L'humanité scindée en deux camps, L'alliance et les Mondes Syndiqués, s'affronte pour le contrôle de galaxies et défendre leurs modes de vie.
Après un siècle de cryogénisation, le capitaine Jack Geary se réveille. Son module de survie a été récupéré à la dérive dans l'espace par un vaisseau de la flotte alliée.
Le réveil est douloureux, et de bien des façons, non seulement un siècle s'est écoulé et tous ses proches sont morts, mais la guerre qu'il a vu naître avec les Mondes Syndiqués perdure et s'est même durcie, sans compter qu'il va se retrouver avec le commandement de la flotte sur les bras alors que celle-ci est au bord de la destruction : piégée au plein centre du territoire syndic...

Bon, soyons clair. Je goûte assez peu la SF et je n'aime pas particulièrement les Space Opera.
Je prends cependant le temps de vous parler de cette saga qui m'a agréablement surprise et qui mérite le détour pour les incultes du genre...

La capitaine Geary est un vrai personnage comme je les aime. À la fois bourru et intelligent mais loin du héros inaccessible et limite parfait, divin.
On découvre vite en début de premier tome que Geary a été élevé au rang de héros légendaire après son sacrifice lors de sa dernière bataille un siècle plus tôt. Aussi son retour est interprété comme un signe de la victoire prochaine de l'Alliance "Black Jack Geary est là pour nous sauver". Nouvelle que notre personnage va avoir bien du mal à intégrer.

Surtout quand on considère que le courage qui lui a valu le statut de légende a servi à embrigader les jeunes recrues et à les pousser à des sacrifices souvent stupides et bien inutiles.
Cette génération qui ne connait que la guerre et ses rancoeurs a perdu toutes les valeurs stratégiques mais aussi morales que pouvait avoir ce conflit à ses débuts.
Le décalage avec Geary n'en est que plus flagrant, et c'est pourtant ce "dinosaure" qui va devoir sauver la flotte et tenter de mettre fin à cette guerre qui n'a que trop duré...

Une bonne recette où l'on a tout : un personnage atypique mais à portée face à une mission difficile, des quiproquos grâce à son décalage avec le monde d'aujourd'hui, une lourde réflexion sur la guerre et les conflits qui s'enlisent, des combats mais que l'on peut suivre sans être diplômé en aéronautique option quantique et relativité, des traitres, des complots et des manœuvres politiques, un ennemi surprise et bien entendu la jolie femme... xD
Ajoutez un fond qui donne à réfléchir sur les conflits armés, l'embrigadement, les escalades de violence, la moralité dans la guerre, la course à l'armement, etc. (Pour ceux qui considère que la SF et la fantaisie ne sont que des lectures "récréatives" et sans matière, je ne vous le conseille que plus vivement).

Bref, si vous hésitiez à vous lancer dans le genre, La flotte perdue peut être un bon début. Pour les fans et habitués, je ne me prononce pas, n'en étant pas une mois même.
Chaque volume se lit très vite (de plus en plus en avançant dans les tomes même dans mon cas) et l'on suit Geary et le devenir de cette flotte égarée qui tente de rentrer chez elle de plus en plus facilement même si l'on est assez vite familiarisé avec la vie dans l'espace et son vocabulaire .
Le tout est assez réaliste, et j'aurai tendance à dire sans grande originalité non plus en ce qui concerne le contexte et le monde décrit, mais il y a assez de suspens et de scénario pour tenir le lecteur en haleine.
Un Space Opera bien mené et à portée de tous !



Jack Campbell, La flotte perdue, Tome 1 : Indomptable, La flotte perdue, Tome 2 : Téméraire, La flotte perdue, Tome 3 : Courageux, La flotte perdue, Tome 4 : Vaillant, La Flotte perdue, tome 5 : Acharné, La flotte perdue, Tome 6 : Victorieux