Ce matin, Eurydice est sortie en oubliant de fermer la porte.
Étourderie ou signe inconscient, au moment où Orphée la repousse il voit celle du voisin de palier se refermer sur quelqu'un...
Et le doute fait son chemin.

En partant du mythe modernise, Pierre Gévart nous plonge dans l'enfer dans un couple pourtant tristement banal, routinier...

Chacun des deux personnages se noie dans son propre enfer : Orphée alcool et jalousie, Eurydice cigarette et renoncement.
Comme dans le mythe le désir de l'un de retenir l'autre coûte que coûte va finalement provoquer sa fuite et c'est là qu'est toute l'intelligence de l'auteur.

Chaque chapitre commence par une tentative d'explication du mythe, la plupart du temps cynique et/ou pleine d'humour, ce qui allège un peu le récit de ce couple qui se délite. J'ai particulièrement apprécié ces passages, certains sont de petites perles !
On alterne entre les points de vue des deux personnages et on voit cette inéluctable fin approcher, sans pour autant vraiment plaindre l'un ou l'autre, qui, au final ne faisait que retarder cette échéance.

Un petit mot tout de même sur cette couverture magnifique et énigmatique qui illustre si bien le récit ! Et merci pour le marque-page assorti :)

Une réappropriation moderne et réussie qui nous démontre que les mythes, ces métaphores, trouvent leurs sources en l'homme et sa nature, et que malgré les siècles rien ne change vraiment !



Pierre Gévart, Et Cette Porte, la-Bas, Qui Se Fermait

Merci à Blog-o-Book et aux éditions Argemmios pour cette lecture.