Sissy est un être à part : dotée de pouces sur-dimensionnés elle ne trouve pas vraiment sa place, jusqu'à ce qu'elle se mette à l'auto-stop.
Dans une Amérique seventies complètement burlesque, ses pouces la mèneront des grandes villes aux trous perdus, de rencontres en ratés, de sa ville natale à un ranch de cow-girls déjantées...

Si vous n'êtes pas adepte de la littérature décalée, passez votre chemin.
Avec ce roman vous êtes en plein trip à la Monty Python et autres H2G2, tenez le vous pour dit.

Pour ma part j'accroche assez : les digressions loufoques, le rôle de l'auteur qui s'inscrit dans le récit, les personnages déjantées et un regard sur la vie qui trouve du comique partout, l'ensemble me fait sourire.
Si on ajoute le fait que Robbins (que je ne connaissais pas du tout) écrit vraiment bien et que la plupart de ses digressions sont assez informatives et intéressantes (même si nous sommes bien d'accord elles coupent complètement le récit), on peut dire que nous sommes face à une lecture atypique mais agréable.

Si on va un peu plus loin, mais gardons nous de philosopher sérieusement ce serait faire injure à ce roman, nous avons ici une certaine éloge de la différence qui apporte de la "magie" à un monde trop conventionné et en manque de poésie. Les pouces de Sissy sont un symbole, tout comme les cow-girls, qu'un peu de fantaisie est indispensable, qu'une société entièrement normée serait bien fade.

[Ses Pouces] Ils grandissaient pendant qu'elle étudiait l'histoire (" et plus les colons poussaient vers l'ouest, plus ils étaient constamment sous la menace de hordes de sauvages Indiens") ; ils grandissaient tandis qu'elle étudiait l'arithmétique ("si une poule et demie pond un oeuf et demi en un jour et demi, combien de temps faudra-t-il à un singe ayant une jambe de bois pour retirer tous les pépins d'un fenouil conservé dans le vinaigre ?").



Une lecture à la fois légère, loufoque et amusante mais dans laquelle surgit des réflexions avisées sur notre mode de vie, notre civilisation de la consommation à outrance, notre rapport à l'autre et à la différence, qui peut-être se noient un peu trop dans tout ce burlesque ambiant.
Pour ma part, j'étais tout de même satisfaite d'en venir à bout, çà part un peu dans tous les sens par moment et épuise le lecteur qui doit suivre les bonds du coq à l'âne en passant par la chèvre, sur la longueur c'est harassant même si çà en vaut la peine !

Ce roman a été adapté par Gus Van Sant avec Uma Turman dans le rôle de Sissy, un vrai navet d'après mes recherches. Rien d'étonnant puisque tout l'intérêt réside dans le langage et ses jeux, la mise en image ne reprenant que le fond doit être assez rude pour le spectateur ! Je passe mon tour :)



Tom Robbins, Même les cow-girls ont du vague à l'âme

Une nouvelle fois merci à Babelio pour leur initiative