Il avait au moins compris çà.
Pas d'égalité dans le bonheur, pas de modèle universel.

A croiser tous ces gens, les étudiant de loin, y cherchant une quintessence commune qui lui aurait manqué, il du se résoudre à admettre qu'elle n'existait tout simplement pas.
À voir ceux qui devaient se créer leur propre drame pour mieux rebondir ; ceux qui s'engluaient dans un bonheur fade comme sous un fardeau ennuyeux ; ceux qui exultaient uniquement dans l'opposition et la révolte, crachant au visage d'un bonheur éphémère ; ceux qui n'y pensaient même plus, assommés par leur quotidien comme des enfants désillusionnés à qui on aurait dérobé une part de conscience ; ceux qui pensaient avoir tout pour être heureux, et en fait pas tant que çà ; ceux qui entretenaient l'attente en s'imaginant un bonheur hors de portée et toujours repoussé ; ceux qui ne savaient qu'être malheureux aussi...

Il en vint même à penser que l'humain n'était pas fait pour le bonheur. Une chimère de plus.
Un monde fait de survivants, où chacun espère pouvoir sortir une bonne carte du jeu.

Un monde où chacun, à sa manière, tente de garder la tête hors de l'eau.
Une grande flaque où les uns nagent, et où les autres se noient.