Jack Burns s'embarque avec sa mère "La fille de Persévérance" à la recherche de son père, évanoui dans la nature.
Parcourant toute l'Europe, de port en port, subsistant grâce au talent de tatoueuse de sa mère, ils pistent l'homme en suivant ses deux passions et présumés vices ; les orgues et les femmes...

John Irving nous offre ici une vraie frasque initiatique avec la vie de Jack Burns et son parcours atypique.

L'absence du père, les illusions de l'enfance puis la démystification finale et sa conclusion désopilante donnent de nombreux angles d'attaque et de réflexion.
Et pourtant, autant l'avouer, ce roman n'est pas mon préféré d'Irving. Je lui trouve quelques longueurs même si c'est incontestablement un roman intéressant, ne serait-ce que pour le talent de conteur et la plume d'Irving.

La part la plus intéressante selon moi réside dans le décalage entre le souvenir d'enfant, celui en partie modelé par les adultes, et la vérité telle qu'elle apparaît plus tard. La manipulation d'un enfant par un adulte.
Je ne vous en dis pas plus, pour ne pas gâcher la lecture mais c'est en me mordant les lèvres car il y a de quoi dire !

Deux regrets pour ma part, qui font chuter la note : l'évocation permanente du sexe et la fin.

Pour la premier point, c'est même assez gênant au départ puisqu'il s'agit d'un enfant et de sexe, et de manière très répétitive.
Sans jouer les prudes ou rien de ce genre, je pense juste qu'au fur et à mesure du livre çà en perd son sens et surtout sa force évocatrice pour devenir quelque chose de banal (même si réprouvé) et c'est dommage.

La fin elle, m'a laissé plus perplexe. Je suis passée à côté de la finalité de tout çà, le sens profond s'il en est un.
Et je crois qu'au fond c'est cette petite déception qui me fait dire qu'il ne s'agit pas d'un grand roman ou en tout cas d'un coup de cœur !



John Irving, Je te retrouverai