L'écrivain et auteur célèbre Amélie Nothomb reçoit un jour une lettre déconcertante : un GI, originaire de la banlieue de Baltimore, basé en Irak depuis le début de la guerre a lu tous ses livres et souhaite correspondre avec elle. Il mène une rébellion particulière contre cette guerre injuste et pense qu'elle est la seule à pouvoir le comprendre...
Une bouteille à la mer dont on ne peut que présager l'authenticité et à laquelle l'auteur va répondre, entamant ainsi une correspondance de plusieurs mois...

Une nouvelle rentrée littéraire, un nouveau Nothomb.
Et j'ai encore craqué...


Depuis deux ans déjà, je me jure de ne pas acheter le prochain, mais le souvenir de ses premiers romans et la curiosité ont habituellement raison de moi. Cette année je dois ma faiblesse à l'auteur elle-même, que j'ai aperçu sur France 5 lors de son passage à La Grande Librairie ; ses réflexions sur la correspondance, le genre épistolaire en général ont fini de m'achever, j'étais en librairie le lendemain, son dernier roman dans les mains.

C'est donc avec une certaine appréhension que j'ai ouvert Une forme de vie, celle de la déception des années précédentes et celle, nouvelle, d'en savoir déjà trop sur ce roman (parce qu'à défaut d'avoir craqué dès sa sortie, j'ai tout de même déjà lu pas mal de critiques à son sujet).
Et pourtant, dès les premières pages, la magie Nothomb fonctionne. Cette femme possède un rare génie des mots il faut l'avouer. Quand elle parle en son nom (romancé, romancé nous sommes d'accord), quand elle parle d'elle et de l'écriture elle m'enchante tout simplement.

Les lettres qui viennent s'interposer entre les réflexions de l'auteur m'ont tout autant séduites, bien que l'on ressente parfois la plume de l'auteur dans la correspondance du GI Melvin Mapple.
On suit avec curiosité l'échange qui s'établit : tour à tour émouvant, choquant, grotesque et qui soulève bien des questions.
Ces lettres fournissent aussi prétexte à nous livrer son amour de la correspondance, son "rituel du courrier", ce qu'elle y apprécie et exècre le tout assorti de quelques anecdotes bien senties.

Un roman assez déroutant donc, puisque Amélie nous avait jusqu'ici habitué à des romans purement fictionnels ou à teneur biographiques. Ici nous avons un savant mélange des deux, et l'on a parfois du mal à en saisir la frontière.
La fin quant à elle, est clairement du côté de la fiction et de la petite pointe absurde à laquelle nous sommes coutumiers même lorsqu'elle est plus ou moins bien amenée.
Malheureusement, elle n'est pas ici des plus réussie et peut laisser le lecteur sur sa faim (ma petite déception fut là finalement), mais incontestablement une fin à la Nothomb !

Pour résumer un nouveau roman qui s'éloigne des dernières parutions de l'auteur, ce que je ne peux qu'applaudir, mais sans toutefois totalement renouer avec ses premiers écrits.
Un Nothomb qui comme toujours se dévore (mais se savoure aussi d'une certaine manière cette fois-là) et se digèrera vite, mais qui pour une fois me laisse bon espoir pour l'année prochaine ! Je serai au rendez-vous ;)



Amélie Nothomb, Une forme de vie