La jeune Charity a été adoptée par un vieux monsieur respectable mais qu'elle exècre et qui souhaite plus ou moins secrètement l'épouser.
Pour gagner en autonomie, elle décroche le poste de bibliothécaire de sa petite commune de Nouvelle Angleterre, poste qui s'assimile plus à celui de gardienne ou femme de ménage puisque celle ci est toujours vide.
Cette vie morne et ennuyeuse change du tout ou tout, quand un jeune architecte arrive de la ville et fait chavirer le coeur de la demoiselle...

Une première trame somme toute assez classique mais étonnamment prenante. Je découvre ici Wharton et je suis immédiatement tombée sous le charme de sa plume !

Un roman court mais extrêmement riche. Aussi bien au niveau des descriptions que dans l'épaisseur des personnages et leurs tourments, principalement à travers Charity qui sans être narratrice est au centre de la narration.
Tout en finesse et dans l'évocation Wharton aborde un nombre de thématiques incroyables tout en conservant une intrigue plausible et bien menée.
Là où chez un autre on aurait plus déplorer les évènements implicites, autant ici ils se coulent dans la forme du récit, dans une pudeur chaste et poétique.

En suivant les premiers émois de Charity vous découvrirez une critique de la société de l'époque, allant à l'encontre des aspirations et libertés individuelles en faveur du qu'en dira-t-on, également sur la condition de la femme, de son droit à choisir un mari, à disposer de son corps, de la sexualité... (quand je vous disais riche !)

L'Eté plus qu'un roman d'amour est la quête d'une femme aspirant à une individualité que la société ne lui octroie pas, une quête qui même par le chemin de l'amour, va se heurter aux déceptions, médisances et incompréhensions jusqu'à l'indubitable résignation.

Une découverte coup de coeur, Wharton a gagné une place de choix dans ma bibliothèque.



Edith Wharton, Eté