tension romantique, là où certains la trouve agaçante, est finalement ce qui séduit le plus les autres lecteurs...

Ajoutons à cela un Edward porté en sex-symbol par la folie Pattinson, comme le fut DiCaprio ("Non Jack meurt pas !!") en d'autres temps et le tour est joué.
Chaque génération d'adolescente a ses groupies hystériques et je pense qu'il faut en être pour comprendre. D'un point de vue extérieur c'est toujours un peu effrayant.
Je ne me permettrai donc pas de juger, ayant moi aussi en mon temps subi les affres de l'adolescence (sans être hystérique je me souviens m'être terriblement lamenté sur le sort de Kurt Cobain à cet âge-là, et oui c'était ridicule aussi), mais juste de constater ne pas être sous le charme ni du personnage ni de son interprétation.

Pour conclure la conclusion du plus long article de toute ma vie de blogueuse, un premier chapitre attrayant mais dans lequel il ne se passe pas grand chose et qui ne permet pas de saisir à lui seul l'engouement pour cette saga.

La suite au prochain épisode (je ferai moins long c'est promis !)



Stephenie Meyer, Twilight - Tome 1 - Fascination


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Et pour les nostalgiques, cadeau !